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Q <: ^O LU ça z o _0 Q « il 3 o "ô O LU C/5 '7J h- CL èi 1- :.t o ca Q- :j LU LU 2 c z (J CD — > *-. ^0 r--* •H r-" -H- N -< u fK c ^ \ P,Ch w a? fr: ai o o 7: a 5 03 --^ "c) 7'"6 année 6 MARS 1896 Numéro 145. C? Q LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE LUCIEN LINDEIM Administrateur-Directeur de L'Horticulture Internationale Secx'étaire de L'Orchidéenne, etc. PRINCIPAUX COLLABORATEURS : MM. J. Linden, de Lansberge, G-. "Warocqué, Comte de Moran, Max Garnier, Ém. Rodigas, Funck, A. Cogniaux, G. Joris, E. Roman, A. Dallemagne, A. Van Imschoot, Fr. Desbois, E. Bergman, E. S. Rand, Comte du Buysson, Ch. VanWambeke, A. Bleu, Comte de Bousies, A. Varjenewsky, Cahuzac, D-" Capart, James O'Brien, J. du Trieude Terdonck, O. de Kirchsberg, Vicomte de Novion, G. Truffant, D. Treyeran, H. Correvon,D''Max Reichenheim, A.Dallière, F. Kegeljan, O.Ballif, G. Miteau, A. de la Devansaye, R. Johnson, Ch. de Bosschere, Ch. Vasseur, A. Hubert, de Meulenaere, F. délia Porta, A. van den Heede, A. Wincqz, D"" Muller, D"" Van Cauwelaert, J. Nôtzli, E. Bartel, les Chefs de Culture de « L'Horticulture Internationale, » de MM. Dallemagne et C'^ et de MM. Lucien Linden et C'«. Secrétaire de la rédaction : Q-. TOURRET-Q-RIGNAN Prix de TAbonnement : 10 francs par an POUR TOUTE L'UNION POSTALE JParaît le 1" et le lO de clitvqvie mois AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD. A BRUXELLES Dépositaires pour la ^"'rance : MM. DALLEMiA^GNIt; et C'e, à Rain>>ouillet (Seine et Oise). Oand, iuipr. Kug. Valider Haeghen. LES ANNONCES HORTICOLES ET INDUSTRIELLES (Braines, bulbes, arbustes, outils, matériel, construction de serres, chauffages, engrais, insecticides, ameublements, etc.] TROUVENT DANS LA COMBINAISON DE i L'ILLUSTRATION HORTICOLE ET DU JOURNAL DES ORCHIDEES ffiS^ LA MEILLEURE ET LA PLUS LARGE PUBLICITÉ -^Jî Ces journaux sont vus et his par tons ceux qui s'intéressent de près ou de loin à l'horticulture > ^♦«» < Les annonces paraissant à la fois dans L'ILLUSTRATION HORTICOLE et LE JOURNAL DES ORCHIDÉES, offrent Favantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux pro- ducteurs et aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacun deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture : LEUR CIRCULATION EST UNIVERSELLE. œ:^=» ON EST PRIÉ DE FAIRE PARVENIR LES INSERTIONS A LA RÉGIE DES ANNONCES DE « L'Illustration Horticole » et du « Journal des Orchidées » 100, rue Belliard, a BRUXELLES, avant le 8 et le 23 du mois Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnées à l'un de ces journaux. Tout Abonné de L'IUustration Horticole qui souscrira au Journal des Orchidées recevra les deux journaux pour le piix de !^0 f VanCS par an. — S'adresser au Bureau de ces journaux. FABRIQUE D'ARTICLES EN BOIS DE AUa. LICHTENHELDT, Meuselbach i. 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SPÉCIALITÉS : Bégonia tubéreux, Primula. Cyclamen, en plantes et graines. C:i±i.SL\jLfTsk,s^ - LE CYPRIPEDIUM X BRAGAIANUM C'est à la fin de i8go que cet intéressant hybride fleurit pour la première fois, et il fut figuré dans la 6""^ volume de la Lindenia, livraison de mai iSgi. Il avait fait son apparition à Bruxelles, dans les serres de L'Horticulture Internationale. Il était issu du croisement C. Boxalli atratum X C. hirsutissiuinm coerulescens ; et il est à remarquer que le même croisement a été répété à plusieurs reprises, quoiqu'avec des variétés différentes, et a été présenté dans plusieurs centres orchidophiles avec des noms distincts. C'est ainsi que nous avons vu à la dernière exposition de Paris le C. X Jupiter, l6 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES issu des mêmes parents et presque identique au C. X Bragaianum. D'après ce que nous trouvons dans le Dictionnaire des Orchidées hybrides de Bohnhof, il a été produit en 1893 par M. Desbois. La seule différence que nous ayons pu trouver entre ces deux semis, c'est que le C. X Jupiter a le pavillon bordé supérieurement de vert, tandis que le C. X Bragaianum l'a bordé de blanc. Il faut ajouter cependant que la plante exposée à Paris avait ses deux hampes biflores, tandis que celles du C. X Bragaianum sont uniflores. Ce caractère peut d'ailleurs ne pas être constant. Le croisement C. villosum X C. hirstUissimum a encore produit : C. hirsuto-villosum , de M. Cappe (i8go); C. X Godseffianum, de M. N. Cookson ; C. X Othello, de M. Veitch (mars iSgo); C. X dilectum; C. X Germinyanum, de M. Veitch (1888). Tous ces semis, issus évidemment de variétés autres que celles qui ont pro- duit les deux premiers nommés, leur sont sensiblement inférieurs par la gran- deur des fleurs, l'ampleur du pavillon, et l'éclat du coloris. Précisément, deux formes du C. x Germinyanum étaient présentées au meeting de Paris du 13 février, l'une supérieure à l'autre, mais toutes deux moins remarquables que le C. X Jupiter ou le C. X Bragaianum. Il m'a paru intéressant de noter ici l'histoire et les affinités de cet hybride, alors qu'il paraît se répandre dans l'horticulture; il était exposé récemment à un meeting de Londres par l'un des principaux amateurs anglais, M. Th. Statter, en même temps qu'un autre exposant représentait le C. X Ger- minyanum et que celui-ci était également deux fois exposé à Paris; enfin le C. X Jupiter a été très admiré à la réunion de Paris du 27 février, et cepen- dant il est encore, à mon avis, légèrement inférieur à son aîné le C. X Bra- gaianum, la bordure blanche de ce dernier faisant mieux ressortir le noir du pavillon. Il ne me paraît pas douteux que le C. X Bragaianum constitue actuellement l'apogée de ce que peut donner ce semis. C'est d'ailleurs une belle et grande fleur, de forme ample et noble, à pavillon bien étalé et se présentant bien, et remarquable par le coloris presque entièrement noir de cet organe, nuance curieuse et qui contraste bien avec les extrémités des sépales, d'un rose violacé, qui rappelle le C. hirsutissimum . G. Tourret-Grignan. l6 MARS 1896 • 17 L ÉPOQUE DU REPOS Une des questions qui nous sont le plus souvent posées, par les divers cor- respondants qui veulent bien nous consulter dans leurs perplexités, c'est celle qui a trait à l'époque du repos. Parmi les « quelques points de culture » que nous avons eu à traiter dans notre précédent volume, pour répondre à des questions de ce genre, le même doute se manifestait à plusieurs reprises : « A quelle époque faut-il mettre en repos telle ou telle espèce? — Diverses Orchidées sont encore en végétation active au commencement de novembre; faut-il les arrêter brusquement? — Faut-il attendre que les bulbes soient entièrement formés? » Les lecteurs du journal se rappellent peut-être dans quels termes nous répondions à ces questions, au point de vue particulier et strictement pratique de notre correspondant. Il ne s'agit pas, en pareil cas, de faire de la théorie : nous nous trouvons en face de plantes qui sont dans un état donné; le cultivateur doit décider de quelle façon il les traitera demain. Il faut parer aux nécessités immédiates. Or, dans ces conditions, nous devons distinguer. Pour les Orchidées à pseudobulbes, il est évident que l'on ne peut pas choisir à son gré, pour le repos, n'importe quelle époque. Une fois qu'une pousse a commencé de se développer, il est nécessaire de la laisser accomplir son évolution et former un pseudobulbe, parce que, si elle était arrêtée en voie de formation, elle pourrirait, ou tout au moins languirait, et ne laisserait pas derrière elle de quoi lui succéder. Il est nécessaire aussi que le pseudobulbe formé puisse mûrir, c'est-à-dire élaborer les matériaux amassés, afin de pou- voir à son tour donner au bourgeon qui se développera les aliments dont il aura besoin. C'est donc après la formation du pseudobulbe que le repos doit inter- venir, et c'est immédiatement après : ni trop tôt, parce que le pseudobulbe incomplètement développé ne pourrait pas se conserver et se mûrir, ni trop tard, parce que si l'on laisse aux bourgeons le temps de s'allonger en pousses, on ne peut plus remettre celles-ci à l'état dormant. Quant aux Orchidées qui n'ont pas de pseudobulbes, selon qu'elles s'ac- croissent par l'allongement de l'axe central, comme les Vanda, Aerides, etc., l8 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES OU par le développement de bourgeons latéraux à la base, comme les Cypripe- dium, leur cas est assez différent. La végétation des Orchidées caulescentes peut s'interrompre à une époque quelconque de l'année, puis reprendre au bout d'un repos plus ou moins long. Ces plantes, il est vrai, ne sont pas et ne peuvent pas être soumises à une sécheresse aussi prononcée que les Orchidées à pseudobulbes. L'allongement de la tige s'arrête, la partie récemment formée s'aoûte, et pendant cette période la plante n'acquiert plus, ne fait guère qu'assimiler; mais elle ne subit pas de pertes. Quant aux Cypripedium, la plupart sont à peu près dans le même cas que les Orchidées à pseudobulbes; quelques-uns ne prennent guère de repos, et poussent toute l'année assez lentement; mais les autres ont une période de grande activité, et une période de repos. Si l'on interrompait leur pousse en voie de développement, elle reprendrait difficilement son activité après le repos; le bourgeon suivant, par conséquent, ne donnerait pas non plus une pousse vigoureuse, et la plante se trouverait dans un état languissant et débile. Enfin, parmi les Orchidées à pseudobulbes, il y a lieu de distinguer encore entre celles qui perdent leurs feuilles chaque année, et dont la végétation subit une interruption bien marquée, les Catasetum, les Calanthe à pseudo- bulbes ou les Anguloa, par exemple, et celles qui prennent peu de repos et produisent leurs pousses et leurs fleurs à des époques variables, comme les Odontoglossum de serre froide. Ces catégories établies, on comprendra aisément quelle règle il faut suivre dans les divers cas. Vouloir modifier l'époque du repos des Catasetum, des Anguloa, des Calanthe vestita ou C. Veitchi, ce serait peine perdue. Le repos s'établit de lui-même alors que les plantes ont formé leurs pseudobulbes et perdu leurs feuilles, et il est clair qu'il ne faut plus les arroser à ce moment. De même la fin du repos apparaît clairement lorsque les bourgeons se gonflent et émettent des feuilles, et il faut alors seconder la végétation en arrosant la plante. D'autres, comme les Cypripedium et la plupart des Cattleya, montrent un tempérament plus souple; une fois le pseudobulbe ou la pousse achevée, ils développeraient aisément un nouveau bourgeon si l'on les plaçait dans des conditions propices. Nous avons montré plus haut les inconvénients qu'il y aurait à les y encourager. Il faut donc avoir soin d'établir le repos progressive- ment, dès que le pseudobulbe est bien achevé, et d'empêcher les bourgeons l6 MARS 1896 19 d'entrer en activité. Quant aux Cypripedium, il est facile de se rendre compte du moment où leur pousse est achevée : c'est lorsque toutes les feuilles ont terminé leur croissance et qu'il n'en apparaît plus de nouvelles. C'est alors qu'il faut diminuer les arrosements et abaisser la température. Il reste enfin les Orchidées qui n'ont pas d'époque fixe pour le repos, à savoir les espèces de serre froide, Odontoglossum, Masdevallia, etc., et les Orchidées caulescentes, Aerides, Vanda, etc. Pour les Odontoglossum, qui ont des pseudobulbes, le repos devra toujours être institué après l'achèvement d'un pseudobulbe; mais on pourra le prolonger plus ou moins. Et comme les Odon- toglossum font plus d'une pousse par an, on pourra en somme les mettre en repos à l'époque que l'on jugera préférable. Pour choisir l'époque favorable, en ce qui concerne ces plantes, le cultiva- teur devra naturellement tenir compte de leur état et de leur vigueur. Mais en supposant toutes les plantes dans un état normal de santé, comment convien- dra-t-il d'établir le roulement? C'est un point important à examiner, et sur lequel il y aurait à faire beau- coup d'observations intéressantes. En ce qui concerne les Odontoglossum froids, nous avons déjà dit que nous sommes partisans du repos en été. Il y a bien des cas particuliers à étudier, et nous nous en occuperons dans un prochain article. (Sera continué.) --*i- PETITES NOUVELLES PETITE CORRESPONDANCE SOCIÉTÉ NATIONALE D'HORTICUL- TURE DE FRANCE. — L'exposition d'Orchi- dées qui a eu lieu le 27 février a été sans aucun doute contrariée par les gelées qui ont sévi pen- dant les trois ou quatre jours précédents, et surtout la veille et le matin. Les apports étaient peu nombreux, mais de qualité assez bonne, et quelques plantes auraient même fait bonne figure dans n'importe quelle grande collection. Il faut citer au premier rang un superbe Cypri- pedium Rothschildianuin, exposé par M. Ragot, et qui appartient au meilleur type de cette espèce d'élite. Les fleurs, au nombre de sept, étaient très grandes et bien colorées ; cette plante a été fort admirée des visiteurs. Près de cette plante, un Odontoglossum Ander- sonianum, et un Odontoglossum Riickeri, tous deux bien fleuris et de coloris gracieux, et un Cypripedium exul, à fleurs incomplètement ou- vertes mais assez bien tachetées, qui étaient, je crois, exposés également par M. Ragot. Le Cypripedium X Jupiter, qui a excité beau- coup d'intérêt, était à peu près semblable au C. X Bragnianum figuré dans la Lindenia. Il portait deux hampes biflores. M. Faroult exposait une série de gentils Ansectochilus, de taille modeste encore, mais très bien portants. Signalons encore : une belle petite touffe de Rtstrepia ehgans, à fleurs assez grandes ; un bon LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Cypripedium Dayannm, ayant le pavillon large et les pétales un peu courts pour cette espèce; le Dendrobium nobile albiflonim, qui avait les fleurs beaucoup plus pâles que le type ordinaire, mais ne méritait cependant son nom variétal, les pé- tales étant un peu lavés de rose aux pointes ; une touffe d'Epidendritm Stainfordianum, portant une belle grappe à trois ramifications ; un Phaius bien fleuri, portant l'étiquette P. grandi/olius, mais qui a les fleurs notablement trop petites pour appartenir à cette espèce ; malheureusement l'éloignement ne nous a pas permis de vérifier si c'est une variété du P. IVallichi; un Cattleya Schôderae, deux C. Luddemanniana, et une fleur coupée d'une riche variété de C. Trianac, à lobe antérieur rouge pourpré superbe ; enfin un Laelia anceps. A KEW. — Le Gardeiwrs' Clironicle, dans son numéro du 8 février dernier, publiait la note suivante : « Voici un fait qui montre à quel point les hy- brides relèguent au second plan les espèces natu- relles : en visitant récemment les serres à Orchi- dées de Kevv pour comparer entre eux certains Cypripedium, nous avons constaté qu'il y avait encore en fleurs une assez grande quantité d'hy- brides, mais que les espèces proprement dites étaient relativement très peu nombreuses. Ceci est regrettable pour beaucoup de raisons, et aujourd'hui que les hybrides de Cypripedium sont devenus aussi communs que les fleurs des fleu- ristes (!), il est à espérer que nos jardins botani- ques se feront un point d'honneur de continuer à cultiver les espèces typiques. » Le directeur des Jardins Royaux, M. Thiselton Dyer, a répondu par la lettre suivante : '< La note éditoriale publiée la semaine der- nière au sujet de la collection de Cypripedium cultivée à Kew est inexacte et de nature à induire les lecteurs en erreur. La collection renferme 60 espèces de Cypripedium (y compris les Selenipe- dium), et, à part le rare C. Fairieanum, ce sont là toutes les espèces connues dans les cultures. Sur les centaines d'hybrides actuellement connus (la liste publiée dans le Gardeners' Clironicle l'année dernière en comprenait 522), 32 seulement sont représentés à Kew. Pendant l'hiver, les espèces les plus délicates restent dans les petites serres non publiques, oij elles trouvent des conditions plus favorables que dans les grandes serres où le public est admis ; mais toute personne qui s'oc- cupe particulièrement de ces plantes reçoit l'auto- risation de les visiter dans les serres privées. « Lorsque la note en question a été écrite, 36 espèces et 24 hybrides étaient exposés dans les deux serres publiques à Orchidées, et sur ce nombre, 14 espèces et 7 hybrides étaient en fleurs. Chaque plante porte une étiquette indiquant si c'est une espèce ou un hybride... » L'ODONTOGLOSSUM X WILCKEANUM PITTIANUM, qui est décrit plus haut dans notre Revue des Orchidées nouvelles, a été acheté ré- cemment par son propriétaire actuel, M. PiTT, au prix de 74 gulnées (1942 francs). La plante est très petite, mais M. PiTT espère que quand elle sera plus vigoureuse et plus forte, elle produira des fleurs plus grandes que celles émises cette année. UN CYPRIPEDIUIVI TRIMERE. — M. le Dr Masters a reçu une fleur de Cypripedium Harrisonianum présentant un phénomène curieux. La colonne porte trois staminodes et trois éta- mines parfaites. En même temps la fleur a trois sépales bien distincts. Le savant directeur du Gardeners' Clironicle écrit à ce propos : < Dans un mémoire sur la '< Structure florale des Cypripedium, » communi- qué à la Linnean Society en 1886, j'avais noté et figuré un grand nombre de cas de Cypripedium de formation anormale, mais aucun n'était exacte- ment comme le présent. Nous pouvons considérer cette fleur conmie un retour à un type antérieur, dans lequel les six étamines existaient toutes. » UNE ADMIRABLE FLORAISON D'ODON- TOGLOSSUM CRISPUM. — Je viens de rece- voir de M. D. Massange de Louvrex, château de Baillonville, quelques grappes à'Odontoglos- siiin hybrides de crispuin, vraiment beaux et qui dénotent une floraison admirable et une culture parfaite. Il est évident que le grand air des Ardennes y est pour beaucoup, mais il est évident aussi que le cultivateur doit savoir tirer parti de cet utile adjuvant et que bonne culture et bon air combinés doivent produire nécessairement des résultats remarquables. Parmi les variétés envoyées, je tiens à signaler VOdontoglossHin hybridtiin roseum, ayant une tige florale de i mètre de longueur avec 7 ramifica- tions portant 57 fleurs, rose mauve ; VOdonto- glossum genre Andersoiii, ayant une panicule portant sur g ramifications 69 fleurs; YOdonto- glossum crispuin var. Trinuae, ayant une tige florale de imio chargée de 28 fleurs! L. L, Ull TinilTIIRF INTFRNATini iuUiilUilij iluLillimllU. 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MORTEBEKIENSE, etc., etc., dont la plupart sont reproduites sur la superbe planche double figurée dans la livraison de mars de la •< Lindenia. » Orchidée populaire par excellence, de culture facile, (leurissanl abondamment l'hiver et convenant tout particulièrement pour la grande culture de la (leur coupée, Plantefi iinportt'es ric/oiin-ii.'^rs, bien fidinc.^ et t/««.v (/e frh honnex comïitioHif ù 2, 3 et 4 francs. Bel/e.^ touffes Ci G, 8 et 10 francs ■•ut ira ut force. l" AVRIL l8g6 21 PETITES NOTES SUR LES ORCHIDÉES D'AMATEUR VANDA SPATHULATA. — On sait que cette espèce, à peu près ignorée jusqu'à l'année dernière dans les cultures, a été figurée dans la Lindenia vers la fin de 1895. Le Gardeners' Chronicle dit à ce propos : On connaît la beauté de ces fleurs d'un beau jaune, dont chacune mesure environ 5 centimètres de diamètre; mais cette plante a eu jusqu'ici la réputation de fleurir difficilement, expression qui signifie ici, probablement comme dans beaucoup d'autres cas, que ses besoins et sa façon de vivre n'ont pas été suffisamment bien compris jusqu'ici pour que l'on obtînt la splendide floraison qu'elle produit à l'état naturel. De nouveaux essais feront sans doute découvrir la cause des anciennes erreurs. * BIFRENARIA TYRIANTHINA. — Cette espèce, figurée dans le volume 10 de la Lindenia, vient de paraître également dans le Botanical Magazine (pi. 7461). C'est une plante ancienne, introduite depuis cinquante ou soixante ans, mais qui n'a jamais été répandue dans les cultures jusqu'à son importation par L'Horticulture Internationale en 1894; jusque là, on la trouve seulement mentionnée deux ou trois fois dans une collection privée. Ses fleurs sont assez analogues à celles du B. Flarrisoniae, le représentant le plus populaire du genre; mais elles ont les pétales bordés de rose vif et les sépales presque entièrement rouge violacé, ainsi que le labelle ; ce coloris est très attrayant. CYPRIPEDIUM X TESSELATUM PORPHYREUM. — En revoyant récemment cette ancienne connaissance — l'un des premiers hybrides artificiels connus, très célèbre dans son temps, mais rarement rencontré aujourd'hui — je ne pouvais m'empêcher de remarquer son étroite affinité avec certaines 22 LE JOURNAL DES ORCHIDEES formes du plus récent C. X concolawre. Cette ressemblance n'a d'ailleurs rien de surprenant, étant donné que l'un des parents est commun aux deux semis, et que les deux autres espèces utilisées dans la fécondation, C. harbatuni et C. Lawrenceaniim, ont entre elles assez d'analogies pour pouvoir donner à peu près la même descendance. La variété porphyreuni, qui fit son apparition quelques années après la pre- mière forme, vers 1881, et qui fut représentée dans la Lindenia, fit une grande impression à cause de son coloris rouge brunâtre, qui a été depuis lors obtenu maintes fois et perfectionné dans d'autres semis. Elle fut classée au seizième rang dans le plébiscite des Cypripedium, ouvert en 1890 par le Journal des Orchidées. * * * CATTLEYA SCHILLERIANA. — Cette superbe espèce se rencontre rare- ment dans les cultures, et c'est vraiment regrettable, car ses fleurs sont au nombre des plus grandes et des plus brillantes de la section à laquelle elle appartient. Même les explorations si actives dirigées depuis cinq ans dans tout le Brésil oriental n'en ont pas mis au jour, du moins à ma connaissance; il est donc probable que l'espèce est peu abondante dans son pays d'origine. Le C. Schilleriana a beaucoup du faciès du C. Aclandiae, et certains auteurs ont même cru pouvoir le considérer comme un hybride naturel entre cette espèce et le C. guttata. Je serais peu porté à admettre cette hypothèse, ne fût-ce que par la raison que ses fleurs sont supérieures en grandeur à celles des deux parents. Elles mesurent de 10 à 1 1 ou même 12 centimètres de diamètre. Ce qui leur donne un éclat particulier, en comparaison du C. Aclandiae lui- même, c'est la grosseur des macules pourpres des pétales et sépales, et le brillant coloris du labelle, qui a les lobes latéraux jaunes intérieurement, relevés de stries pourpres, et le disque jaune. Cette nuance ressort admirable- ment en contraste avec le rouge cramoisi du lobe antérieur. Le C. Schilleriana est parfois désigné en Angleterre sous le nom de C.Regnelli. * * * CATTLEYA WALKERIANA. — Suspendu près du vitrage dans un petit panier, ce Cattleya produit un charmant effet, et ses fleurs, très grandes par rapport au volume de la plante, attirent toujours l'attention des visiteurs. Elles sont bien étoffées, avec les sépales et pétales larges et bien étalés, et ont un cachet très distinct à cause de la forme du labelle. Les lobes latéraux de cet l" AVRIL 1896 23 organe enveloppent partiellement la base de la colonne et ont les coins écartés et semi-dressés, un peu comme on le voit dans certains Epidendrum; le lobe antérieur étalé, semi-circulaire, a la base blanche ou jaune pâle, et une très, large bande rouge vif à la partie antérieure, formant exactement une sorte d'éventail. La fleur dans son emsemble mesure 10 à 11 centimètres. Elle dégage un agréable parfum. Le C. Walkeriana est assez rare dans les cultures. On l'y désigne souvent sous le nom de C. bulbosa, qui n'est qu'un synonyme. * * CYPRIPEDIUM X CALURUM. — Il fleurit pour la première fois en 1881, et fut le premier des hj^brides secondaires; après avoir obtenu le C. X Sedeni, l'un des plus anciens et des plus populaires Cypripedium de semis, Seden l'avait fécondé par ses propres parents. Avec le C. longifoliimi, il produisit le C. X calurum. Les fleurs de celui-ci ne sont pas très grandes, mais plus cependant que celles du S. X Sedeni, et elles se distinguent par un très beau coloris rouge vif, cou- vrant la plus grande partie des segments, dont la base seule est nuancée de jaune verdâtre ; les lobes latéraux repliés du labelle sont d'un beau blanc crème, pointillé de pourpre. Les feuilles ont un beau coloris vert vif. Le C. X calurum ne fleurit pas toute l'année comme ses parents, mais il possède encore une remarquable floribondité, et est de croissance robuste. Le C. X Ainsworthi, qui est plus ancien, peut être considéré comme la première forme du même croisement, car il est issu du C. x Sedeni et du C. Roezli, et ce dernier n'est en somme qu'un synonyme, ou au plus une variété, du C. longifolium. Croisé à son tour avec le C. caudatum, il a produit il y a peu d'années le C. X Hardyanum. Tout ce groupe des Selenipedium est d'ailleurs d'une fécondité remarquable. * * * DENDROBIUM STRATIOTES. — Le D. stratiotes, ainsi que le D. streblo- ceras, auquel on ne peut s'empêcher de l'associer, a une allure tout à fait distincte, qui en fait une des curiosités du genre. Il a les pétales dressés verticalement, linéaires, et roulés en forme de vrille. Les sépales sont lan- céolés, assez larges, surtout les latéraux. Le labelle trilobé porte des stries violet pourpré formant des dessins gracieux; les autres organes sont d'un blanc crème uniforme. 24 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Le D. stratiotes fut introduit par MM. Linden en 1884 environ. II est resté très rare depuis lors. * LYCASTE CRUENTA. — Parmi les divers Lycaste qui étaient en fleurs au commencement de mars, après le L. Skinneri qui reste évidemment le roi du genre, le L. criienta est peut-être le plus attrayant, et celui qui fait le plus d'effet, grâce à son coloris d'un jaune éclatant, tirant sur l'orangé. D'autres espèces présentent la même couleur, mais toujours plus ou moins mélangée de brun, comme dans le L. lasioglossa, le L. Deppei. Dans le L. cruenta, le jaune orangé seul se montre sur tous les segments, un peu plus ou moins foncé par places. Les fleurs mesurent de 8 à 10 centimètres de diamètre; elles sont d'ailleurs assez variables au point de vue de la grandeur. Elle se produisent en assez grand nombre, et se succèdent pendant trois mois et même davantage; chaque tige, semi-dressée, porte une fleur solitaire, qui s'élève à peu près à la moitié de la hauteur des feuilles et se présente ainsi admirablement. Mas de Vallia. LA PREPARATION AUX EXPOSITIONS L'époque des grandes expositions approche, et les orchidophiles doivent dès maintenant se préoccuper d'y prendre part le plus brillamment possible. Il est peut-être utile de rappeler à cette occasion quelques principes généraux à appliquer. La grande préoccupation des cultivateurs qui se proposent de participer à une exposition, d'une façon générale, c'est d'obtenir la floraison de leurs plantes juste à l'époque voulue. En ce qui concerne les Orchidées, cette préoccupation a moins d'importance sans doute que pour les autres plantes, parce que l'on sait d'une façon à peu près certaine quelles sont les espèces qui fleurissent à une époque donnée, et que les divers concours sont organisés en conséquence; comme, d'autre part, la floraison des Orchidées dure longtemps, on peut pré- voir, avec une certitude presque absolue, que l'on aura en fleurs, par exemple pour la fin d'avril, les CaUleya Mendeli, Mossiae, Skinneri, les Miltonia vexillaria, 1^'' AVRIL 1896 25 les Dendrobium thyrsiflorum et densijiorum, beaucoup de superbes Odonto- glossum, Cypripedium, Oncidium, Zygopetalum, etc. La culture exerce cependant sur la date de la floraison une influence dont il faut bien tenir compte. On peut, en variant le traitement, avancer ou retarder un peu l'épanouissement des fleurs, et une différence de quelques jours peut avoir une grande importance. D'abord, en ce qui concerne les espèces dont la floraison se produit pour ainsi dire à jour fixe, comme les Cattleya, Miltonia, Oncidium, Zygopetalum, etc., il est vrai que les fleurs durent longtemps, et qu'elles seront encore en état de figurer brillamment à une exposition dix ou quinze jours après leur épanouis- sement; mais cependant il sera préférable de pouvoir les produire dès le début, parce qu'elles auront alors plus de fraîcheur et de vigueur, et résisteront mieux aux mauvaises conditions dans lesquelles se trouvent parfois les plantes expo- sées à la chaleur, à la poussière, à la sécheresse. Puis il y a des Orchidées dont la floraison ne se produit pas avec une exacti- tude aussi rigoureuse, et peut être réglée, dans certaines limites, à l'aide d'un traitement approprié. La plupart des Odontoglossum, par exemple, peuvent être mis en repos à diverses époques de l'année; on peut donc, en choisissant bien la date du repos, les amener à finir leur bulbe et à fleurir pour une époque déterminée, de même qu'on peut abréger le repos et préparer une floraison plus abondante en les exposant beaucoup au soleil; on peut aussi hâter la formation des tiges florales en tenant les plantes presque sèches dès que le pseudobulbe est achevé. Beaucoup de Cypripedium peuvent aussi être soumis à un traitement analogue. Tout cela n'est évidemment pas l'affaire d'une saison, et doit être préparé quelque temps à l'avance. On peut gagner quelques jours la première année, puis davantage à la saison suivante, et le roulement finit par s'établir ainsi. Ces modifications ont d'ailleurs une grande utilité : en variant la tempéra- ture, l'exposition, l'éclairage, l'humidité, la durée et l'époque du repos, on a l'occasion d'observer quel est le régime qui convient le mieux aux diverses plantes, et d'acquérir ainsi une expérience précieuse, tandis que la routine n'apprend rien. * * Revenons aux Cattleya et autres Orchidées qui ont une date fixe de floraison. Une différence de quelques jours dans l'épanouissement des fleurs peut, comme 26 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES nous l'avons dit, avoir une grande importance au point de vue de l'exposant. Peut-on donc arriver à avancer ou retarder de quelques jours cet épanouis- sement? On le peut sans aucun doute, mais il faut agir avec précaution. Lorsqu'on s'aperçoit, six ou huit jours avant la date fixée, que les boutons sont un peu en retard et trop petits pour être ouverts à temps, on peut hâter leur développement en plaçant la plante près du vitrage, en plein jour, et en lui donnant un peu de chaleur, mais ce dernier moyen doit être employé avec beaucoup de modération. Si, au contraire, les boutons sont très avancés et paraissent devoir s'ouvrir plusieurs jours avant l'exposition, on peut ralentir leur croissance en les éloignant du jour (sans cependant mettre la plante dans l'ombre) et surtout en abaissant la température de deux ou trois degrés. L'abais- sement de température ne peut d'ailleurs avoir que des avantages, en préparant la plante au milieu où elle se trouvera dans les locaux d'exposition. On peut facilement obtenir par ces procédés une avance ou un retard d'un jour ou deux, ou même trois. Mais il ne faudrait pas demander à la nature un effort plus grand, car on risquerait de compromettre sa santé. Si l'on soumettait brusquement une plante à une température beaucoup plus élevée ou plus basse que celle à laquelle elle est habituée, elle donnerait des fleurs médiocres et mal colorées, ou même ses boutons avorteraient. Dans le cas où l'écart est grand, où une plante est beaucoup en avance ou en retard, il faut s'y prendre assez longtemps à l'avance, et appliquer toujours un traitement lent et progressif. En comparant la plante avec ses voisines, un, deux ou trois mois avant la floraison, on a pu remarquer qu'elle poussait plus vite ou plus lentement qu'elles, et prévoir qu'elle ne fleurirait pas exactement à l'époque normale. Des ce moment, il faut la placer dans une serre un peu plus ou moins chaude, l'exposer plus ou moins au soleil, lui donner plus ou moins d'eau, selon le cas. * * * Les Orchidées destinées aux expositions doivent toujours être présentées de la façon la plus gracieuse et la plus agréable aux yeux, dans des récipients propres, avec un compost présentant une surface fraîche et saine. Il est facile d'exécuter ces surfaçages sans déranger les plantes. Un amateur qui possède de fortes plantes et se propose de les diviser a tout avantage à différer cette opération jusqu'après l'exposition. Les grands spéci- i" AVRIL i8g6 27 mens sont toujours admirés pour leur beauté et la masse de fleurs qu'ils pro- duisent; et les jurys accordent toujours, avec raison, la supériorité à ces fortes plantes qui témoignent d'une culture habile et datant d'un certain nombre d'années. Les potées, formées de plusieurs petites plantes groupées ensemble dans un même pot, sont loin d'avoir le même mérite que les spécimens; mais elles offrent un aspect gracieux et peuvent être recommandées pour les expositions. Certaines espèces à petits bulbes, qui se perdraient un peu, isolées, parmi les plantes volumineuses, se prêtent admirablement à une telle utilisation; ce sont par exemple VAganisia ionoptera, le Cochlioda Notzliana, VOncidimn cucnllatum, VO. Phalaenopsis, et de petits exemplaires de beaucoup d'autres orchidées. Pour faire des potées, tantôt on laisse les plantes dans leurs pots et on plonge ceux-ci côte à côte dans le sphagnum humide dans un grand pot, tantôt on retire les plantes et on les rempote ensemble dans le pot commun, de façon à donner l'illusion d'un fort spécimen. Dans ce dernier cas, il est bon de ne faire le rempotage qu'au dernier moment, un ou deux jours avant l'envoi, afin de ne pas laisser aux plantes le temps de s'établir et de pousser de nouvelles racines dans le compost, parce qu'il faudrait leur imposer après l'exposition un nouveau dérangement qui pourrait être nuisible à leur santé. Les plantes ainsi préparées, il ne reste plus qu'à s'occuper de l'emballage. Le point essentiel est de bien protéger les fleurs. On redresse les tiges florales, si c'est nécessaire, ou au moins on les fixe, en les attachant à de petits tuteurs enfoncés dans le compost. On enveloppe ensuite chaque fleur, ou la grappe entière si elle est petite, dans du papier de soie attaché aux deux bouts par une ligature de raphia. Les fleurs étant bien protégées, on enveloppe la plante entière d'un papier résistant, après avoir formé autour des organes végétatifs une sorte de cadre au moyen de deux baguettes enfoncées dans le compost et d'une autre placée en travers et rattachée au sommet des deux premières. Puis on place un certain nombre de plantes ensemble dans un grand panier, tout autour duquel on enfonce, de distance en distance, des lattes ou des branches assez solides que l'on attache ensemble par le sommet, pour protéger les plantes; enfin on recouvre le tout d'une natte cousue par le bas aux bords du panier, et attachée au sommet du cône formé par les branches. Les plantes peuvent voyager ainsi sans danger. Comte DE MoRAN. 28 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES LES ORCHIDEES A KEW La direction des Jardins Royaux de Kew vient de publier une intéressante notice intitulée Hand- list of Orchids cuUivated ai Kew (catalogue des Orchidées cultivées à Kew), et dont nous extrayons les renseignements suivants : La collection d'Orchidées en culture à Kew est essentiellement différente de toutes les autres, au moins de celles de ce pays, appartenant à des particuliers, et la seule peut-être qui puisse rivaliser avec elle est celle du Jardin botanique de Glasnevin. Elle est faite surtout au point de vue botanique, et en vue de représenter la famille orchidéenne, autant que possible, dans son ensemble. L'intérêt scientifique qui s'attache aux Orchidées est très considérable. Mais, même au point de vue de la forme, on ne peut que très difficilement les étudier d'après des échantillons secs; et en ce qui concerne les particularités de struc- ture si variées et si remarquables qu'elles présentent, ainsi que les dispositions mécaniques si frappantes qui favorisent la fécondation croisée, il n'est pas du tout possible de les étudier à l'état sec. La collection de Kew renferme des représentants de toutes les espèces les plus populaires et les plus belles, mais elle est surtout riche en représentants des autres espèces, qui à première vue ne sont pas particulièrement attrayantes, quoique l'on constate, en les examinant attentivement, que la plupart d'entre elles sont loin d'être dénuées de charme et d'intérêt. En 1880, M. le D'' Pfitzer, professeur de botanique à l'Université de Heidelberg, vint à Kew pour étudier la collection d'Orchidées au Jodrell Laboratory, en vue de ses travaux bien connus sur la morphologie de ces plantes; depuis lors il a continué à puiser dans cette collection les renseigne- ments dont il avait besoin. Il n'est pas facile de se procurer des échantillons secs d'Orchidées pour herbiers. Il arrive souvent que des espèces fleurissent à Kew, dont on ne trou- verait pas ailleurs d'échantillons à étudier. C'est ainsi que l'herbier des Jardins Royaux s'est continuellement enrichi; et à ce point de vue il doit aussi beau- coup de reconnaissance à l'établissement de Glasnevin, à M. Joseph Cham- berlain, à Sir Trevor Lawrence et d'autres personnes. l" AVRIL 1896 II n'est pas facile, d'autre part, de présenter au public une collection d'Or- chidées. Les dimensions des serres qui sont appropriées à leur culture, le traitement qu'elles réclament, ne peuvent pas se concilier avec l'admission de visiteurs. Toutefois, cela n'a pas une très grande importance, parce que ces plantes, quand elles ne sont pas en fleurs, n'offrent pas dans leur ensemble, pour la plupart, un caractère intéressant ou instructif, sauf peut-être pour le connaisseur. Les deux serres publiques d'Orchidées à Kew, n° 13 (chaude) et n° 14 (tempérée), ne contiennent guère que les plantes qui sont en fleurs à chaque saison. Ces deux serres ne se prêtent pas à la culture permanente de la plupart des espèces, culture qui se fait pendant le reste de l'année dans les petites serres spéciales (n° 15), où le public n'est pas admis. Le développement pris par la culture des Orchidées est l'un des phénomènes les plus remarquables de l'horticulture moderne. Kew ne possède ni les ressources, ni les locaux nécessaires pour pouvoir lutter avec les magnifiques étalages (') de certaines espèces que l'on peut contempler dans beaucoup de collections privées. Le président de la Royal Horticultural Society se plaignait en 1885, dans le discours d'ouverture de la Conférence des Orchidées, que Kew ne possédait pas à ce moment une collection d'Orchidées suffisante pour donner une idée de la famille. Il est à espérer que le présent catalogue, qui énumère 200 genres et iSoo espèces (y compris environ 50 hybrides artificiels), écartera ce reproche, tout au moins en ce qui concerne l'utilité de donner une idée d'ensemble. Et il n'est que juste d'ajouter que si Kew est arrivé à ce résultat, c'est en grande partie grâce à la générosité de Sir Trevor Lawrence, du Conservateur du Jardin botanique de Glasnevin , et de divers amateurs et horticulteurs; mais le fond de la collection a été amassé grâce à des importa- tions directes et à des achats. Historique Les Orchidées ont été cultivées à Kew de tout temps depuis leur première introduction dans ce pays. On trouve dans l'histoire de ces collections le reflet de l'histoire des progrès accomplis dans l'art de cultiver les Orchidées dans des conditions artificielles. (1) Ce mot a en français un caractère un peu déplaisant qui ne convient pas ici, mais nous n'en trouvons pas d'autre pour traduire l'anglais displays. 30 Llî JOURNAL DES ORCHIDEES La première Orchidée exotique qui fut introduite dans les cultures anglaises fut le Bletia verecunda, reçu de l'île de la Providence (Bahamas) par Peter COLLINSON en 1 731, et qui fleurit l'année suivante dans les serres de M. Wager. Vers 1778, le Phaius grandifolius fut importé de Chine par le D"" Fothergill, et un portrait colorié de grandeur naturelle en fut publié dans la première édition de V H or tus Keit'ensis, sous le nom de Limodorum Tankervillae. Cette plante offre un intérêt particulier, par la raison suivante : c'est en l'étudiant, à Kevv même, que Francis Bauer, qui fut pendant cinquante ans « dessinateur attaché au Jardin Botanique Royal, » découvrit en 1802 et figura le nucleus de la cellule, corps de première importance, dont la première description fut publiée en 1833 par Robert Brown. La première édition de VHortus Kewensis, d'Aiton, énumère quinze espèces non indigènes comme cultivées à Kew. Sir J. E. Smith écrivait à ce propos : « Nous n'avons guère vu d'espèce de ce genre (Epidendrum), sauf à l'état desséché, avant l'année 1787, époque où VE. cochleatuui fleurit à Kew, et ce ne fut qu'en octobre 1788 que VE. fragrans, de Swartz, révéla sa riche et élégante fleur dans la même grande collection. Actuellement, on peut y voir plusieurs espèces fleurir au printemps et à l'automne. » La seconde édition de VHortus Kewensis (18 13) énumère 115 espèces, sur lesquelles 84 sont des Orchidées exotiques appartenant à 3g genres, soit « la majorité. » John Smith mentionne dans ses Records of Kew (p. 228) que « ce sont des épiphytes et originaires des Antilles, quelques-unes des Indes, du Cap de Bonne Espérance et des Nouvelles Galles du Sud. » D'après le même auteur, le D^ Roxburgh expédia de l'Inde un grand nombre d'espèces au commencement du siècle présent. « J'ai trouvé ces espèces en 1822, écrit John Smith, cultivées sur une tablette au-dessus d'un tuyau de chauffage, contre le mur du fond de ce qu'on appelait alors la serre de multi- plication; l'Aerides croissait et fleurissait d'une façon luxuriante, avec ses racines appliquées au mur du fond, de même que le Saccolabium giittatum. Il y avait aussi des plantes du Dendrobium Pierardi et du D. cucuUatiim qui fleurissaient abondamment, et qui avaient été récemment introduites de Calcutta par M. Pierard. » Mais c'est à Roxburgh que les cultures anglaises durent, en outre du premier Aerides, le premier Dendrobium et le premier Vanda. Ces « murs de fond » ne se rencontrent plus que rarement dans les construc- tions horticoles modernes; mais ils n'étaient pas sans avoir leurs mérites. l" AVRIL 1896 31 Procédés de culture A cette époque, à part les exceptions citées plus haut, les Orchidées à Kew « étaient rempotées dans de la terre ordinaire, et les pots plongés jusqu'aux bords dans de la tannée. » Il n'est pas surprenant que leur culture donnât des résultats médiocres. Sir Joseph Banks fit le premier pas dans la direction du traitement adopté actuellement. Il inventa et appliqua à Isleworth une méthode qui était « l'une des manières qui donnaient les meilleurs résultats pour cultiver les Orchidées épiphytes connues alors. » M. H. J.Veitch, dans son excellente notice historique sur la culture des Orchidées (Journal of the Royal Horticultural Society, 1889), lui rend justice dans ces termes : « Ce fut le premier qui conçut l'idée rudimen- taire de notre moderne panier à Orchidées, et c'est là que je trouve le premier exemple cité de l'emploi de la mousse pour surfacer. » John Smith écrit dans ses Records, pp. 22g, 230 : « Entre les années 1823 et 1825, on reçut de Trinidad un grand nombre d'espèces, envoyées par M. David Lockhart, directeur du Jardin Botanique; parmi elles se trouvaient les premières plantes du Stanhopea insignis, de VOncidinm Papilio, du Lockharlia elegans, du Catasetum tridentatum, de VIonopsis pallidijlora et d'autres Orchidées toutes épiphytes; beaucoup d'entre elles étaient encore fixées à des fragments de branches, telles qu'on les avait coupées des arbres, ce qui contribua, en même temps que les instructions fournies par M. Lockhart sur la manière de les traiter, à apprendre les véritables procédés de culture des Orchidées épiphytes. » Toutefois, il fallut qu'une génération entière passât avant que la culture des Orchidées arrivât à être établie sur des bases bien comprises. Au miheu du siècle présent, le D"" Lindley exerçait une influence dominante sur le monde horticole. Il lut en 1830, devant la Société royale d'Horticulture de Londres, un mémoire dans lequel il formulait la conclusion générale suivante, basée sur des données insuffisantes : « Une température élevée, une ombre épaisse et une humidité excessive, telles sont les conditions essentielles au bien-être de ces plantes. » Treize années plus tard, Bateman adoptait en substance la même théorie, sauf la recommandation importante de donner aux plantes une saison de repos. La méthode de culture approuvée par Lindley devint dès lors la seule 32 LE JOURNAL DES ORCHIDEES orthodoxe, et fut conservée généralement dans tous ses points essentiels pen- dant plus de trente ans. Deux hommes, cependant, rompirent avec la tradition courante, et cela avec un succès remarquable. Le premier fut Joseph Cooper, jardinier chez le Comte FiTZWiLLLWf, à Wentworth (1835), Une innovation plus hardie encore fut adoptée peu de temps après par Paxton, à Chatsworth. Dans les deux cas, les innovations capitales étaient l'emploi d'une température plus basse et une aération plus abondante. Néanmoins la vieille tradition persistait. Sous l'influence du traitement barbare qu'elles recevaient dans les serres chaudes de ce pays, les plantes périssaient presque aussitôt qu'elles étaient importées. Ces pertes étaient si considérables que Lindley, dans un remarquable article publié dans le Gar~ deners' Chronicle, vers la fin de 1859, déclara que ce traitement était « une erreur déplorable, » et M. Bateman également le qualifia, quelques années plus tard, « d'incroyable folie. » [Sera continue.) LE SACCOLABIUM GIGANTEUM Nous avons eu récemment l'occasion de contempler diverses belles formes de cette espèce. Les Saccolabium constituent pendant l'hiver un des principaux ornements des serres à Orchidées, et il est vraiment regrettable que beaucoup de collections de moyenne importance en soient privées. La serre chaude, voilà deux mots qui effraient bien des amateurs; et cependant la culture des Orchi- dées indiennes n'offre aucune difficulté particulière; elle exige beaucoup moins de soins que celle de certains Epidendrum ou Oncidium, par exemple ; elle entraîne seulement des frais un peu plus élevés de chauffage. Et de quels mer- veilleux trésors l'amateur ne jouit-il pas en compensation! Ce groupe si riche des Orchidées asiatiques, Aerides, Vanda et Saccolabium, d'une élégance si suave, possède un cachet bien distinct sans lequel une collec- tion d'Orchidées ne me paraît pas complète. Pour ne parler que des Sacco- labium, leurs fleurs, d'une substance délicate, d'un blanc brillant et presque translucide, relevé çà et là de macules rose vif, me paraissent d'une beauté incomparable. Joignez à cela la forme harmonieuse des grappes serrées, en l" AVRIL 1896 33 masse oblongue légèrement recourbée, et la beauté du feuillage distique, robuste, d'un vert foncé, aux lignes sobres, et vous verre;?: qu'il est bien peu de plantes offrant des qualités supérieures à cet ensemble. Le Saccolabium giganteuin est originaire de la Birmanie et de la Cochinchine, où il est, paraît-il, extrêmement répandu. Cependant il resta rare pendant de longues années, et ce n'est que depuis dix ans environ qu'il est devenu plus abondant chez les orchidophiles, grâce au développement pris par les importa- tions. Il a les fleurs d'un blanc de neige, maculées de rouge vif. Nous avons eu plusieurs fois l'occasion de voir cette superbe plante produire des grappes assez courtes, et présentant vers la base plusieurs fleurs malformées et incomplètement développées. Lorsque cet accident n'est pas dû à une interrup- tion dans la végétation, comme il arrive dans le cas des plantes importées, il provient généralement d'un manque d'humidité; c'est ce qu'on peut observer surtout sur les plantes fleurissant en hiver, parce qu'à cette saison l'atmosphère est plus sèche qu'en été. En a3'ant soin d'arroser suffisamment et de charger l'air de vapeur d'eau aussi abondamment que possible, on aura une floraison irréprochable, et des grappes longues de 30 ou 35 centimètres, bien fournies de fleurs serrées. Le même résultat peut être produit par la culture à une température trop basse. Le thermomètre doit marquer régulièrement 17 à 18° centigr. au moins pendant le jour, et un peu moins pendant la nuit. Si l'on a l'habitude de tenir la serre à deux ou trois degrés au-dessous de ce chiffre, il est bon de pousser un peu plus haut dès que l'on voit apparaître le bourgeon floral, afin de le faire mieux développer; mais il va sans dire que le changement ne doit pas être brusque, parce que les plantes en souffriraient. L. Helle. UN SUCCEDANE DU SPHAGNUM En visitant récemment la superbe collection de Vanda tricolor et siiavis que M. Sallier, père, un des vétérans de l'horticulture française, cultive avec tant de soin depuis une quinzaine d'années, au château du Val, près de St-Germain- en-Laye (S. et O.), nous avons été frappé de remarquer un succédané du sphagnum, qui nous a semblé donner d'excellents résultats. 34 LE JOURNAL DES ORCHIDEES M. Salliek emploie avec avantage, pour surfaçer ses grands pots et paniers, une mousse d'un beau vert glauque, assez commune dans les forêts, formant à terre des pelotes vert émeraude ; cette mousse est le Leucobrynm glaucum ou syn. Dicranmn glaucum et Bryum glaucicin, qui est formé de tissus très spon- gieux, absorbant facilement l'eau et restant longtemps humide. Tous les Vanda, ainsi que les gros Angraecum et Aerides, et même des Phalaenopsis, recouverts déjà depuis un certain temps avec des mottes de cette mousse, ont développé de nombreuses racines, et grâce à ce nouveau procédé, ces Orchidées n'ont que rarement besoin d'un surfaçage. Nous engageons beaucoup les orchidophiles qui possèdent dans leurs collections de ces espèces indiennes à en faire l'essai, qui leur donnera sans doute d'aussi bons résultats que ceux obtenus au château du Val. Mentionnons encore au sujet du Bryum glaucum que c'est cette mousse que les horticulteurs belges et anglais emploient depuis longtemps pour recouvrir les pots des plantes qu'ils exposent et que, grâce à cette fraîche verdure, ils font bien mieux ressortir leurs présentations. Otto Ballif. PETITES NOUVELLES PETITE CORRESPONDANCE EXPOSITION GÉNÉRALE D'HORTICUL- TURE DE LEDEBERG-LEZ-GAND. — Rappe- lons que cette Exposition, organisée par le Cercle Horticole Van Houtte, aura lieu du 12 au 19 avril prochain, et que dix-neufs concours ont été réservés aux Orchidées. Le Cercle Horticole Van Houtte est composé des éléments les plus vitaux de l'horticulture gantoise, — ils ont montré, il y a cinq ans, ce qu'ils savaient faire; ils tiendront certainement à se surpasser cette fois. Nous serons très heureux de constater les succès de cette vaste et brillante entreprise et souhaitons à nos vaillants confrères de Ledeberg- lez-Gand, et cela le plus sympathiquement, une réussite complète et un temps superbe. Les amateurs étrangers vont certainement arriver en foule à Gand. Nous engageons nos lecteurs à s'y rendre et à s'arrêter à Bruxelles. Nous les invitons cordialement à visiter les serres de L'Horticulture Internationale où le meilleur accueil leur est réservé. LE BANQUET ANNUEL ET LE PROCHAIN MEETING DE « L'ORCHIDÉENNE. > — Pour ne pas les faire coïncider avec la Grande Expo- sition Générale d'Horticulture du Cercle Horticole Van Houtte, de Ledeberg-lez-Gand, ces festivités ont été remises au 3nie dimanche, soit le 19 avril prochain. Le Meeting promet d'être superbe ; quant au banquet annuel il aura lieu, comme celui des deux années précédentes, dans les salons du Grand Hôtel, à Bruxelles, et promet d'obtenir le même succès. On sait quel agréable souvenir en ont conservé les convives et avec quel enthousiasme i^'" AVRIL i8g6 35 M. le Dr Capart a été nommé, à l'unanimité, « l'organisateur perpétuel du banquet annuel de L'OrchidÉENNE, institué pour rcscrrcr et jorti- fier les liens de bonne confraternité qui unissent ses membres. » On s'insi-rit chez le D"" Capart, 5, rue d'Eg- mont, à Bruxelles. Le prix de la souscription est fixé à fr. 15, vins compris. L'HORTICULTURE INTERNATIONALE, à Bruxelles, vient de faire paraître Une offre spéciale d'Orchidées établies, de culture par- faite, à prix modérés, comprenant un choix très varié d'espèces recommandables. Les prix fixés dans cette offre ne se rapportent qu'à de fortes plantes et la spécification du nombre de bulbes indiqués, s'entend à des bulbes extra-forts, bien sains. Les exemplaires supérieurs sont désignés par les appellations bonne plante ou belle plante. Rappelons que l'établissement dans le but de CONSERVER SA RÉPUTATION DE VENDRE des plantes parfaitement cultivées, ou ses importa- tion, AUX COURS LES PLUS RÉDUITS DU MARCHÉ ORCHiDÉEN sérieux, est toujours disposé à faire à ses acheteurs les concessions les plus larges, lorsqu'ils peuvent lui prouver que des plantes d'égales forces et qualités sont offertes ailleurs à meilleur compte. Les plantes livrées seront rem- placées si elles ne répondent pas à leur attente, et les variétés vendues sont garanties vraies. Cette offre spéciale est envoyée gratis et franco à tous ceux qui en feront la demande. AU CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE tenu à Paris du 7 au 11 mars dernier, les Orchidées étaient bien représentées par un massif en gradin dressé au centre d'un des grands salons du premier étage. Ce massif était formé de deux groupes, l'un exposé par M. Georges Mantin, de Bel- Air, l'autre, moins important, par M. Bert, de Bois-Colombes. Le groupe de M. Mantin comprenait 260 Orchidées, bien choisies et bien fleuries. Les Cypripedium dominaient dans ce nombre, et parmi eux le C. X tesselatuni porpliyrcum attirait princi- palement l'attention ; remarqué également des Oncidium, notamment un bon O. amplintuni maJHs, de jolis Cattleya, Dendrobium, etc. Le groupe de M. Bert se composait principa- lement de bons Cattleya, Laelia cinnabarina, Dendrobium, Cypripedium, un Odontoglossum pulchellum majus, etc. L'AMENAGEMENT DES EXPOSITIONS. — Le concours agricole de Paris a fourni aux orchidophiles, en particul.'er à ceux qui avaient exposé, l'occasion de constater une fois de plus combien il y a encore de progrès à faire en ce qui concerne l'aménagement des expositions. Les Orchidées exposées faisaient peine à \oir le jour de la clôture ; logées au premier étage, dans un grand salon où la foule s'était pressée pendant quatre ou cinq jours, elles étaient couvertes d'une couche épaisse de poussière ! Les fleurs avaient vaillamment résisté et la plupart conservaient leur fraîcheur, mais les plantes auront eu besoin d'un solide nettoyage ; heureux encore si elles ne souffrent pas de ce séjour momentané dans une atmosphère sèche et asphyxiante. Il est évident que les Orchidées devraient toujours être exposées au rez-de-chaussée, dans un local sans plancher, à sol couvert de petit gravier légèrement humide ou macadamisé, et garni de massifs de plantes vertes capables d'entreten r la fraîcheur nécessaire, et qu'enfin l'air devrait être renouvelé plus qu'on ne peut le faire au Palais de l'Industrie. EXPOSITIONS. — La Scottish horticultural Association a tenu le 3 mars, à Edimbourg, sa réunion mensuelle, qui a présenté un intérêt ex- ceptionnel pour les Orchidophiles. M. A. N. Hall, d'Aberdeen, a présenté des grappes de Cattleya Larvrenceana et de Dendro- bium Dnlliousieanuni qui ont été très admirées. M. Chalmers a exposé un hybride de Dendro- bium nobile X Wardianuni nommé D. X Broad- hurstianum (synonymes D. murrliinianum et D. Wardiano-nobile). Les fleurs, grandes et bien colorées, rappellent surtout le D. nobile. G. H. — Le compost que vous indiquez est trop compact. La terre argileuse ne convient que pour les Orchidées dites terrestres, comme les Calanthe. Pour les Coelogyne, il faut du sphag- num, de la terre fibreuse pour moitié au moins, et un peu de gros sable, avec un bon drainage. Après la floraison, la pousse ne tardera pas à se développer, mais n'oubliez pas qu'elle apparaît sur le rhizome qui a produit la tige florale, de sorte qu'il ne faut pas couper ce rhizome. Bornez- vous à enlever les fleurs à mesure qu'elles sont fanées. Votre Odontoglossum est plutôt un O. Andcr- soni. UOncidium macrantlium est un bon type, sans avoir rien d'exceptionnel ; quant à la longueur de la tige, elle est ordinaire. G. S. — Il est toujours imprudent de faire ouvrir les ventilateurs directement au-dessus des plantes. Pour les Orchidées de serre froide, cela pourrait être admis pendant l'été ; mais le com- mencement du printemps est une saison très dan- gereuse, où la température est variable, le vent 36 LE JOURNAL DES ORCHIDEES souvent très fort et froid, et les plantes risque- raient de souffrir beaucoup. Quant aux Cattleya et surtout aux Vanda et Phalaenopsis, on ne peut les aérer qu'avec précaution, les derniers en été seulement. S. DE V. — Le sphagnum conservé à l'air dans de bonnes conditions est encore excellent au bout de deux ans ; renfermé, il se garde à peine six mois. Quant à la terre fibreuse, pourvu qu'elle soit bien séchée et mise à l'abri des pluies, elle se conserve indéfiniment. UNE COLLECTION CHOISIE par excellence est celle de M. L., àBrunoy, bien connue d'ailleurs pour les belles variétés et les raretés qu'elle renferme. Le secrétaire de la rédaction de ce journal a eu le plaisir de la visiter au commen- cement de mars, et n'a pu résister au désir de citer quelques-unes des plantes remarquées, au cours d'un examen malheureusement trop sommaire, car il faudrait de longues heures pour pouvoir étudier tout ce qui mérite de l'être : Laelia Perrini alba, Cattleya intermedia alba, C. Mossiac Wageneri, Gongora triincata Donke- lariana, Trichopilia hyniciuintha, Lycaste xytrio- pliora, L. SchiÙcriana, L. cniciita major, à fleurs très grandes, L. lasioglossa, Dendrohium citcume- rinmn, D. aureo-rosenm, D. Baitmnnni, Oncidinm Cebolleta, O. Pliilippsiannm, O. Kramerianum, très grand, O. juncifolium, O. loxeiise, O. tindidatum, O. practexttiw, O. raniferum, Acro- pera Loddigesi, Vanda Aiiu'siana, bien fleuri, V. Kimballiana, Phaiiis assaiiiicus, Cyiitbidiinn tigi'iiitim, C. slnensc, Alaxillaria glumacca, Den- drobiuin Gibsoni, D. secnminm, D. Kingianiim, Ecliioglossiiin striatiun, Dicrypta glauccscens, Cryptochilus sanguuieus, Dendrobiumplatycaulon. analogue par son port au D. lamellaticni, Cyiiibi- diiun biculor, Oncidinm Harrisoiii, O. Mars- lialliannin, Odontoglossnin pncliellum niajns, Plcnrothallis leptotoidcs, Chysis laevis, Miltonia spectabilis Morcliana atrorubens, M. Blnnti Lnbbcrsiana, Stiginatosialix radicans, Gi'obya sp., Pleionc birnianica, Maxillaria teiiuifolia, Cattleya speciosissima, alba, Stenorhynchns sp.,Dendrobium stratiotes, D. Dayannin, Ipsca spcciosa, Miltonia Endresi, Epidendrnm bulbopliylliim, Vanda cris- tata, Cypripcdiuin concolor t()nkincnsi',Scltoniburg- kia rosea, Cirrliopetaluni infraditm, Catasctum Biingerothi, C. viacrocarpiiin, C. splendcns, etc. Il va sans dire que toutes les plantes ci-dessus n'étaient pas en fleurs ; mais toutes étaient en excellente santé, et certaines tout à fait remar- quables comme vigueur. L. V. — Le moyen le plus simple et le plus naturel pour amener votre Odontoglossum à fleurir, c'est de le laisser à peu près sec à partir du moment oii la pousse sera achevée et où le pseudobulbe commencera à se dessiner, et cela tant que la plante ne paraîtra pas incommodée, et que les bulbes ne se rideront pas trop. LE TEMPS QU'IL FAIT. — L'hiver a été d'une douceur remarquable, à part cinq ou six journées et autant de nuits. Beaucoup de per- sonnes semblent croire que c'est là un fait tout à fait exceptionnel ; il résulte cependant de ren- seignements fournis par le Gardeuers^ Chronicle que depuis 21 ans, six hivers ont été plus doux encore que celui-ci. Voici le tableau des températures moyennes de ces hivers : 1873-1874 40,2 1876-1877 5°. 5 1877- 1878 40 1881-1882 3",9 1882-1883 4'\2 1883- 1884 4°.4 1895-1896 3",8 La température moyenne de l'hiver étant de 2", 8, l'hiver de 1895-96 n'a dépassé la moyenne que de i degré, et il a été plus froid de i",7 que celui de 1876-77. Quant à la quantité de pluie, elle n'a pas été en janvier et février, le tiers de ce qu'elle est en moyenne pendant ces deux mois. L. L. CATTLEYA WAROCQUEANA. -- De fort belles importations de cette superbe Orchidée sont arrivées, ces temps derniers, à L'HOKTICUL- TURE Internationale, et, parmi elles, quelques caisses de la nouvelle et fameuse variété cxcchior aux spathes énormes rouge-vineux, d'un aspect très différent du type. Le grand exemplaire , supposé alba , dont nous parlions dernièrement, compte exactement 267 bulbes ! L. L. L'HORTICULTURE INTERNATIONALE (SOCIÉTÉ ANONYME) PARC LÉOPOLD. — BRUXELLES. PLANTES NOUVELLES DTNTHOIDlJOTIOISr J3IRECTE1 MISE AU COMMERCE, POUR LA PREMIÈRE FOIS, A PARTIR DU 15 MAI 1896 Le catalogue descriptif des plantes nouvelles paraîtra très prochainement Adiantum Claesianum Adiautum lineatum Bégonia Faureana Bégonia Faureana var. metallica Galadium adamantinum Caladium lilliputianum Cyrtosperma ferox Dichorisandra angustifolia Dieffenbachia meleagris Geonoma Siesmayeriana Hoemanthus Lindeni Heliconia spectabilis Labisia smaragdina Miconia vesicaria Philodendron Devansayeanum robustum Plectocoma crinita Sonerilla M™^ Cahuzac Sonerilla M'"*' de Brezetz Sonerilla M'"*' du Toict Sonerilla M'"^ Treyeran Tradescantina delicata Tradescantina superba La plupart de ces plantes ont fait partie du Grand Lot de plantes nouvelles vainqueur à l'Exposition Interna- tionale d'Horticulture de Paris en 1895. USINE A VAPEUR SPÉCIALEMENT MONTÉE POUR LES CONSTRUCTIONS HORTICOLES Fondée en 1876. 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Varjenew3ky, Cahuzac, D-- Capart, James O'Brien, J. du Trieude Terdonck, O. de Kirohsberg, Vicomte de Novion, G. Truffant, D. Treyeran, F. Kegeljan, H. Correvon, D-" Max Reichenheim, A. Dallière, O. Ballif, G. Miteau, A. de la Devansaye, R. Johnson, Ch. de Bosschere, Ch. Vasseur, A. Hubert, de Meulenaere, F. délia Porta, A. van den Heede, A. Winoqz, D. Massange de Louvrex, D^ Muller, D^ Van Cauwelaert, J. Nôtzli, E. Bartel, les Chefs de Culture de « L'Horticulture Internationale, » de MM. Dallemagne et O^ et de MM. Lucien Linden et C*«. Secrétaire de la rédacti on : Or. T OURRET-aRIQI^AISr Prix de rAbonnement : 10 francs par an POUR TOUTE L'UNION POSTALE Paraît le 1" et le lt> cle cliaqixe mois AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES Dépositaires pour la France : MM. DA.LLEMAGNE et C.e, à Rainbotxillet (Seine et Oise). Gand, inipr- Kug. Vaiulcr Haeghen. 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MORTEBEKIENSE, etc., etc., dont la plupart sont reproduites sur la superbe planche double figurée dans la livraison de mars de la •' Lindenia. - Orchidée populaire par excellence, de culture facile, fleurissant abondamment l'hiver et convenant tout particulièrement pour la grande culture de la Heur coupée, l'htiitc.^ inipurti'i's ri/ou rciixi'^i, bien saiiic.^ cf ihin.'^ de Irh honin'^ rDiiiIifiun.^ à 2, 3 et 4 francs. lielh'n toiiffi'fi Cl 6, 8 ('/ 10 francs siiinnit forre. i6 AVRIL i8g6 37 CAUSERIE SUR LES ORCHIDEES L'avenir de l'hybridation Le nombre des Orchidées hybrides croît avec une rapidité remarquable, et telle que la mémoire la mieux exercée ne saurait désormais retenir les noms de tous ces semis, dont la parenté compliquée ne peut plus être démêlée à travers les caractères des fleurs. Nous sommes loin du temps où les connaisseurs, en examinant V Odontoglossum excellens ou le Cattleya Hardyana, pouvaient déter- miner a priori d'une façon certaine les noms des espèces qui, par leur croise- ment, avaient donné naissance à ces hybrides naturels. Chaque mois apporte à notre Revue des Orchidées nouvelles un nouveau contingent d'hybrides, si nombreux qu'il faut se borner à les enregistrer en attendant que l'avenir prononce sur leur valeur et décide quels sont ceux qui resteront. De tout cela sortira, si nous n'y prenons garde, une confusion extrême. J'exprimais dernièrement l'opinion qu'en dépit des lois de priorité, les semeurs ne devraient pas s'attacher à donner à leurs hybrides les noms attribués antérieurement aux mêmes croisements, si les nouvelles fleurs obtenues pré- sentent des caractères distinctifs suffisants. Il y a encore une autre raison, à mon avis, pour qu'ils ne se croient pas obligés de surcharger leur mémoire ou leurs catalogues : c'est que parmi les semis qui font leur apparition tous les jours, un grand nombre, la grande majorité, ne laisseront aucune trace durable, soit qu'ils manquent des qualités supérieures nécessaires pour s'imposer, soit qu'ils n'existent qu'en un très petit nombre d'exemplaires, et restent confinés dans deux ou trois collections. Dès lors, j'estime que des caractères extérieurs bien distincts justifient des noms distincts. Du moment que la forme et la couleur des fleurs d'un hybride ne permettent pas de reconnaître les parents qui lui ont donné naissance, je n'ai plus à considérer cet hybride qu'en lui- même et au point de vue de ses qualités propres, et peu m'importe qu'un autre hybride ait la même origine, si ses fleurs sont bien différentes. Je donnerai un nom distinct à chacun, pour pouvoir les reconnaître, ou si l'un des deux est 38 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES médiocre, je le laisserai de côté purement et simplement, sans me préoccuper de savoir quel est le nom qui a le mérite de l'ancienneté. J'imagine que le temps, qui nous submerge si rapidement sous des centaines de noms nouveaux (parfois même bien effrayants pour la mémoire), saura bien aussi nous en débarrasser assez vite. Tout semis qui, au bout de quelques années, n'aura pas fait ses preuves et conquis sa place au soleil, sera de plein droit relégué dans l'oubli et effacé de notre mémoire. C'est le sort qui est échu dès maintenant à bon nombre d'hybrides de la période historique. Le rôle des hybrides sera alors réduit à sa véritable importance, qui sans aucun doute avait été exagérée depuis quinze ou vingt ans. Cette exagération se comprenait fort bien d'ailleurs, et il suffit de se rappeler un peu d'histoire pour en saisir les causes. A l'époque où les premiers semis firent leur apparition, la curiosité qu'ils excitèrent n'eut que peu de retentissement, contrairement à ce qu'on aurait pu penser. Lorsqu'on parcourt les journaux de 185g, 1860, etc., on s'attend à y trouver des commentaires abondants sur cette nouvelle découverte horticole; à peine y rencontre-t-on quelques mots à propos des plantes exposées. C'est qu'elles constituaient encore une énigme. Très peu de cultivateurs étaient au courant de la conformation des fleurs d'Orchidées et de la façon dont s'effectue leur fécondation; ils auraient presque vu dans cette opération un peu de sorcel- lerie. Quelques modestes essais, tentés çà et là, n'avaient pas donné de résultat; d'autre part la culture des Orchidées n'était pas encore très répandue. Bref l'hybridation resta longtemps confinée dans un très petit groupe. — Plus tard, lorsque le public amateur fut mieux au courant et commença à soup- çonner que l'obtention des semis n'était pas si difticile qu'on le croyait, chacun voulut en produire, et ce fut un engouement extrême. Aujourd'hui cet engouement commence à se calmer; les hybrides ne sont plus considérés a priori comme des merveilles et l'on les juge sur leurs mérites intrinsèques. Ceux qui sont médiocres ou simplement ordinaires n'excitent plus guère d'attention; ceux qui ont des qualités supérieures reçoivent toujours aux expositions le tribut d'admiration auquel ils ont droit, mais comme la plupart ne sont représentés que par un petit nombre d'exemplaires, ils restent peu connus du public et n'entrent pas dans la grande circulation horticole. Seuls, les hybrides d'une beauté exceptionnelle, et qui sont reproduits à plusieurs reprises par différents cultivateurs, deviennent réellement populaires; ils sont naturellement peu nombreux. l6 AVRIL 1896 39 C'est ainsi que l'hybridation, comme je le disais tout à l'heure, revient peu à peu à son rôle véritable, dont l'importance, très réelle, ne doit pas être exagérée. Elle peut enrichir l'horticulture, de temps en temps, d'une plante qui lui rendra de grands services; mais elle ne peut pas faire oublier les espèces naturelles, les seules en somme qui puissent être introduites en grandes quan- tités, et peut-être pourrait-on dire aussi : les seules qui soient absolument fixes. Cette évolution donne raison, dans une certaine mesure, à la théorie de beaucoup de botanistes, qui considèrent les hybrides comme relativement négligeables. Lindley, en examinant l'un des premiers hybrides artificiels d'Orchidées, s'écriait : « Vous allez rendre les botanistes fous ! » Vingt-cinq ans plus tard, Reichenbach au contraire décrivait les hybrides avec admira- tion, et constatait les services qu'ils peuvent rendre notamment pour élucider la question des espèces. Entre ces deux extrêmes, la plupart des botanistes considèrent les hybrides artificiels comme des amusements horticoles — et ce rôle qu'on leur assigne avec une nuance de dédain peut cependant être revendiqué comme un mérite très appréciable. C'est un des plus vifs plaisirs qui s'offrent à un amateur, que celui de combiner entre elles les diverses formes existantes, principalement les plus nouvelles et les plus rares, pour s'efforcer de produire une beauté encore inconnue; et les soins que demande cette éducation, l'attente qu'elle exige, ne font qu'augmenter ce plaisir. Je voudrais seulement ajouter une observation qui me paraît ressortir natu- rellement des réflexions qui précèdent sur l'utilité de l'hybridation et les services qu'elle peut et doit rendre. La plupart des semeurs se sont attachés jusqu'ici uniquement à croiser entre elles des espèces différentes, voire même des plantes de genres différents, en cherchant surtout à produire des fleurs très distinctes, très originales, et cela avec plus ou moins de discernement et de méthode, parfois un peu au hasard. J'estime qu'il ne faudrait pas négliger la fécondation directe, d'une fleur par son propre pollen ou par le pollen d'une autre fleur de la même espèce. On pourrait obtenir ainsi des résultats très intéressants, parfois très beaux, avec certaines espèces variables. A l'état naturel, parmi des milliers d'Ochntoglosswn crispum blancs ou légèrement tachetés, on trouve parfois une ou deux variétés portant d'admirables macules rouges ou brunes; des variations analogues se produiraient sans doute dans les semis effectués artificiellement. En opérant par sélection, au besoin sur deux générations, qui nous dit qu'on n'obtiendrait pas des Odontoglossum brillamment maculés, des Cattleya blancs ou richement 40 LE JOURNAL DES ORCHIDEES pourprés, ou marbrés, ou des plantes plus vigoureuses et plus florifères? Je suis persuadé que les essais de ce genre seraient tout aussi passionnants et tout aussi féconds que les croisements aventureux auxquels beaucoup se livrent. REVUE DES ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEU CONNUES ODONTOGLOSSUM x RUBIGINOSUM. — Nouvelle forme voisine du groupe Wilckeanum, et introduite récemment par MM. Linden. Ses fleurs, d'une forme très élégante, sont d'un jaune clair, relevé de larges macules brun chocolat. Cette magnifique nouveauté a obtenu un Diplôme d'Honneur de i""^ classe par acclamation au meeting de L'Okchidéenne du S mars. * * * ODONTOGLOSSUM x WILCKEANUM VAR. OLIVARE. — Nouvelle variété très distincte, à grandes fleurs d'un vert olivâtre, exposée par MM. LiNDEX au meeting de L'Okchidéenne du 8 mars (Diplôme d'Honneur de i""*^ classe). * * ODONTOGLOSSUM x WILCKEANUM VAR. ELONGATUM. — Autre variété, nouvelle également, introduite par MM. Linden. Ses fleurs sont plus grandes et ont un coloris plus vif que le type (Diplôme d'Honneur de 1^'= classe). * CATTLEYA TRIANAE VAR. ATRATA. — Nouvelle variété très distincte exposée par M.\L Lixdf;n au meeting de L'Okchidéenne du 8 mars, où elle a obtenu un Certificat de Mérite de i""^ classe. Ses fleurs, très amples, ont les sépales et pétales d'un rose très pâle, et le labelle arrondi, d'un coloris superbe. * CYPRIPEDIUM X JEANNE VOORTMAN (C. Sallieri x C. Spiceriannm). — Hybride obtenu par W. Jules Hve, exposé à Gand et au meeting de février l6 AVRIL 1896 41 de L'Orchidéenne, où il a obtenu un Diplôme d'Honneur de i''^ classe à l'unanimité et par acclamation. * * * CYPRIPEDIUM X LATHAMIANUM VAR. REX. — Cette variété, obte- nue par M. Jules Hye, de Gand, a obtenu au meeting de L'Orchidéenne du 8 mars un Diplôme d'Honneur de i^^ classe par acclamation, ainsi que l'hybride suivant, dû au même amateur. CYPRIPEDIUM X MADAME JULES HYE (C. tonswn X C. Spicerianum). — Le pavillon mesure 7 centimètres de largeur; il rappelle celui du second parent, mais il est nuancé de rouge et porte une large bande médiane. La plante a un cachet de robusticité remarquable. * * * CYMBIDIUM X LOWIO-EBURNEUM. — Cette plante est le produit du croisement inverse de celui qui avait déjà donné, il y a deux ans environ, le C. X eburneo-Lowianum. Ses fleurs ont à peu près la même forme, mais sont plus grandes et plus belles. Elles sont d'un blanc de cire, avec la colonne et le labelle tachetés de pourpre. Ce nouvel hybride a obtenu un Certificat de i" classe au meeting de Londres du 10 mars, où il était exposé par sir Trevor Lawrence. DENDROBIUM x THALIA (D. Ainsivorthi X D. nobile nobilius). — Hybride obtenu par sir Trevor Lawrence et exposé au meeting de Londres du 10 mars. DENDROBIUM x CLIO (D. splendidissimuîii grandijloruin X D. Wardianum). — Hybride de la même origine que le précédent et exposé en même temps. Il a obtenu un Certificat de Mérite. CYPRIPEDIUM X BARBATOBELLATULUM (C. barbatum Grossi X C. bel- latulum). — Cet hybride, obtenu par sir Trevor Lawrence et exposé au meeting de Londres du 10 mars, a les mêmes parents que le C. X Leysenianum 42 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES et peut être considéré comme une variété du C. X Charles Richnian, mais une variété supérieure. CYPRIPEDIUM V CALLOSO-BELLUM. — Hybride obtenu par sir Tkevor Lawrence et rappelant le C. X Olenus (meeting du lo mars). LAELIOCATTLEYA ■; THETIS (L. X exoniensis x L. puinila). — Exposé par sir Trevor Lawrence au meeting de Londres du lo mars. * DENDROBIUM x SPECIO-KINGIANUM. — Exposé par sir Trevor Law- rence au meeting de Londres du lo mars. * * * EPIDENDRUM x ELEGANTULUM {E. X Endresio-W allisi x E. Wallisi). — Cet hybride, exposé par M^L Veitch au meeting du lo mars, a obtenu un Certificat de i*^^ classe. Ses fleurs ont une forme analogue à celle de VE. Wallisi et sont de la même grandeur, mais plus plates; les sépales et pétales sont brun foncé tacheté de brun rougeâtre avec une aire blanchâtre à la base. Le labelle est blanc, lavé de jaune à la base, avec quelques taches roses. * * * LAELIOCATTLEYA x DORIS VAR. XANTHO (L. harpophylla x C. Tria- naé). — Hybride exposé par MM. Veitch, au meeting de Londres du lo mars. Ses fleurs sont d'un colons orangé clair (Certificat de Mérite). DENDROBIUM x DORIS (D. Leechianum X D. monilifurme). — Hybride exposé par M. Norman C. Cookson, au meeting de Londres du lo mars. Ses fleurs sont blanches et rappellent le D. X Cassiopc (Certificat de Mérite). * DENDROBIUM x CASSIOPE VIRGINALE. — Variété nouvelle exposée à Londres par M. Norman C. Cookson (Certificat de Mérite). * * * DENDROBIUM x DULCE, OAKWOOD VAR. — Nouvelle variété à fleurs roses, exposées par M. Norman C. Cookson, au meeting de Londres du lo mars (Certificat de Mérite). l6 AVRIL 1896 43 DENDROBIUM x KENNETH (D. Bensoniae X D. Maccarthiaé). — Hybride obtenu par M. Norman C. Cookson et exposé au meeting de Londres du 10 mars (Certificat de Mérite). DENDROBIUM x HAROLD (D. Findlayanum X D. Linawianmn). — Exposé par M. Norman C. Cookson, au meeting de Londres du 10 mars, * * * DENDROBIUM x WIGANIAE {D. signatum X D. nobile). — Hybride exposé au meeting de Londres du 10 mars par Sir Frederick Wigan. Les fleurs sont d'un jaune primevère pâle, avec une macule pourpre sur le labelle. * * * ODONTOGLOSSUM CRISPUM VAR. ARTHURIANUM. - Cette nouvelle variété, exposée par M. W. Vanner, au meeting de Londres du 10 mars, peut être rangée parmi les plus belles connues. Elle a obtenu un Certificat de i""' classe. DENDROBIUM x FINDLAYANO-WARDIANUM. - Hybride exposé par M. Elijah Asworth, au meeting de Londres du 10 mars. CYPRIPEDIUM X WOTTONI (C. callosnm X C. bellatulum). — Hybride exposé par M. R. L Mrasures, au meeting de Londres du 10 mars. Il est à remarquer que sir Trevor Lawrence présentait en même temps le même semis sous un autre nom (voir plus haut). * CYPRIPEDIUM X WINNEANUM (C. villosum X Druryi). — Hybride de la même collection que le précédent. * * * ODONTOGLOSSUM x WILCKEANUM VAR. FUSCUM. — Nouvelle variété introduite par MM. Linden et exposée au meeting de L'Orchidéenne du 9 février. Le coloris de fond des fleurs est un jaune soufre très distinct (Diplôme d'Honneur de i''^ classe). * * DENDROBIUM x MURRAY {D. albo-sanguineum x D. nobile). — Hybride exposé par M. Norman C. Cookson au meeting de Londres du 24 mars. Il a 44 LE JOURNAL DES ORCHIDEES les fleurs bien formées, de consistance cireuse, avec le disque de labelle pourpre foncé (Certificat de Mérite). DENDROBIUM x DULCE VAR. PICTURATUM. — Nouvelle variété curieuse, à fleurs panachées et striées de rose et de blanc. Elle a obtenu un Certificat de Mérite au meeting de Londres du 24 mars, où elle était exposée par M. NoKMAN C. Cookson. DENDROBIUM x ASTREA (D. Intcolnin X D. crassinode). — Hybride obtenu par M. Norman C. Cookson et exposé à Londres le 24 mars. * DENDROBIUM NOBILE ARNOLDIANUM. — Nouvelle variété exposée par 1\L Norman C. Cookson, au meeting de Londres du 24 mars. Les sépales latéraux portent une large bande pourpre transversale. * CATTLEYA SCHRODERAE VAR. CALOGLOSSA. ~ Curieuse et belle variété à grand labelle portant au bord antérieur une large macule couleur lavande. Certificat de Mérite au meeting de Londres du 24 mars (MM. Veitch). Max Garnier. l'Époque du repos (Suite, voir p. 17) Nous terminions notre précédent article en parlant des Odontoglossum, et nous disions que l'époque la plus favorable pour les mettre en repos est l'été. La culture des Odontoglossum crispum, lufeo-purpureum, odoratum, Rùckeri, etc. est bien connue à l'époque actuelle, et tous nos lecteurs sans doute sont au courant de ses exigences. Selon qu'on les mettra en végétation pendant l'hiver ou pendant l'été, on rencontrera des difficultés diverses : en été, la tempéra- ture est trop élevée, l'atmosphère trop sèche, et il est difficile de procurer à ces plantes alpines la fraîcheur qui leur convient, même en les logeant dans une serre exposée au Nord. En hiver, d'autre part, on pourra craindre qu'elles ne manquent de lumière. Et puis, comment faire pour les maintenir en repos pendant l'été? l6 AVRIL 1896 45 Ces difficultés sont cependant faciles à surmonter. Les Odontoglossum froids resteront facilement au repos en été si l'on ne leur donne pas beaucoup d'humidité. L'air chaud et sec est peu favorable à leur végétation, et si l'on se borne à humecter le compost de temps en temps pour empêcher les pseudo-bulbes de se rider à l'excès, les plantes passeront cette période à l'état dormant. Il arrivera peut-être que quelques feuilles tomberont; mais si l'élégance des plantes en est un peu déparée, nous imaginons que la végétation n'en souffrira nullement. Il est absolument normal qu'à la fin de chaque saison la vie se retire peu à peu des organes anciens, une fois ceux-ci bien mûris; ces organes passent alors à l'état de réserve, et après la période de repos nécessaire pour que l'assimilation des sucs qu'ils ont absorbés s'effectue convenablement, toute l'activité se porte vers les nouvelles pousses et la nou- velle floraison, avec une vigueur plus grande assurément que si une partie de la sève était détournée pour entretenir les organes anciens et achevés. On ne peut s'empêcher de penser, à ce propos, aux Vanda et Angraecum dont les hautes tiges, superbement garnies de feuilles, font l'orgueil des collec- tions d'élite. Il y a là évidemment une difficulté vaincue, et la preuve d'un traitement soigneux et habile. Mais cette élégance est-elle bien conforme à la nature. Il est fort probable que non. Les grands exemplaires de Vanda et d'Angraecum qui croissent à l'état naturel ont les tiges très dégarnies à la base, et ne s'en portent pas plus mal. On ne peut parvenir à conserver les feuilles très longtemps après leur formation, qu'à la condition de réduire au minimum le repos de la plante, de ne laisser jamais la vie se retirer complètement du bas de la tige, et par conséquent de ne la laisser jamais se porter exclusivement vers le sommet, vers la partie qui croît. Il en résulte forcément que la végéta- tion est plus lente, et vraisemblablement la floraison plus rare. Revenons aux Odontoglossum. Nous 'avons montré qu'il serait facile de les mettre en repos pendant l'été. Il reste à considérer s'ils peuvent bien végéter l'hiver; or sur ce point, la preuve est faite, croyons-nous, depuis longtemps. Actuellement déjà, il est très général de rencontrer ces plantes en pleine végé- tation l'hiver aussi bien que l'été, la plupart des cultivateurs leur donnant peu de repos, et répartissant ce repos à diverses époques de l'année, tantôt à l'automne, tantôt en été ou en hiver. Aucune difficulté particulière ne s'oppose à l'adoption de ce mode de traite- ment. En ce qui concerne la température, il faudra chauffer bien peu pour maintenir dans la serre une moyenne de 6" à 8" C, et combattre les gelées 46 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES nocturnes. Les plantes auront assez de lumière pourvu qu'on ne couvre jamais les serres, et surtout qu'on n'y place jamais de paillassons; et quant à l'aération, on pourra la pratiquer toutes les fois que le thermomètre extérieur marquera 5° ou 6°. Pour montrer que ce traitement est non seulement possible, mais favorable aux plantes, il nous suffira de rappeler notamment ce qu'écrivait M. J. Mac Pherson dans un article de V American Florist que nous avons traduit partielle- ment (voir vol. VI, p. 205) : « Les meilleures pousses que j'aie vues à des formes méridionales d'Odontoglossuin crispnm avaient été développées en hiver dans une serre chaude... » Il est clair que l'expression « serre chaude » peut donner lieu à quelques réserves. Il ne s'agit pas ici de ce que l'on appelle de ce nom dans la classifica- tion courante des diverses catégories de serres, de ce que les Anglais appellent serre indienne. Cela signifie simplement : une serre chauffée. Et l'on objectera peut-être que ce chauffage, si modéré qu'il soit, constitue un supplément de frais. A notre avis, il est largement compensé, d'une part, par une grande économie sur la main-d'œuvre considérable exigée par les arrosages d'été, d'autre part, par l'obtention d'une floraison plus abondante, et qui aura d'autant plus de prix qu'elle se produira pendant la mauvaise saison. Pour nous il n'est pas douteux que le plus grand écueil dans la culture des Odonto- glossum de serre froide consiste dans l'épuisement que leur cause la végé- tation, forcée en quelque sorte, dans l'air chaud et desséchant de l'été. Et en ce qui concerne la lumière, peut-être en ont-ils moins encore pendant les mois chauds, où l'on est obligé de les abriter constamment contre le soleil brûlant, qu'ils n'en auront pendant l'hiver. G. Touret-Grignan. LES ORCHIDEES A KEW [Suite, voir p. 28) Un autre article éditorial publié en 185g dans le Gardeners' Chronicle (alors dirigé, comme on sait, par le D"^ Lindley), renfermait les passages suivants, qui présentent au point de vue historique un intérêt considérable : « Des plantes que l'on considérait en 1820 comme inpossibles à cultiver ont l6 AVRIL 1896 47 été gouvernées aussi facilement que des Bruyères et des Fougères. A cette époque on ne trouvait au Jardin royal botanique de Kew, dans lequel les colonies britanniques avaient déversé leurs trésors depuis un quart de siècle, que les Cymbidiiini sinense et aloifoliuui, V Epidendriim cochleatum, le Rodrigiiezia secunda, VOncidium altissimum et quelques espèces plus vulgaires, qu'il était plus difficile de tuer que de conserver en vie. Maintenant on peut aller où l'on veut, ces plantes abondent tellement que l'on en entend crier certaines espèces dans les rues de Londres. « Néanmoins, il faut reconnaître que si certaines réussissent admirablement, d'autres échouent d'une façon déplorable, et nous commençons à découvrir qu'après tout, les épiphytes demandent un traitement un peu conforme à leur nature particulière. Ce n'est pas tout de les lier sur un bloc de bois, ou de les empoter dans du peat, des feuilles ou des tessons de pot, ou d'entretenir l'atmosphère autour d'elles constamment humide, comme certaines personnes l'imaginent... Il y a des Orchidées qui croissent sur des arbres, d'autres sur des pierres, beaucoup sur le sol même. Les unes se chauffent en plein soleil brûlant, d'autres réussissent à merveille dans les clairières des forêts touffues, ou s'attachent aux branches des arbres. II existe aussi des races de régions élevées qui ne peuvent prospérer que sur le flanc des montagnes, où les nuages produisent des condensations continuelles, ou qui s'étendent au delà des limites de la végétation alpine, comme par exemple VEpidcndrum frigidnni, qui croît sur des rochers humides à peu de distance au-dessous des limites des neiges éternelles. Les curieux Masdevallia se rencontrent dans un climat à peine plus doux, et sur leiys traces vont les Pleurothallis, Odontoglossum, Stelis, Pachy- phyllum, Epidendrum et Telipogon. « L'auteur des Orchidaceae Lindenianae a recueilli à ce sujet des faits curieux, lorsqu'il a traité des espèces qui habitent la portion septentrionale de l'Amé- rique du Sud, aujourd'hui nommée Colombie. « On y trouve, écrit-il, une espèce d'Epidendrum à un endroit où la température moyenne annuelle est d'environ 4°5 C, où il n'existe plus d'arbres, mais seulement des pâturages, et où il neige parfois. Cela serait incroyable si ce n'était pas rapporté par un témoin aussi digne de foi que M. Linden, si nous ne savions pas par le pro- fesseur Jamieson qu'un Oncidium (0. nubigenum), se rencontre au Pérou à une élévation de 4200 mètres, et rarement plus bas. M. Linden nous apprend que sa plante, qui vit à peu de distance des neiges éternelles, est recouverte entière- ment, y compris les fleurs, d'un vernis qui est peut-être destiné à la protéger. 4® LE JOURNAL DES ORCHIDÉES « Il est remarquable que tous les Epidendrum, à part un seul, se rencontrent à une altitude de plus de 1500 mètres, et forment une chaîne continue d'espèces jusqu'au niveau de VE. frigidnm. Mais ce sont les Pleurothallis qui se ren- contrent principalement dans ces régions élevées : les Masdevallia, Restrepia, Pleurothallis et Stelis constituent les spécimens les plus remarquables de la flore orchidéenne jusqu'au point où la température moyenne s'élève à 13° C, et où ils commencent à disparaître. Le genre Odontoglossum paraît aimer moins la chaleur que son proche allié le genre Oncidium, car on en trouve une espèce dans une région où la température moyenne n'est que de 9°, 5 C, et où il gèle même quelquefois; les autres sont dispersées sur les flancs des mon- tagnes, et à l'extrême limite de leur habitat la température moyenne atteint 24°, sans jamais dépasser 26°5 ni tomber au-dessous de 13°. Dans les pays chauds au niveau de la mer il semble que les Orchidées ne peuvent pas vivre. » Reprenons notre citation de la Hand-list of Orchids cultivated at Kew : « Le premier grand progrès dans la culture des Orchidées fut le chauffage des serres au moyen de tuyaux d'eau chaude; ce procédé fut employé pour la première fois sur une petite échelle par M. Anthony Bacon, à Aberaman, et plus tard à Elcot, près Newbury, On dit que l'inventeur était un M. Atkinson. M. Veitch résume dans les termes suivants les principaux caractères de la méthode moderne : « Des constructions plus vastes et plus aérées, avec des compartiments séparés pour les climats différents (et même des serres séparées, pour les grandes collections); une température moyenne plus basse; plus d'air et de lumière; enfin un meilleur système de chauffage, d'ombrage et de ventillation. » , Il faut cependant admettre qu'un certain nombre d'espèces refusent encore de se plier aux conditions de la culture en serre. Le Cattleya citrina, beaucoup d'Oncidium, le superbe Dendrobium Maccarthiae de Ceylan, en sont des exemples familiers à tous les cultivateurs d'Orchidées. Toutefois une espèce qui est ordinairement considérée comme intraitable, le Diacrium bicornutum, a toujours été cultivée à Kew sans grande difficulté. En revanche, il paraît impossible d'y cultiver le Disa grandijlora avec le même succès qu'on le fait à Edimbourg et à Chatsworth. (Sera continué). l6 AVRIL 1896 49 EXPOSITIONS RÉCENTES Les deux derniers Meetings de L'Orchidéenne, à Bruxelles, ont obtenu un très grand succès, et permis aux amateurs d'admirer beaucoup de nouveautés très remarquables. On trouvera la description des principales d'entre elles dans notre Revue des Orchidées nouvelles ou peu connues; nous nous bornerons donc à citer ici la liste des récompenses décernées : MEETING DU 9 FÉVRIER Diplômes d'Honneur de i^^ classe, aux Cypripedium X M"^ Jeanne Voortman, de M. MoENS, à l'unanimité, par acclamation ; Cypripedium X Madame Hye, de M. MoENS, à l'unanimité, par acclamation; Cypripedium x Albertianum, de M. MoENS, à Vunanimité, par acclamation; Cypripedium sp., de M. Madoux, à l'unanimité, par acclamation ; Cypripedium x Lathamianum rex, de M. Moens, à l'unanimité, par acclamation; Odontoglossum Rossi var. Madame Pauwels, de M. Fl. Pauwels, à l'unanimité, par acclamation; Odontoglossum sp., de M. LiNDEN, à l'unanimité, par acclamation ; Laelio-Cattleya x Ghislaine, de M. A. Van Imschoot; Odontoglossum sp., de M. Cahuzac; Odontoglossum sp., de M. Linden; Odontoglossum sp., de M. Linden ; Odontoglossum sp., de M. Linden; Cypripedium x ledeense, de M. Moens; Cypripedium X Vésuve, de M. Moens; Cypripedium x Madeleineae, de M. Madoux. Diplômes d'Honneur de 2.^^ classe, aux Cypripedium insigne var., de M. Madoux; Epidendrum X Endresio-Wallisi, de M. Van Imschoot. Certificats de Mérite de i" classe, aux Cattleya chocoensis alba, de M. H. Knight, à l'unanimité; Laelia anceps Sanderiana, de M. Van Imschoot, à l'unanimité; Cypripedium x Sénateur Montefiore, de M. Madoux; Cypripedium insigne var., de M. Madoux ; Cypripedium x Charlesianum, de M. Madoux; Cypripedium memoria-Moensi, de M. Madoux; Cypripedium Charlesworthi, de M. Cahuzac; Cattleya Trianae alba, de M. De Lombaerde; Phalaenopsis Schilleriana, de M. Fl. Pauwels; Odontoglossum Riickeri, de M. Barbier; groupe de Cypripedium Lawrenceanum, de MM. Lucien Linden et C'^, 50 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Certificats de Mérite de z^^ classe, aux Laelia Gravesiae, de M. Madoux; CaUleya Trianae, de M. Knight; Cattleya Trianae, de M. De Lombaerde; Cattleya Trianae, de M. Fl. Pauwels. MEETING DU 8 MARS Diplôme d'Honneur de i"^^ classe, à l'Odontoglossum x rubiginosum, de M. LiNDEN, à V unanimité . Diplôme d'Honneur de 2'"« classe, au Cypripediwn hybride, de M. Miteau. Certificats de Mérite de i^^^ classe, aux Cattleya Trianae, de M. Ch. Van Wambeke; Cypripedinni x Lathamianum var. inctirvum, de M, Van Cauwe- laert; Cypripedium x fascinator, de M. Linden; Cattleya Trianae var. atrata, de M. Linden; Odontoglossmn Rnckeri var., de M. Van Cauwelaert; Dendrobiuni formosum giganteiim, de M. Knight; Odontoglossum crispnm var., de M. Knight; Cattleya Trianae var. alba, de M. Madoux. Certificats de Mérite de 2"^^ classe, aux Cypripedium x Calypso, de M. Ch. Van Wambeke; Odontoglossum crispnm var., de M. Barbier; Cattleya Trianae, de M. Van Cauwelaert. Certificats de Belle Culture de i"^^ classe, aux Cattleya Trianae, de M. Ma- doux; Odontoglossum pulchellum, de M. Ch. Van Wambeke; Rodriguezia Lin- deni, de M. Linden. Certificats de Belle Culture de 2""^ classe, aux Cypripedium Lindleyanum, de M. Pauwels; Cypripedium Argus, de M. Linden. L. L. * * SOCIÉTÉ nationale D'HORTICULTURE DE FRANCE Parmi les présentations faites le 12 mars par les membres de la Société, on remarquait plus particulièrement un superbe pied de Vanilla aromatica (V. planifolia), apporté par M. Bultel, jardinier chez M. le baron F. Seillière, et qui portait cinquante-sept gousses de graines. Cette plante a reçu une prime de i""^ classe avec félicitations du jury. M. Chantrier exposait un superbe Eulophiella Elisabethae (Prime de i" classe). M. Thibaut, diverses Orchidées, dont la bonne culture lui a valu des primes de i""^ et de a*" classe. i6 AVRIL i8g6 51 A la séance du 26 mars, nous avons remarqué : De M. Cappe : un excellent Cattleya Trianae var. Seiiionicnsis, à grandes fleurs bien formées, ayant la macule pourpre du labelle très foncée, et un Odonioglossuin Ruckeri remarquable, ayant les sépales d'un gris rosé sombre, largement maculé de chocolat, et les pétales blanc rosé clair bordé de jaune, relevés de gros points d'un rouge brun très vif (Prime de i""^ classe). De MM. Dallemagne et C'*" : Un bel Odontoglossum crispuni Trianae, à grandes fleurs bien faites et bien maculées ; VO. crispuni Jîimelianwn, variété d'une beauté exceptionnelle, portant sur chaque segment une très large macule rouge sombre ; enfin un Odontoglossum hybride très distinct, rappelant VO. elegans, et très tacheté de brun foncé sur fond jaune vif. Le Comité a décerné à ce groupe une prime de 1'"'= classe avec félicitations spécialement pour VO. crispum Jiimclianiun. De M. DuvAL : un groupe important et choisi dans lequel on remarquait spécialement : le Cattleya Trianae Mariae, à segments très pâles, avec une macule d'un violet vineux presque indigo, sur le bord antérieur du labelle; un grand Miltonia Roezli, à fleurs très brillamment colorées; une variété curieuse d' Odontoglossum triumphans, présentant quelques particularités qui rappellent un peu VO. sceptriim ; les Cypripedium Cnrtisi, villosum, Boxalli, Lawrenceanum, Charlesworthi , Dendrobiuni Wardianuui, Phalaenopsis Schilleriana, Odontoglossum Rossi, un excellent O. crispum. Le Comité a décerné au groupe une prime de 2^ classe, et deux primes spéciales de i""^ classe au Cattleya Trianae Mariae et au Miltonia Roezli. M. Cardozo exposait les Cypripedium x Celia et C. Haynaldianum (Prime de 3^ classe). M. Lesueur avait un Odontoglossuin triumphans et un O. crispum bien fleuris, et un Mesospinidium vulcanicum (Prime de 1'''= classe). M. Opoix présentait un Cymbidium Lowianum, portant trois tiges florales, et ayant le labelle bien coloré (Prime de 2^ classe). M. Ragot exposait le récent et curieux Coelogyne Sanderae, un beau Cattleya Schrôderae et un excellent C. Luddemanniana, à labelle très grand et très coloré (Prime de i"^^ classe). G. T. 52 LE JOURNAL DES ORCHIDEES PETITES NOUVELLES PETITE CORRESPONDANCE POUR RAPPEL. — Le prochain meeting, et le banquet annuel, de L'Okchidéenne ont lieu dimanche 19 avril prochain. LE SYNDICAT CENTRAL DES HORTI- CULTEURS DE FRANCE a procédé, dans une de ces dernières séances, à l'élection des membres sortants du bureau et du conseil. A la suite de ces élections, le bureau se trouve ainsi constitué pour 1896 : Président : M. Eugène Delavier; premier Vice-Président : M. Gabriel Debrie ; Vice- Présidents : MM. Gentilhomme et Housseaux ; Secrétaire-général : M. Henri Theulier fils; Secrétaire-adjoints : MM. Brault et Volfrid; Archiviste, M. Victor Delavier; membres du Conseil : MM. Bignon, Billiard, Bories, Emile Boullet, Charron, Charles Groux, Camille Jessin, Maxime Jobert, Tjssot et Truffaut. UN CAS DE DÉDOUBLEMENT curieux, qui s'est produit dernièrement à Londres dans la célèbre collection de sir Trevor Lawrence, permet de se faire une idée des surpiises que nous réserve Thybàdation. L'honorable Président de la Royal Horticul- tural Society a exposé au meeting du 10 mars un Cypripedium hybride, le C. X coucolawre vai'. Janus, qui présente une particularité singulière. Il est partagé, au point de vue du coloris, en deux formes bien distinctes : le labelle, un pétale, et la moitié du sépale dorsal sont rose pourpré comme à l'ordinaire; l'autre pétale et l'autre moitié du pavillon sont jaune et blanc, veiné de vert. On a déjà constaté dans les hybrides plusieurs variations curieuses se produisant, soit sous la forme de retour à l'un des parents, soit sous la forme de panachures accidentelles ou plus ou moins fixes (notamment le C. X Harrlsianiim polychromtnn). Le cas actuel est plus bizarre en- core, et s'il se perpétue il pourra être cité comme une véritable curiosité. Il est bien probable que l'hybridation donnera lieu à beaucoup d'autres observations analogues, maintenant qu'elle est pratiquée sur une grande échelle. UN ODONTOGLOSSUM CRISPUM exposé à un récent meeting de la Société Royale d'hor- ticulture de Londres par M. Welbore S. Ellis, de Dorking, portait 65 fleurs sur une seule grappe ayant onze ramifications. Cette superbe plante a reçu un certificat de culture. UN VANDA LOWI qui figure dans la collec- tion du Val, près St-Germain en Laye, d.'rigée par M. Jean Sallier, portait à la dernière saison cinq longues tiges florales. LA SOCIETE FRANÇAISE D'HORTICUL- TURE DE LONDRES à donné, le 11 janvier, son banquet annuel, qu- a obtenu un très grand succès. L'assistance était nombreuse ; des discours ont été prononcés par MM. Harman Payne, Georges Schneider et H. J. Cutbush. La Société fêtait en cette occasion le septième anniversaire de sa fondation. Ces sept années ont été bien et utilement remplies. J. DE V. — Les fleurs sont arrivées trop fanées pour qu'il soit possible d'émettre une appréciation quelconque sur leur identité. Il y a beaucoup de fleurs d'Orchidées qui supportent parfaitement un long voyage, et beaucoup même qui seraient aisément reconnaissables si l'on les expédiait déjà fanées; mais des fleurs minuscules comme celles de votre plante sont trop vite desséchées et méconnaissables. En pareil cas, le mieux serait de les envoyer dans un petit flacon d'alcool, et autant que possible d'en faire un petit dessin agrandi à l'aide d'une loupe, en indiquant les couleurs. L. L. L'HORTICULTURE INTERNATIONALE (SOCIÉTÉ ANONYME,! PARC LÉOPOLO. — BRUXELLES. PLANTES NOUVELLES D'INTRODUCTION DIIIECTE MISE AU COMMERCE, POUR LÀ PREMIÈRE FOIS, A PARTIR DU 1 ' JUIN 1896 Le catalogue descriptif des plantes nouvelles paraîtra très prochainement Adiautum Claesianum Adiantum lineatum Adiantum masaïcum Bégonia Faureana Begor.ia Faureana var. metallica Caladium adamantinum Caladium lilliputiauum Cyrtosperma ferox Dichorisandra angustifolia Dieffenbachia meleagris Geonoma Siesmayeriana Hoemauthus Lindeni Heliconia spectabilis Labisia smaragdiua Micouia vesicaria Philodendron Devansayeanum Philodendron robustum Plectocoma criuita Sonerilla M'"'^ Cahuzac Sonerilla M"'" de Brezetz Sonerilla M'"^ du Toict Sonerilla M""" Treyeran Tradescantia delicata Tradescantia superba La plupart de ces plantes ont fait partie du Grand Lot de plantes nouvelles vainqueur à l'Exposition Interna- tionale d'Horticulture de Paris en 1895. 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DALLEMAGNE et C'^ à Rambouillet. ^^^^ SOMMAIRE DU US"' NUMERO : Petites notes sur les Orchidées d'amateur Le colleclafi:e des Orcliidées Une nouvelle série (rOdontoglossum. . . 53 55 59 Les Coelogyne 61 Etudes de botanique élémentaire sur les Orchidées 64 Petites nouvelles et petite correspondance ... 67 PERE^ & FILS 16, Rue d'Algérie, 16 161 Prix d'honneur et Médailles Lf, Catai,oi;iie Général des GRAINES et AlTKKS ARTICLES, 120 pages, SOUS riclie couver- ture, illuslré de 20(» gravures, contient lo La liste dos !>iouvvuutcx intéressantes. 2" La liste des (il aines de Lcyuincs. S" La liste des Graines civ fleurs. 4" La liste des Graines pour prairies et pelDiises. 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Nous avons eu en fleurs (l;iiis lu seconde moitié du mois de mars des variétés (provenant d'une précédente iinporhition) tout à fuit remarquables. Nous le recommandons très chaudement à nos clients. Plantes vigoureuses, bien saines et dans de très bonnes conditions à 10, 15 et 25 francs. Quelques beaux exemplaires, extra forts, sont disponibles à 40 et 60 francs. l" MAI 1896 53 PETITES NOTES SUR LES ORCHIDÉES D'AMATEUR DENDROBIUM SARMENTOSUM Rolfe. — Nouvelle espèce originaire de la Birmanie, et qui avait reçu un certificat botanique au meeting de Londres du II février sous le nom provisoire de D. fragrans ; il paraît qu'elle avait déjà fleuri à Kew au mois de mai 1895, et elle vient d'y refleurir au milieu de février. Les fleurs, produites solitairement ou par paires le long des pseudo-bulbes, sont petites et peu remarquables. Elles sont blanches, avec une macule jaune à la gorge du labelle et quelques stries rouges sur les lobes latéraux; leur dia- mètre est de 2 Y2 centimètres. Leur principal mérite consiste dans leur parfum, qui est aussi puissant et aussi agréable que celui de la violette. La plante a les pseudo-bulbes prolifères, minces, assez analogues à ceux du D. Falconeri. Gard. Chron., 22 février, p. 240. * * * BULBOPHYLLUM LOBBI. — Parmi les curieuses espèces dont se com- pose le genre Bulbophyllum, celle-ci est incontestablement l'une des plus étranges, et aussi l'une des plus remarquables par la grandeur de ses fleurs. Celles-ci sont solitaires, portées par une tige dressée ; elles ont les sépales d'un jaune d'or, le dorsal ponctué de pourpre extérieurement, et les latéraux tachetés de rose pourpré au centre; le labelle, plus court que les autres segments, a une forme oblongue aiguë, réfléchie; il est articulé à l'extrémité d'un onglet assez long; son coloris est jaune, taché de pourpre. Originaire de Java, le B. Lobbi doit être cultivé en serre chaude, avec beaucoup d'humidité. * * ONCIDIUM LAMELLIGERUM. — Ce superbe Oncidium appartient à la section des Oncidium à grandes fleurs et à petit labelle, nommée par Lindley microchila, et correspondant au genre Çyrtoçhiluui de Kunth. Il est assez voisin 54 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES des O. serraium et 0. superbiens, qui sont peut-être plus connus; mais le plus populaire de ce groupe est l'O. macranthnm. Ses grappes longues et ramifiées portent un nombre considérable de grandes et splendides fleurs, qui ont les pétales fortement ondulés, d'un jaune clair, avec plusieurs larges macules transversales brunes à la base, allant en dimi- nuant jusqu'à la moitié de la longueur à peu près; les sépales sont d'un brun vif rappelant celui de l'O. crispum, et sont bordés de jaune, très nettement limité surtout sur le sépale dorsal. Le labelle a les lobes latéraux pourpre violacé foncé et le lobe antérieur un peu plus clair. Ces trois organes sont triangulaires aigus, et affectent la forme de cornes droites. Cette espèce se cultive en serre froide, comme ses congénères de la même section; elle a des pseudobulbes volumineux espacés sur un rhizome traçant. * * * ODONTOGLOSSUM HRUBYANUM. — La plante désignée parfois sous ce nom est une variété de l'O. cirrhosum, dédiée au Baron Hruby de Gelenge, l'éminent amateur autrichien que le Journal des Orchidées a présenté l'année dernière à ses lecteurs. L'O. cirrhosum est une des espèces les plus populaires et les plus belles de la serre froide. Ses fleurs sont très grandes, surtout dans la variété giganteum introduite il y a deux ou trois ans en Belgique, et présentent un coloris des plus brillants qui soient. Les pétales, les sépales et le labelle sont blancs, et portent de nombreuses macules rondes d'un marron pourpré magnifique. Les fleurs apparaissent principalement en avril-mai. *• CYPRIPEDIUM X NITENS. — Ce superbe hybride est issu, comme on le sait, du croisement C. villoswn x C. insigne Maulei. Le C. villosum a donné avec le C. insigne d'autres produits; notamment le C. Sallieri a indubitable- ment cette origine. Mais la variété de C. insigne qui a produit le C. x nitens était évidemment très différente et richement maculée. J'imagine que le même croisement donnerait à peu près le même résultat, si l'on le recommençait avec une des magnifiques variétés du groupe montanum qui ont fait leur réapparition depuis un ou deux ans. Dans le C. x nitens, les pétales et le sabot rappellent assez exactement le C. villosum et ne diffèrent guère du C. x Lathamianum ; mais le pavillon, formant un large ovale rétréci à la base et très ondulé sur les bords, d'un beau vert pomme au premier tiers et blanc pur jusqu'au sommet, orné de grosses l^"' MAI 1896 55 stries brun violacé en lignes longitudinales, a un cachet très distinct et très remarquable. La fleur dans son ensemble rappelle bien le C. insigne, mais avec une forme plus allongée et plus distinguée. * * * ZYGOPETALUM x CLAYI. — C'est un des rares hybrides du genre, et il est issu du Z. crinitum et du Z. maxillare, c'est-à-dire de deux espèces assez analogues comme forme et comme coloris, et qui représentent bien le type le plus répandu des vrais Zygopetalum. Ce genre, en effet, se divise très nettement (au point de vue horticole tout au moins) en sections faciles à reconnaître, et qui avaient même été considérées par divers auteurs comme formant des genres différents : Pescatorea, Bollea, Huntleya, etc. Le Z. X Clayi a été obtenu en 1887 par le colonel Clay, dont il porte le nom. Il est évidemment assez voisin des autres hybrides produits jusqu'ici dans le même genre, et dont deux proviennent du Z. maxillare : le Z . x Sedeni, issu du Z . Mackayi, le Z . x pcntachromum, issu des deux mêmes espèces par le croisement inverse du précédent, et enfin le Z. x Perrenoiuli, hybride obtenu en France par l'amateur regretté dont il porte le nom, et dérivé du Z . intermedium et du Z. Gautieri. Mas de Vallia. LE COLLECTAGE DES ORCHIDEES Nous extrayons d'un ouvrage récemment publié par M. Rodway sous le titre In the Guiana forest les intéressants passages suivants : « En passant un jour le long d'une crique, il nous arriva une aventure qui nous donna à penser. Nous collections des Orchidées, et nous aperçûmes, sur un arbre surplombant l'eau, une forte touffe d'Oncidiuin altissimnni, dont les longues tiges florales, chargées de fleurs jaunes analogues à des papillons, pendaient gracieusement dans toutes les directions. C'était une plante magni- fique, qui avait plus de l'^ao de diamètre, et dont les panicules s'élevaient à une hauteur de 3'"5o. « Il est inutile de dire que nous voulûmes l'avoir pour notre collection, et que nous envoyâmes un des hommes du bateau pour la descendre avec tous les soins possibles. Seulement, ceci était plus facile à dire qu'à faire, car d'abord 56 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES la plante était solidement fixée à l'arbre; secondement, elle était enlacée, en quelque sorte, d'une quantité de cordages de lianes; enfin elle était plus ou moins encastrée dans un amas de branches. Muni d'un coutelas, le nègre grimpa jusqu'à sa hauteur et se mit à attaquer les obstacles, mais presque aussitôt il redescendit au galop, en se frottant les mains et le visage, et en secouant de ses vêtements toute une fourmilière. En regardant le haut de l'arbre nous pûmes constater qu'en attaquant la plante il avait fait sortir sa garnison, qui couvrait entièrement toutes les feuilles et les tiges florales, et qui avait fait descendre le nègre si précipitamment. « Nous ne raconterons pas en détail comment nous finîmes par nous procurer la plante; disons seulement que les fourmis nous retinrent dans la baie pendant une bonne demi-heure avant qu'il nous fût possible de faire tomber la plante dans l'eau; il fallut alors nous débarrasser des insectes mordants en enfonçant toute la touffe sous l'eau au moyen d'un long bambou, et en maintenant notre bateau au milieu du ruisseau pour les empêcher de revenir à bord. Quand les racines eurent été bien mouillées, l'eau se couvrit de paquets noirs, et nous eûmes beaucoup de peine à empêcher les insectes de monter le long du bambou. « Maintenant on voyait plusieurs insectes de plus grande taille à la nage sur l'eau; nous reconnûmes des cancrelas , qui finirent par s'enfoncer avec les fourmis; mais nous n'avions pas encore délogé tous les occupants; nous vîmes encore un grand scolopendre qui se débattait dans la masse, et, comme on peut le penser, nous ne nous empressâmes pas de prendre la plante avant d'être sûrs que c'était le seul hôte de cette espèce auquel elle donnait asile. « Quelqu'un de notre groupe fit remarquer que ces habitants formaient une heureuse famille; mais nous ne pouvions pas partager son avis, s'il entendait par là qu'ils vivaient en paix les uns avec les autres. Nous nous trouvons en présence du grand problème des relations par lesquelles les plantes dépendent des éléments naturels, les animaux des plantes, et les plantes aussi d'autres animaux. C'est grâce au sol, à l'eau, à l'air et à la lumière que l'arbre géant s'était élevé près de la baie, et sur lui avait poussé l'élégant Bignonia, dont les fleurs allongeaient sur un grand espace leurs grappes si gracieuses et dont les tiges s'étendaient comme des cordes de la base jusqu'au sommet. Sur une fourche de l'arbre, au milieu des lianes, l'Orchidée avait trouvé un habitat propice, où elle grandissait et prospérait depuis des années, en produisant une forte masse de racines où l'immense tribu des fourmis trouvait un asile com- mode. Peut-être la plante aur.iit-elle pu vivre sans ces hôtes, mais il est beau- l" MAI 1896 57 coup plus probable qu'elle devait surtout sa prospérité à ces petites créatures. Car elles étaient là du consentement de la plante, et en retour de cette hospi- talité, elles se chargeaient d'éloigner les ennemis de l'Orchidée, parmi lesquels l'un des plus acharnés était le cancrelas. « Mais comment se fait-il que ces insectes pouvaient s'installer là? Nous ne pouvons supposer qu'une chose, c'est que la plante avait exercé une attraction sur eux, et qu'ils n'avaient pas encore été capturés. Car on ne peut pas sup- poser que le cancrelas, cet insecte omnivore, renoncera à dévorer une nourri- ture délicieuse par la seule raison que ses ennemis s'y sont établis avant lui. Au contraire, ne serait-ce pas une des causes de l'empressement des fourmis à établir leur siège dans les racines de l'Orchidée? 11 est certain que le cancrelas irait là où il trouverait sa nourriture, et il est également certain que les fourmis en feraient leur proie. Et que dirons-nous des scolopendres? Comme les fourmis, ils aiment à se repaître d'un gras cancrelas, et s'ils étaient venus là, c'était dans l'espoir d'en trouver un. « C'est ainsi que les uns vivent aux dépens des autres, et nous pourrions en citer d'autres exemples. L'arbre en question était un Vochysia, qui déployait à une grande hauteur un rideau jaune, car il était littéralement couvert de fleurs dorées, sur lesquelles butinaient des centaines de papillons couleur soufre, empressés à recueillir le nectar, et qui accomplissaient en même temps le grand œuvre de la fécondation. Cet arbre attire l'attention à une grande distance; les papillons sont attirés vers lui dans l'espoir d'y trouver leur nourriture; en suçant le nectar ils fécondent la fleur, et assurent ainsi la pi'opagation de l'espèce. Ainsi il pourrait facilement arriver (quoique nous ne puissions pas dire s'il en était ainsi dans ce cas particulier) que l'insecte eût passé la première phase de son existence sur le même arbre. Le papillon suce le nectar, puis dépose ses œufs sur la face inférieure des feuilles ; bientôt prennent naissance une légion de larves qui vont répandre partout la dévastation, en laissant peut-être l'arbre presque dépouillé de ses feuilles. Mais cela ne lui fait guère plus de tort qu'une taille un peu brutale; il n'en fleurit que plus abondamment, et produit d'autant plus de nectar pour l'insecte parfait. « Si nous passons à la phase suivante, nous voyons que la graine produite grâce à l'intervention du papillon attire pendant le jour les oiseaux et les singes, pendant la nuit des chauves-souris dans l'air et des rongeurs au pied de l'arbre. Les premiers dévastent les branches, se querellent et se battent pour s'emparer des fruits, et en font tomber des milliers qui servent à nourrir les 58 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES rôdeurs nocturnes. Les oiseaux, trouvant tant de ressources dans cet arbre, y bâtissent leur nid et y amènent leur progéniture. « Considérons les choses à un autre point de vue : la présence de légions de chenilles attire une foule d'oiseaux insectivores, qui eux aussi établissent leur domicile là où ils trouvent de si copieux festins. Ces oiseaux sont accompagnés de bandes de mouches qui sentent la proie de loin, et qui viennent contribuer à empêcher les larves de se répandre à l'excès; et comme il y a des mouches, le crapaud vient faire sa ronde la nuit. « Toutefois, à la différence des (Mseaux, les mouches ne tuent pas immédiate- ment; elles prennent seulement possession des insectes au profit de leur pro- géniture, en quelque sorte. Elles percent Tépiderme de la larve, et déposent leurs œufs en dessous, de sorte que les petits, quand ils éclosent, ont à leur dis- position tout le corps de leur hôte, et dévorent tout, sauf ce qui est devenu l'enveloppe membraneuse de la chrysalide. « Prenons un autre exemple de cette dépendance des plantes et des êtres vivants entre eux. Les éperviers planent au-dessus des arbres; ils entendent le babil aigu des perroquets et autres oiseaux, fondent sur eux de temps en temps, et les obligent à se cacher dans les profondeurs du feuillage. Mais là encore, les oiseaux sont exposés à une nouvelle mésaventure, car les serpents ont grimpé à l'arbre pour prendre leur part de toutes ces bonnes choses, et se tiennent prêts à les saisir quand ils se blottissent pour échapper à l'épervier; plus bas, parmi les branches inférieures ou sur le sol, le jaguar, le puma ou d'autres carnassiers sont tapis et guettent; et tout cela trouve sa vie parce qu'une volée de papillons jaunes ont butiné sur les fleurs quelques mois auparavant. En outre, les graines et les fruits des grands arbres vont nourrir les bancs de de poissons qui viennent des grands fleuves, et remontent un peu partout pen- dant le flux. Leur présence attire le grand jabiru, ou cigogne géante, qui fré- quente les régions inondées, et qui dispute aux alligators et aux Indiens sa part de poissons. On pourrait aller plus loin, et parler des vermisseaux qui s'introduisent dans le fruit tombé sur le sol, des cancrelas et des grandes larves de blattes avec leurs parasites, des fourmis et des scorpions qui les chassent, et des milliers d'animalcules qui prennent aussi leur part des aliments prodigués par la nature. Chacun trouve sa subsistance et joue son rôle, et néanmoins il reste encore plus de graines qu'il n'en pourrait pousser sur l'espace disponible. (Sera continué.) i" MAI i8g6 59 UNE NOUVELLE SÉRIE d'oDONTOGLOSSUM Le genre Odontoglossum est peut-être, jusqu'à présent, le plus rebelle à l'hybridation artificielle; mais on pourrait presque dire que l'horticulture peut y renoncer et en prendre aisément son parti, tant la fécondation croisée à l'état de nature a déjà produit de formes intermédiaires. C'est à ce point que le petit nombre de croisements effectués jusqu'ici dans les cultures n'ont guère servi qu'à vérifier l'origine supposée des hybrides naturels déjà connus. C'est même un fait digne de remarque, que ces plantes, si fécondes à l'état naturel et si promptes à se croiser entre elles, se reproduisent dans les cultures avec beaucoup plus de difficulté que la plupart des autres Orchidées. * * * On pouvait croire du moins que les importations opérées d'une façon continue depuis cinquante ans avaient fait suffisamment connaître tous les trésors de ce genre si populaire. Depuis la découverte de V Odontoglossum crispum en 1842, par M. J. Linden, la Colombie a été fouillée par un grand nombre d'explorateurs, et des millions de plantes y ont été collectées pour le compte des horticulteurs européens; ces importations ont révélé, à côté de diverses variétés remarquables par leur beauté, des formes intermédiaires entre VO. crispuui et plusieurs espèces voisines. C'est ainsi que l'on a pu déterminer, avec une certitude suffisante, l'origine de VO. Andersonianum, de VO. Rùckeria- nuui, de VO. excellons, de VO. Wilckeaniim, l'un des plus brillants et des plus riches en variétés splendides, de VO. elegans, etc. Des importations heureuses, effectuées récemment par L'Horticulture Internationale, de Bruxelles, qui entretient, en ce moment, dans les pays d'origine, trois expéditions distinctes, viennent de faire découvrir toute une magnifique série nouvelle de formes qui peuvent être classées également dans la catégorie des hybrides naturels, et qui constituent au point de vue horticole des acquisitions des plus précieuses. Et ce n'est pas fini : Le dernier courrier annonce la découverte de variétés de plus en plus belles et qui doivent laisser loin derrière elles toutes celles qui ont fleuri jusqu'ici en Europe ! Il est intéressant de noter, en passant, que tout se suit, même en horticul- ture. Si les anciens types à.' Odontoglossum crispum, à flçurs rondes, dits de 6o LE JOURNAL DES ORCHIDÉES « Pacho, » deviennent plus rares et plus difficiles à récolter, les collecteurs du grand établissement d'introduction bruxellois ont pu, sur les indications du vétéran des introducteurs, M. J. Linden, trouver des districts nouveaux aussi riches en formes maculées, en hybrides naturels. Ceci remplacera-t-il cela ? Nous ne le pensons pas. Les beaux blancs seront toujours recherchés pour la fleur coupée et les variétés maculées iront, de plus en plus, garnir les serres des amateurs de marque. On a déjà lu dans la Revue des Orchidées nouvelles du dernier numéro la des- cription de quelques-unes des plantes qui ont fleuri les premières dans ces importations, et qui, exposées au meeting de L'Okchidéenne du S mars, y avaient été beaucoup admirées; c'étaient notamment le magnifique O. rubi- ginosum, auquel le jury décerna un Diplôme d'Honneur de i"'^ classe à l'una- nimité et par acclamation, et une douzaine d'autres formes se rapprochant davantage de VO. Wilckeanuin, et pouvant être classées comme des variétés de cette plante célèbre ; puis d'autres absolument distinctes se sont épanouies les une après les autres. Une première série vient d'être exposée avec un vif succès devant la Royal Horticultural Society, de Londres, au meeting du 7 avril, et a obtenu une récompense de premier ordre, la « Silver Banksian medal. » Voici dans quels termes le Gardeners' Chronicle, apprécie cette présentation : « Messieurs Linden, de L'Horticulture Internationale, Bruxelles, exposaient un groupe d'O.dontoglossum hybrides qui semblent ouvrir un champ nouveau de complications dans ce groupe difficile à déterminer. L'O. X spec- tabile, qui a obtenu un Certificat de Mérite, ressemble par certains points à VO. excellens, mais d'autre part il en diffère à beaucoup de points de vue. Ses fleurs ravissantes sont jaunes, tachetées de brun marron d'une façon superbe. L'O. X concinnuui a les fleurs jaune pâle, largement maculées de brun sur les sépales, et tachetées de la même nuance sur les pétales; VO. crispuui Jumelianuui a les fleurs blanches, avec la moitié interne des segments d'un pourpre vineux; VO. c. calos est une forme très richement maculée du vrai O. crispuni, VO. Rikkerianuni viultiuiaculatum et les diverses formes du groupe de VO. X Wilckeanuin sont très distincts. » Plusieurs variétés superbes, les Odontoglossum crispum meleagris et VO. x nii- niatuui ont paru avec un immense succès, également, au dernier meeting de L'Orchidéenne, le 19 avril, où elles étaient exposées par L'Horticulture Internationale. * * * l" MAI 1896 61 Ces découvertes doivent évidemment attirer l'attention du monde orchidéen sur les ressources que réserve encore l'exploration des régions tropicales. Les contrées les plus fouillées, les espèces que l'on croit le mieux connaître nous préparent des surprises nombreuses. Deux provinces très parcourues du Brésil nous ont fourni, en quantités immenses, le Cattlcya labiata, vainement cherché pendant tant d'années, puis sa merveilleuse section des excelsior ; à côté du Catasetniii macrocarpuin, connu depuis longtemps, nos voyageurs ont trouvé d'abord le splendide Catasetwn Bungerothi, et quelques années plus tard, la merveilleuse série de formes voisines et plus ou moins intermédiaires que tous les Orchidophiles ont admirée. Les forêts du Nouveau-Monde sont loin d'avoir révélé tous leurs trésors, et les introducteurs ont encore de quoi exercer pendant longtemps leur persévérance et leur habileté. LES COELOGYNE Le genre Coelogyne comprend environ soixante-dix espèces, dont plus d'un tiers sont généralement représentées dans les collections. Ces plantes sont originaires du versant méridional de l'Himalaya, de l'Inde, de la Malaisie, et l'une se rencontre également dans la partie méridionale de la Chine. Un certain nombre de ces espèces présentent entre elles d'assez grandes analogies au point de vue de la forme des fleurs et sont fréquemment confon- dues entre elles. Nous allons nous efforcer de dissiper ces confusions en classant sommairement les diverses espèces par catégories et en indiquant, dans chaque catégorie, les traits spécifiques distinctifs. Nous pouvons établir, au point de vue purement horticole, six grandes catégories, sur les bases suivantes : 1" Fleurs d'une grandeur au-dessus de la moyenne ; 2° Fleurs de grandeur moyenne, ayant les pétales à peu près égaux aux sépales ; 3° Fleurs de grandeur moyenne, ayant les pétales notablement plus étroits que les sépales ; 4° Fleurs en grappe dressée ou semi-dressée ; 5° Fleurs de petite taille (moins de 4 centimètres) ; 62 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES 6° PJeione, genre de Don, qui est généralement rattaché au genre Coelogyne, mais qui est facile à distinguer au point de vue horticole. Examinons en détail chaque catégorie : I. Fleurs d'une grandeur au-dessus de la moyenne Deux espèces très connues et très remarquables, le C. cristata et le C. pandu- rata, et deux autres beaucoup moins répandues, leC Sanderiana et leC.speciosa. Le C. cristata n'a pas besoin d'être décrit et est facile à reconnaître. Quant au C. pandurata, ses fleurs superbes mesurent i6 centimètres de diamètre; elles ont les pétales et les sépales à peu près égaux, vert pâle, le labelle panduré, étalé, d'un vert jaunâtre, avec de belles granulations veinées de noir au centre et une macule noire près du sommet. Le C. Sanderiana, qui est rare, a les fleurs aussi grandes que celles du précédent ; les pétales et sépales blancs; le labelle trilobé avec les lobes laté- raux dressés et striés intérieurement de brun rougeâtre et tachés de jaune au bord antérieur, et le disque jaune vif. Le C. speciosa, décrit primitivement par Blume sous le nom de Chelonanthera speciosa, a les sépales et les pétales jaune brunâtre pâle, les derniers linéaires; le labelle trilobé a les lobes latéraux dressés, brun pâle, nuancés et réticulés de brun foncé intérieurement, et le lobe antérieur blanc ondulé, denticulé et légè- rement réfléchi, avec une double crête frangée sur le disque. IL Fleurs de grandeur moyenne a) Pétales à peu près égaux aux sépales (') Cette section est plus nombreuse; on peut y ranger les C. asperata, corrugata, Dayana, Forstermanni, Massangeana, Parishi et peltastes. Le C. asperata (ou C. Lowi) est une espèce abondante à l'état naturel, mais qui, chose curieuse, se rencontre peu dans les cultures. Elle est cependant très belle; ses fleurs, qui mesurent environ 7 centimètres de diamètre, ont les pétales et les sépales blancs ; le labelle trilobé a les lobes latéraux blancs striés intérieurement de brun rougeâtre, et le lobe antérieur arrondi, crispé sur les bords, avec le disque orangé verruqueux, et le bord jaune pâle plus ou moins strié (i) Ils sont presque toujours un peu plus étroits, mais nous plaçons dans la section suivante îes espèces qui ont les sépales linéaires et relativement très étroits, l" MAI 1896 63 de brun. Cette espèce est très florifère et produit ses fleurs en longues grappes. C. corrugata. Espèce rare, et qui passe pour être difficile à cultiver. Elle se reconnaît aisément à la forme de ses pseudobulbes curieusement ridés. Ses fleurs, un peu plus petites que celles du précédent, ont les pétales et sépales blancs; le labelle a les lobes latéraux jaunes, striés de rouge intérieurement, et le lobe antérieur ovale acuminé, blanc avec le disque jaune traversé par trois lamelles frangées blanches. C. Dayana. Sépales et pétales ligules étroits, d'un jaune nankin pâle; le labelle se présente bien ouvert, les lobes latéraux arrondis, réfléchis sur le bord antérieur, le lobe antérieur à peu près triangulaire un peu réfléchi ; les lobes latéraux sont bruns, striés de blanc longitudinalement à l'intérieur; le lobe antérieur est brun latéralement, et porte un disque charnu blanc formé de six côtes terminées en avant par des franges brunes. C. Forsternianni. Cette espèce, décrite en 1887 par Reichenbach, est très peu répandue. D'après la description originale, elle a les sépales et les pétales blancs, le labelle blanc nuancé de jaune-brun sur le disque, les lobes latéraux arrondis, le lobe antérieur elliptique aigu, avec trois côtes longitudinales denticulées. C. Massangeana. L'une des espèces les plus connues. Elle est moins appréciée que plusieurs autres au point de vue du coloris et de la forme des fleurs, mais recherchée à cause de leur abondance. Ses fleurs sont analogues à celles du C. Dayana, mais elles ont le labelle plus recourbé, les lobes latéraux plus étroits et moins ouverts, le lobe antérieur arrondi, avec le disque charnu jaune, couvert de granulations verruqueuses jaunes et brunes. La forme des pseudobulbes est aussi très différente, ceux du C. Dayana étant cylindriques. C. Parishi. Fleurs d'un jaune verdâtre pâle; labelle panduriforme tacheté de noir, portant sur le disque cinq lamelles dont deux partent de la base. Cette espèce a quelque analogie, en plus petit, avec le C. pandurata. Toute- fois ses pseudobulbes sont très différents, et l'inflorescence est produite au sommet, et non à la base de ces organes. C. peltastes. Fleurs assez grandes à pétales et sépales lancéolés aigus, d'un beau vert émeraude; labelle réfléchi, ondulé et denticulé sur les bords, blanc crème verruqueux, parsemé de nervures marron, avec les lobes latéraux striés intérieurement de marron. Les pseudobulbes ovales, plats, forment une espèce de mince bouclier concave, et rappellent ceux de certains Cirrhopetalum. {Sera continué.) 64 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES ETUDES DE BOTANIQUE ELEMENTAIRE SUR LES ORCHIDÉES (Stùlc, voir vol. VI, p. 383) VI. Nephelaphyllum. — Ce genre, établi par Blume en 1825, est identique au Cyihcris de Lindley, qui date de 1831. Il comprend quatres espèces, origi- naires des Indes orientales, du sud de la Chine et de Java, et dont les feuilles plus ou moins ovales et cordées rappellent beaucoup les Anoectochilus, non seulement par leur forme, mais aussi par leurs vives couleurs et par les macules dont elles sont ornées. On cultive spécialement le A^. ptilchrum, qui a été découvert à Java et dans l'Inde. Dans ce genre, les inflorescences terminent la tige feuillée, comme dans les Thunia et les Bletilla; mais on l'en distingue facilement à la forme spéciale de ses feuilles, qui scmt toujours solitaires. Nous résumons dans le tableau suivant les caractères distinctifs des genres de la sous-tribu des Blétiées dont il vient d'être fait mention : I. Inflorescences naissant sur un scape latéral dépourvu de feuilles. A. Gynostème sans pied. 1. Feuilles non articulées; labclle à base gibbeuse ou pro- longée en éperon, à lobes latéraux larges, entourant le gynostème I. Phajus. 2. Feuilles articulées; labelle à base non éperonnée, à lobes latéraux dressés ou éperonnés, n'embrassant pas le gynos- tème II. Bletia. B. Gynostème prolongée en pied à la base. 1. Sépales et pétales à peu près égaux et étalés .... III. Chysis. 2. Sépales dressés et rapprochés en forme d'urne ; pétales très étroits IV. Acantephippium. II. Inflorescences terminant la tige feuillée. A. Plusieurs feuilles étroites, insensiblement atténuées à la base. 1. Tige non renflée en pseudobulbe, portant de nombreuses feuilles; grappe penchée V. Thunia. 2. Tige renflée en pseudobulbe, portant 3 ou 4 feuilles; grappe dressée VI. Bletilla. B. Feuilles solitaires, ovales, à base cordée VII. Nephelaphyllum. i^"" MAI i8g6 65 29° La sous-tribu des Coelogynées Dans la classification de Bentham, le groupe des Coelogynées comprend- quatorze genres, presque tous propres à l'Asie tropicale et à l'Océanie. Deux d'entre eux, les Coelogyne et les Calanthe, ont une assez grande importance horticole. Quatre autres, les Trichosma, Cryptochilus, Pholidota et Arundina, renferment chacun une ou plusieurs espèces qui se rencontrent plus ou moins fréquemment dans les collections des amateurs. I. Coelogyne. — Ce genre a été établi par Lindley, qui le décrivit sous la planche 33 de son ouvrage intitulé CoUectanea Botanica, publié de 1821 à 1825. Son nom dérive des deux mots grecs koilos, qui veut dire creux, et guné, qui signifie ici l'organe femelle ou le pistil, allusion à la profonde dépression du stigmate dans la plupart de ses espèces. Bentham rapporte à ce genre comme synonymes, les suivants : Acanthoglossum et Chelonanthera (sections 2 et 3), créés par Blume en 1825 ; Pleione, établi par D. Don, également en 1825 ; Bolborchis, fondé par Zollinger et Moritzi, en 1846 ; Neogyne, décrit par Reichenbach, en 1852. Quelques années après avoir établi ce dernier genre, en i85:, Reichenbach lui-même le réunissait aux Coelogyne, et de plus y ajoutait plusieurs autres, parmi lesquels les Otochilus et les Pholidota, que tous les auteurs modernes conservent comme distincts. C'est là une manière d'agir qui n'est pas du tout exceptionnelle chez cet auteur, car rien n'est plus commun que de le voir démolir dans un second travail ce qu'il avait édifié lui-même dans un premier, pour le reconstruire d'une autre façon dans un troisième, sans se soucier de la confusion inextricable que cela occasionnait dans la nomenclature botanique. Lindley en 1854, ^^ après lui Bentham, avaient divisé leur genre Coelogyne en trois sections : Eucologyne, Pleione et Neogyne, les deux dernières corres- pondant aux genres antérieurs Pleione et Neogyne, M. Pfitzek, en 1888, réta- blit les deux dernières à leur rang générique primitif. M. Otto Kûntze, à son tour (1891), considère les trois groupes comme formant un genre unique; mais il prétend que ce genre doit porter le nom de Pleione, parce que ce dernier nom aurait été pubhé par D. Don dans son Prodroiitus de la Flore du Népaul dès le mois de février 1825; tandis que le nom de Coelogyne n'aurait été donné par Lindley que dans des livraisons de son CoUectanea Botanica et du Botanical 66 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Register, parues seulement en mars 1S25. Soixante-seize anciens Coelogyne deviennent en conséquence de nouveaux Pleione signés naturellement O. K...! Les espèces cultivées, dont les fleurs peuvent servir pour l'étude des carac- tères génériques des Coelogyne, sont très nombreuses. Dans le groupe des vrais Coelogyne, à fleurs disposées en grappes qui naissent sur une tige feuillée et à labelle distinctement trilobé , on peut citer en première ligne le charmant C. cristata, extrêmement florifère, à fleurs d'un blanc pur, avec quelques lignes d'un jaune d'or: puis le C. asperata, à grandes fleurs jaune crème, sauf le labelle qui est blanc et strié de brun ; le C. barbata, à fleurs blanches, le labelle frangé étant strié de jaune; le C. corymbosa, à grandes fleurs blanc crème, avec le labelle blanc portant deux macules jaunes bordées de brun; le C. fuscescens, à fleurs d'un vert brunâtre, avec quatre macules de couleur cannelle sur le labelle; le C. Massangeana, portant de longues grappes de fleurs d'un jaune d'ocre, avec le labelle brun veiné de jaune brillant; le C. pandurata, à très grandes fleurs, d'un vert pâle maculée de noir ; le C. spcciosa, également à fleurs très grandes, d'un jaune olivâtre, avec le labelle veiné de rouge foncé et de brun, etc. Parmi les espèces qui rentrent dans la section Pleione, caractérisée par les feuilles caduques, les fleurs grandes, généralement solitaires, se développant avant les feuilles, et le labelle obscurément trilobé, on peut mentionner le C. humilis, plante naine, portant une grande fleur d'un blanc lilaciné, avec le labelle frangé, maculé et strié de cramoisi; le C. lagenaria, dont les pseudo- bulbes ont été comparés â de petites bouteilles, et dont la grande fleur est d'un rose vif, avec le labelle blanc, strié de cramoisi et à la gorge jaune ; le C. praecox, â longues fleurs d'un beau rose, etc. Cette section est maintenue comme genre distinct par plusieurs auteurs modernes, et peut être avec raison ; les Pleione, en effet, sont généralement des plantes naines d'un port tout par- ticulier, qui leur a valu le nom vulgaire de « Crocus de l'Inde. » \'oici les caractères génériques des Coelogyne, considérés dans les limites larges que leur assigne Bentham : « Sépales presque égaux, dressés ou étalés, libres ou légèrement soudés « entre eux. Pétales semblables au sépale postérieur ou parfois très étroits. « Labelle sessile à la base du gynostème, et embrassant souvent celui-ci, « dressé, plus ou moins trilobé, à disque généralement muni de plusieurs crêtes « saillantes. Gynostème dressé, allongé, muni de deux ailes au sommet, non « prolongé en pied à la base ; clinandre souvent dilaté en une membrane « mince. Anthère en forme d'opercule, biloculaire, inclinée en avant; quatre l" MAI 1896 67 « pollinies cireuses, comprimées, réunies deux à deux au sommet par une « viscosité granuleuse. — Herbes épiphytes, capiteuses ou rampantes. Pseudo- « bulbes souvent épais, anguleux ou presque arrondis, surmontés de une ou « plus souvent deux feuilles coriaces et nervées. Hampes ou pédoncules « naissant tantôt à la base des pseudobulbes, tantôt à leur sommet et entre les « feuilles. Fleurs grandes, solitaires ou disposées en grappes lâches, accom- « pagnées de bractées coriaces ou presque petaloïdes, caduques ou per- « sistantes. » (A suivre.) A. COGNIAUX. PETITES NOUVELLES PETITE CORRESPONDANCE LISTE D'HYBRIDES. — Le Gardemrs' Chro- nicle a publié dans son numéro du 4 avril une nouvelle liste d'Orchidées hybrides produites prin- cipalement en Angleterre; cette liste comprend aussi divers hybrides naturels, dont la parenté est indiquée avec une certitude devant laquelle on ne peut que s'incliner. Le Phalaenopsis speciosa est notamment inscrit parmi ces hybrides naturels, ce que Reichenbach n'avait pas prévu, non plus que son introducteur, le fameux explorateur Général E. S. Berkeley ; le P. alciconiis est issu du P, SchiUeriana et du P. amabiUs, et le P. leucorhoda, du P. SchiUeriana et du P. Aphro- dite, différence que l'on ne peut reconnaître, assurément, qu'à l'aide d'un bon microscope; le Dendrobium Statteriamtvi figure dans la liste comme hybride naturel du D. Bensoniae et du D. crystallimim, alors que M RoLFE l'a consi- déré comme identique au D. crystaUinum lui- même. Ces légères réserves faites, nous constatons l'utilité statistique de la liste en question; le genre Dendrobium à lui seul y figure pour 63 hybrides artificiels (en ne comptant qu'une fois le D. X Lowi, qui est inscrit deux fois). LE CATALOGUE ILLUSTRE des Orchidées nouvelles et des plantes à feuillage décoratif, d'introduction directe, de L'Horticulture In- ternationale, paraîtra vers le 15 mai prochain. UNE MERVEILLEUSE VARIETE du Cait- leya Warocqueana excelsior — la nouvelle série à floraison printanière — est actuellement en fleurs dans les serres de MM. Lucien Linden et Cie, à Moortebeke. Elle a fait l'admiration des mem- bres de L'OrchidÉENNE qui visitèrent le nouvel établissement le 19 avril dernier. LA PHOTOGRAPHIE EN COULEURS paraît entrer décidément dans la voie industrielle, ainsi que l'impression directe, et grâce aux pro- grès étonnamment rapides que fait la science à notre fin de siècle, on peut espérer que ces mer- veilleuses découvertes entreront à bref délai dans l'application pratique. L'horticulture est au pre- mier rang des industries qui auront à se féliciter de cette révolution dans la reproduction de la nature, et le jour où les journaux pourront don- ner la représentation complète et rigoureusement fidèle des fleurs qu'ils décrivent, le nombre des amateurs de fleurs augmentera sans doute consi- dérablement. LA LINDENIA prépare une double livraison à grand effet. Elle reproduira les portraits de huit variétés nouvelles d'Odontoglossum. Ce numéro servira de débuts à un jeune peintre, M. Jean De Bosschere, qui nous parait appelé à un brillant avenir. * AUX JARDINS ROYAUX DE KEW le nombre des visiteurs a été de 1,407,369 pendant 68 LE JOURNAL DES ORCHIDEES l'année 1895. M. G. Schneider ajoute, dans le Joiinial de la Sociité Nationale ifHorticnltitre de France, le commentaire suivant : « Un fait digne de remarque, c'est que le nombre moyen des visiteurs par année, de 1885 à 1894, est de 1,416,887. Il est à noter aussi que là 1 n'y a ni éléphant, ni dromadaire, ni autruche, que les plantes à elles seules forment toute l'at- traction pour le public, qui sait si bien les appré- cier. » * DISTINCTION HONORIFIQUE. — M. G. Schneider, président de la Société française d'horticulture de Londres, a été nommé récem- ment chevalier du mérite agricole. Nous adressons nos cordiales félicitations à M. Schneider, dont l'activité, au double titre d'écrivain horticole et d'organisateur d'une So- ciété des plus prospères, méritait hautement cette récompense. * * * RÉCIPIENTS EN ENGRAIS CHIMIQUE. — MM. Chéron, de Liancourt (Oise), ont présenté récemment à la Société Nationale d'Horticulture de France, des pots et paniers de diverses formes en engrais aggloméré, pour la culture des Orchi- dées et autres plantes. Les fabricants de ces réci- pients garantissent une teneur de 17 "/o d'acide pho.sphorique. + * * LES INTRODUCTIONS n'ont jamais été aussi actives qu'en ce moment à L'Horticul- ture lNTERNATio>rALE. 11 n'y a presque pas de jour où il n'y ait un grand déballage à effectuer. Le mouvement d'entrée et de sortie prend vrai- ment des proportions gigantesques. Il y a de bons coups à faire pour les amateurs d'importations. Il nous est impossible de ne pas en prévenir nos lecteurs. * * LES ORCHIDÉES A PARIS. — Voici la liste sommaire des apports présentés à la réunion de la Société Nationale d'Horticulture de France, le 9 avril : De M. Verdier : le Cypripediuni X Verdieri, issu du C. caudatiun Wallisi et du C. longifoliitni Koezii, à fleurs de grande dimension mais très pâles, ayant les pétales analogues à ceux du pre- mier parent (Prime de ire classe). De M. LiHRECK : Un groupe comprenant : Lycaste Skiniuri, Cattleya citrina, bien cultivé et à grandes fleurs, un Microstylis à joli feuillage (M. mctallica?), VAngraeciini Du Biiyssoni, un Catasetum marqué C. Hookcrae (?). Prime de ire classe. De M. Chantin : un Cattleya Mendeli et un Cy- pripedium grande bien coloré. Prime de 2" classe. De M. JOREHT : un Cypripedium indiqué comme hybride du C. La7i>renceaniint et du C. superbiens, mais rappelant très peu le second parent (Prime de y= classe). LE SOIXANTE-SEPTIEME MEETING DE « L'ORCHIDÉENNE. » — Grand et splendide Meeting! Le pavillon central de L'Horticul- ture Internationale a rarement offert un spectacle aussi beau et un choix aussi imposant de belles Orchidées, de variétés supérieures, que le ig avril. Les Odontoglossum spécialement étaient admirablement représentés par quelques variétés nouvelles qui ont conquis les suffrages aussi bien des membres du jury que du public très nombreux qui s"est pressé pendant les deux jours d'exposition autour des tables richement fleuries. Le succès est allé particulièrement à VOdonto- glossiini crispiiin vuleagris (le clou de l'Exposi- tion), V Odontoglossum crispiim calas, VOdonto- glossnm X spcctabile, primé à Londres la semaine dernière; VOdontoglossum )•; concinniun, VOdon- toglossum Pescatorei gnttatiim; au Mesospinidium vulcanicum grandi/lornm et au délicieux Cattleya Mendeli )■' Mossiae.Uimmense Oncidium amplia- tuni majus, si abondamment fleuri, a fait sensation. Enfin le 67"!!^ Meeting, la grande réunion d'avril, a été un immense succès et le banquet qui l'a suivi était supérieurement organisé et a réussi dans la perfection. C'était la digne suite des pré- cédents. La fondation du banquet annuel de L'Orchidéenne est bien lancée; c'est une fête délicieuse qui ne pourra manquer de réunir, chaque printemps, l'élite des amateurs d'Orchi- dées désireux de se rencontrer et de passer en- semble quelques heures charmantes. Le jury s'est assemblé à dix heures et demie sous la présidence d'un amateur anglais très dis- tingué, et qui possède une des plus riches collec- tions d'Odontoglossum d'Europe, M. Thompson, de Stone. M. Cahuzac, l'amateur bordelais bien connu, remplissait les fonctions de secrétaire. Membres : MM le comte de Bousies, Kegel- JAN, Madoux, Dr Capart, Rodigas, chevalier deWargnv, Knight, Massangede Louvrex, Vasseur, Pauwels, De Bosschere, du Trieu DE Terdonck, g. VVarocqué, Wincqz, Van Imschoot, Librecht, Van Wambeke et de LOMBAERDE. ^LE DERNIER MEETING DE « L'ORCHI- DÉENNE V a été visité le dimanche par 1743 per- sonnes, et le lundi par 1187 — et presque toutes paraissaient ne plus être des profanes ! LES NOUVELLES INSTALLATIONS de MM. Dallemagne cV Cif;, à Rambouillet, sont sur le point d'être terminées; l'inauguration aura lieu très prochainement. Une serre à Cattleya, notamment, a des proportions grandioses et sera certainement la plus vaste serre à Orchidées existant actuellement en France. On sait que ces importantes constructions ont été confiées à deux maisons françaises : les serres à M. A. Cociiu, de St-Denis, près Paris, le chauffage à M. C. Mathian, de Paris. Nous y reviendrons. L. L, L'HORTICULTURE INTERNATIONALE (SOCIÉTÉ ANONYME) PARC LÉOPOLD. — BRUXELLES. PLANTES NOUVELLES D'INTRODUCTION DIRECTE MISES AU COMMERCE, POUR LA PREMIÈRE POIS, A PARTIR DU 1^' JUIN 1896 Le catalogue descriptif des plantes nouvelles paraîtra très prochainement Adiantum Claesianum Adiantum lineatum Adiantum musaïcum Bégonia Faureana Bégonia Faureana var. argentea Bégonia Faureana var. metallica Galadium adamantinum Caladium lilliputianum Cyrtosperma ferox Dichorisandra angustifolia Dieffenbachia meleagris Geonoma Siesmayeriana Hoemanthus Lindeni Heliconia spectabilis Labisia smaragdina Miconia vesicaria Philodendron Devansayeanum Philodendron robustum Plectocoma crinita Sonerila M'"^ Cahuzac Sonerila M"^*^ de Brezetz Sonerila M'"^ du Toict Sonerila M"'*" Treyeran Tradescantia delicata Tradescantia superba La plupart de ces plantes ont fait partie du Grand Lot de plantes nouvelles vainqueur à l'Exposition Interna- tionale d'Horticulture de Paris en 1896. USINE A VAPEUR SPÉCIALEMENT MONTÉE POUR LES CONSTRUCTIONS HORTICOLES Fondée en 1876. vJ. B. 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Il est envoyé contre fr. 0,30 en timbres (Prix de l'affraucliissement) I 6 CATALOGUES PAR AN L'HORTICULTURE INTERNATIONALE (SOCIÉTÉ ANONYME) PARC LÉOPOLD. — BRUXELLES LE CATALOGUE ILLUSTRÉ DES PLANTES NOUVELLES D'INTRODUCTION DIRECTE MISES AU COMMERCE LE V" JUIN 1896 PARAITRA TRÈS PROCHAINEMENT. 11 sera envoyé aux clients habituels et à toutes les personnes qui en feront la demande. i6 MAI 1896 6g CAUSERIE SUR LES ORCHIDEES Encore les Expositions Le dimanche anglais légendaire, dont les étrangers en voyage ont si sou- vent maudit la morne tristesse, le dimanche mort, le dimanche avec Londres transformé en désert obligatoire, va passer à l'état de souvenir. Déjà une ligue s'était formée, sous les plus éminents patronages, pour réagir contre les vieilles coutumes et obtenir au moins quelques concessions pour les personnes qui veulent vivre et penser ce jour là comme les autres; on avait notamment réclamé la distribution des correspondances le dimanche; enfin le vieil édifice a été ébranlé. C'est le souci de l'instruction publique qui a permis de lui porter le premier coup; on a voulu laisser certains musées ouverts le dimanche pour les personnes qui sont occupées en semaine. Le succès de cette innovation a été tel, que l'on a dû étendre immédiatement la mesure à d'autres établissements publics. Ce seul changement en entraînera forcément beaucoup d'autres, et l'on peut dire qu'une révolution s'opère actuellement dans les mœurs anglaises. Le moment est peut-être favorable pour proposer une autre modification qui nous touche de plus près, je veux parler de la fixation des expositions. Jusqu'ici les grandes fêtes populaires de Londres avaient lieu les jours de semaine, ce qui empêchait beaucoup de personnes d'y assister. J'entends bien que pour certaines occasions, les affaires étaient plus ou moins suspendues; le jour du Derby d'Epsom, par exemple, ou de la procession du Lord-maire, ou des régates des light bine et dark hliie, tout le monde avait congé. Mais les expositions ne sont pas des solennités aussi pompeuses, surtout les expositions qui ont lieu périodiquement, une ou plusieurs fois par mois. Les meetings des grandes vSociétés d'horticulture de Londres se tiennent jusqu'ici toujours en semaine, spécialement le mardi; ils n'ont forcément comme visiteurs que les professionnels, et les grands amateurs à qui leur fortune permet de disposer librement de leur temps. N'exerceraient-ils pas une influence beaucoup plus féconde s'ils avaient lieu un jour où le grand public pût aller admirer les plantes exposées? Le goût de l'horticulture, 70 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES , • déjà si répandu en Angleterre, y gagnerait, ce me semble, un très grand développement. Sous l'ancien régime, qui vient de se clore, les habitants de Londres avaient l'habitude d'émigrer en masse aux environs, pour flâner à la campagne; à l'avenir il est probable que beaucoup resteront dans la ville et que les habitants des environs, au contraire, afflueront à la capitale pour profiter de ses attractions. Au moment où de nouvelles habitudes vont se créer, il serait désirable que l'horticulture eût sa place réservée comme elle le mérite. L'écla- tant succès obtenu par les meetings de L'Orchidéenne, malgré leur caractère très spécial, l'énorme différence de population et la concurrence des autres divertissements, prouve que les expositions de la Royal Horticultural Society, de la R. Chrysanthemum Society, etc., attireraient le dimanche une foule considérable; elles atteindraient d'autant mieux leur but de propagande. Et, qui sait? l'ouverture des musées et des expositions, horticoles et autres, sera peut-être beaucoup plus efficace pour combattre le fléau de l'alcoolisme que toutes les injonctions des teetotalers fanatiques. A propos d'expositions, et puisque les Comités de la Société Royale de Londres exercent un droit d'appréciation sur les noms donnés aux plantes présentées, je me permettrai de leur signaler une tendance qui paraît devenir de plus en plus générale aux Meetings de Londres, et qui présente des inconvénients. C'est celle qui consiste à libeller en anglais les noms de variétés dérivés de noms propres, de personnes ou de localités. Il est fâcheux, à divers points de vue, que l'on écrive : Odonloglossum crispiun, Canterbury var. ou 0. crisptun, Wedgwood var. Ces noms ne peuvent être conservés dans la nomenclature botanique; ils sont donc condamnés d'avance à disparaître, soit par oubli purement et simplement, soit par une modification nécessaire que leur fera subir un auteur qui devra mentionner ces plantes. Encore ces modifications seront-elles parfois difficiles; il pourra arriver qu'un écrivain étranger, ignorant l'existence de M. Wedgwood, prenne ce nom pour un mot géographique, et écrive : 0. crispum Wedgwoodense, et qu'à la même époque un botaniste anglais adopte 0. crispuui Wedgwoodi ou W cdgwoodianum. Il pourra même arriver qu'un auteur écrive 0. c. Canier- buryense, un autre 0. c. ('antorberycnse, à la mode française, et qu'un autre emploie le nom latin de Canterbury, qui doit être assez différent, j'imagine. On voit quelle confusion naîtrait de ces initiatives divergentes. Il n'y a qu'un seul moyen de l'éviter, c'est de conserver tel quel le premier nom sous lequel i6 MAI i8g6 71 une plante a été décrite; mais pour que ce nom puisse être conservé, il faut qu'il soit latin et conforme aux principes de la nomenclature linnéenne. * * * Les règles établies par la Société Royale d'Horticulture de Londres pour l'appréciation des apports continuent à donner lieu à des commentaires divers de la part des intéressés. Les questions soulevées en cette circonstance ont une importance considérable pour tout le monde horticole, et nous croyons utile d'en citer encore quelques passages; voici ce qu'écrit un correspondant du Gardeners' Chronicle : « Ces règles pour juger seront-elles d'une utilité pratique quelconque pour ceux à qui elles doivent servir? La question n'a pas encore reçu de réponse — sauf des membres du comité. Avant la publication, certains membres nous disaient qu'elles avaient été cuisinées avec tant de soin, qu'elles conviendraient au palais des plus dyspeptiques, et combinées de façon à rendre les plus grands services aux membres de jurys, à adoucir l'humeur et à modérer les impressions des exposants les moins satisfaits. Mais jusqu'ici, nous n'avons pas vu de témoignages de satisfaction ni d'appréciations en faveur des travaux énormes et prolongés des principales lumières de l'horticulture anglaise. C'est évidemment beaucoup d'ingratitude de la part des horticulteurs intéressés, après avoir reçu un pareil cadeau. Mais je crois pouvoir dire que presque tout le monde, après avoir lu le code, a éprouvé le même désappointement que moi. Au lieu de nous donner un système judicieux pour apprécier les collections (car c'est là le point sur lequel les opinions sont le plus partagées, et auquel il fallait donner l'importance principale), on nous apporte un code dont l'objet essentiel est la dissection des parties ou des propriétés de légumes, plantes ou fleurs types. On nous donne un étalon d'appréciation pour les diverses qualités, dont on énumère une demi-douzaine dans certains cas. Voilà qui sera évidemment un lourd fardeau pour la mémoire d'un membre du jury; ou bien faudra-t-il qu'il porte le code avec lui? « Après avoir étudié très attentivement ce sujet, je suis d'avis que ces divisions ne sont nullement nécessaires, et que c'est la valeur culturale et naturelle seules qui doivent former la base du calcul des mérites d'un article ou d'une collection, avec une note maxima pour chaque élément, et un rapport fixe établi entre les deux... » On voit que la question à résoudre est des plus complexes, et qu'il est très difficile d'arriver à satisfaire tous les intéressés. 72 LE JOURNAL DES ORCHIDEES REVUE DES ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEU CONNUES DENDROBIUM x CLIO VAR. TYNTESFIELDENSE. — Le Z). x Clio, que nous avons décrit le mois dernier, est un hybride issu du D. splendidis- siuiuui grandiflorum et du D. Wardianwn. Il paraît être assez variable, car un amateur anglais bien connu, M. F. Hardy, d'Ashton sur Mersey, en présen- tait au meeting de Londres du 7 avril deux variétés, l'une dénommée album, et possédant un coloris blanc pur, l'autre portant le nom qu'on a lu plus haut. La variété Tyntesfieldense est, paraît-il, particulièrement remarquable, et elle a obtenu un certificat de i"^^ classe. Elle a les fleurs de grande taille, les pétales et sépales à peu près égaux, d'un rouge magenta pourpré, avec une bordure blanche étroite sur les sépales et large sur les pétales, le labelle cou- leur chocolat avec une zone antérieure blanche, la pointe rouge magenta et la base orangée. * * * ODONTOGLOSSUM HALLI VAR. THOMPSONIANUM. — Très belle variété exposée au meeting de Londres du 7 avril, par M. W. Thompson. Ses fleurs grandes et bien faites ont le labelle blanc pur, tacheté de brun. CYPRIPEDIUM EXUL VAR. MAJOR JOICEY. — Variété exposée à Londres par l'amateur dont elle porte le nom, et qui a obtenu un certificat de i''^ classe; ses fleurs sont très grandes, et ont la moitié supérieure des sépales blanc pur, ainsi que les pointes des pétales. * * * LAELIOCATTLEYA x HIGHBURYENSIS. — Hybride issu du Laelta cin- nabarina et du Cattleya Laii'renceana, et obtenu dans la collection de ^L Joseph Chamberlain, au domaine dont il porte le nom. Ses fleurs ont un coloris orangé, teinté et veiné de rouge cramoisi pourpré, avec le labelle d'une nuance foncée rappelant celle du Cattleya Percivaliana, et provenant sans doute du mélange des coloris des deux parents. l6 MAI 1896 73 Cet hybride a obtenu un certificat de mérite au meeting de Londres du 7 avril. * * COELOGYNE UNIFLORA. — Cette espèce, déjà ancienne, car elle fut décrite par Lindlhy, est extrêment rare et peu connue. Elle a fleuri récem- ment en Suisse, provenant de la collection de M. Kienast-Zolly, l'éminent amateur dont la collection renferme tant de raretés et d'Orchidées remar- quables. Elle est d'une importance secondaire au point de vue horticole, mais elle mérite d'attirer l'attention au point de vue botanique; c'est pour elle, en effet, que LiNDLEY forma son genre Panisea, en même temps que pour trois autres espèces, dans les Folia Orchidacea, modifiant ainsi sa première détermination. M. le professeur Krànzlin, qui étudie la plante dans le Gardeners' Chronicle, n'admet pas cette distinction, basée uniquement sur la forme de l'onglet du labelle. Les fleurs du C. uniflora ont à peu près la même grandeur que celles du C. fimbriata; elles sont d'un jaune verdâtre pâle, tacheté de jaune orangé. * * CYPRIPEDIUM X SCHOFIELDIANUM. — Hybride issu du C. hellatiilum et du C. hirsutissimum, et exposé par M. G. W. Law-Schofield au meeting de Londres du 21 avril dernier. Ses fleurs sont très belles, et rappellent surtout celles du C. bellatulum; elles sont grandes et massives, d'un blanc crème, régu- lièrement maculées de pourpre sur les pétales; le pavillon a la base tachée de vert et porte des lignes de points pourpres; le labelle est d'un rose pourpré. Cet hybride a obtenu un certificat de mérite. * * * DENDROBIUM CYMBIDIOIDES. — Espèce très peu connue, qui était exposée récemment à Londres par Sir Trevor Lawrence. Son port rappelle à peu près celui du Maxillaria picta; ses grappes dressées portent plusieurs fleurs (l'une des grappes de la plante exposée en portait neuf) d'un blanc crème, avec le labelle orné à sa base de quelques taches pourpres. * * * CATTLEYA x LAWRE-MOSSIAE. — Hybride issu, comme son nom l'in- dique, du C. Lawrenceana et du C. Mossiae, et obtenu dans la collection bien connue de M. R. Brooman-White, à Arddarroch. Il a les pétales et les sépales 74 LE JOURNAL DES ORCHIDEES rose tendre, et le labelle cramoisi foncé, d'une forme analogue à celle du labelle du premier parent. Cet hybride a obtenu un certificat de mérite au meeting de Londres du 7 avril. * * CATTLEYA X WILLIAM MURRAY. - Hybride du C. Lawrenceana et du C. Mendeli, obtenu par M. Ingram, de Godalming. Une variété à fleurs allongées, d'un coloris plus vif que le type et portant le nom de fulgens, a reçu un certificat de mérite au meeting de Londres du 7 avril. * * * LAELIOCATTLEYA x SIR WM. INGRAM. — Très bel hybride issu du L. purpiirata et du C. aurea. Une telle parenté promet beaucoup. Le semis actuel, exposé à Londres par M. W. Ingram, son obtenteur, a les fleurs de la forme à peu près de celles du premier parent; les sépales et les pétales sont rose foncé, le labelle large et très ondulé est d'un beau rouge pourpre foncé avec des veines plus claires au centre. Cet hybride a obtenu un certificat de mérite. * * * COELOGYNE RUMPHII Lindl. — M. A. N. Ridley, dans le Gardeners' Chroniclc, étudie cette espèce déjà ancienne, mais depuis longtemps perdue de vue, qui avait été décrite et figurée par Rumphius dans VHerhariitm Amboinense et fut dénommée et décrite ultérieurement par Lindley d'après le premier auteur. Le C. Rumphii a les feuilles larges, longues de 30 à 35 centimètres, obovales, assez rigides, avec de nombreuses nervures saillantes. La tige florale, longue de 15 centimètres environ, se termine par un racème pauciflore; les fleurs s'ouvrent généralement en succession, mais elles durent longtemps et quelque- fois deux se trouvent épanouies en même temps. Les sépales ont plus de 3 '/a centimètres de longueur, et sont lancéolés-obtus, d'un vert pomme pâle; les pétales étroits, linéaires, de la même couleur que les sépales, sont très réfléchis, et leurs pointes se rejoignent en arrière. Le labelle, plus long que les sépales, a une forme pandurée; les lobes latéraux sont marbrés et tachetés intérieurement de rouge brique, le lobe antérieur largement oblong, émarginé, est blanc pur. Le disque porte trois côtes dentées bordées de rouge vif. Max Garnier. l6 MAI 1896 75 LA NICOTINE EN FRANCE On sait que les cultivateurs belges se servent beaucoup, pour combattre l'invasion des insectes, de côtes de tabac séchées, étalées sur les tuyaux de chauffage; et le Journal des Orchidées a souvent recommandé ce procédé. On se sert souvent aussi de jus de nicotine, soit pour laver les feuilles des Orchi- dées — moyen préventif ou curatif contre les attaques des insectes — soit pour remplir des bacs placés sur les tuyaux de chauffage, ce qui remplace les côtes de tabac et donne lieu à la même évaporation. Malheureusement nos abonnés français nous faisaient souvent remarquer que ces procédés étaient d'une application très difficile pour eux. Les côtes de tabac ne se vendent pas en France; le jus de nicotine est coûteux à préparer, et beaucoup de personnes ignorent même la façon de traiter le tabac. Nous apprenons avec plaisir que ces difficultés viennent d'être levées. Un nouveau procédé découvert par le service technique des manufactures de l'Etat permet aujourd'hui de transformer les jus de tabacs ordinaires en un liquide très riche en nicotine, dosé à un taux fixe, exempt en outre de matières fer- mentescibles et susceptible par suite de se conserver indéfiniment en vase clos. La mise en vente de ce produit, qui est susceptible d'être employé très avantageusement par l'horticulture pour la destruction des insectes nuisibles aux végétaux, aura lieu dorénavant dans les entrepôts et dans les débits de tabacs, où le public pourra se le procurer librement comme le tabac et aux prix indiqués ci-après, récipients compris ; Bidon de 5 litres : 18 francs; bidon d'un litre : 4 francs; bidon d'un demi- litre : fr. 2-30. Chaque récipient sera muni d'une étiquette portant, avec l'indication som- maire du mode d'emploi, la marque de fabrique de la régie, ainsi que la contenance et le prix. G. T. G. 76 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES LE COLLECTAGE DES ORCHIDEES (Suite, voir p. 55J Dans la savane s'élève un grand Palmier Eta {Mauritia flexuosa), ayant peut-être une hauteur de 20 mètres, dont la masse de racines s'élève au-dessus de l'eau comme une digue, d'où s'élance la tige rugueuse, mais nue jusqu'à une hauteur de 16 mètres, où commence le vaste dôme de frondes en éventail qui couronne son sommet. Il ne rencontre là aucun rival de sa famille, ni lianes, ni plantes grimpantes pour l'étouffer, ni à peu près rien qui puisse lui disputer sa majestueuse prééminence sur tout ce qui l'entoure. Néanmoins, ici encore se manifeste la dépendance des êtres entre eux. Au-dessus de la couronne de feuillage subsistent les restes d'une centaine de pétioles plus ou moins anciens formant bracelet, et dont l'aisselle est remplie de matière végétale en décomposition, dans laquelle s'enfoncent à plaisir les racines aériennes du Casatetuin longifolium, cette Orchidée si remarquable. Avec ses feuilles flexibles en rubans, gracieusement retombantes, et ses grandes grappes de fleurs légèrement recourbées pour saluer la lumière du soleil, cette plante aussi semble être la seule de son genre; néanmoins, nous cherchons des Orchidées, il faut que nous nous en procurions, et le seul moyen de le faire sans danger est d'abattre le superbe Palmier. Nous regrettons cette nécessité, et nous allons même jusqu'à faire grimper un des nègres (bien connu comme cueilleur de noix de coco) pour rapporter une plante ; mais il se sauve en voyant un petit lézard gecko, s'écrie qu'il a été mordu, et redescend en n'apportant pas autre chose qu'un bulbe de Catasetum, qu'il avait arraché dans sa précipi- tation effarée. Le pauvre petit reptile ne pouvait certes lui faire aucun mal; mais comme nos spécimens n'auraient plus de valeur s'il étaient mis en pièces, nous nous décidons à couper le Palmier. La hache résonne d'abord sur le tronc dur, comme si tous les deux étaient en acier, au lieu de la première seule ; mais une fois que le bois est entamé, il devient très tendre. Alors le majestueux prince du règne végétal, comme Linné l'aurait appelé, s'incline, craque et tombe, en faisant jailhr des flots l6 MAI 1896 77 d'eau et de boue lorsqu'il frappe la surface du marais. Nous pataugeons pour atteindre la couronne de frondes, et nous nous mettons à la fouiller pour prendre le Catasetum, mais alors nous remarquons que l'eau est noire de fourmis, qui ne tardent pas d'ailleurs à donner une preuve indiscutable de leur présence par leurs morsures brûlantes. Toutefois, nous ne nous laissons pas intimider par ces insectes, et nous avons vite fait de détacher une Orchidée, en amenant avec elle un nid d'araignées velues, le terrible lézard, un petit serpent inoffensif, une foule de cancrelas et deux ou trois blattes. Nous découvrons aussi plusieurs plantes qui disputaient la place aux Catasetum, à savoir une petite espèce de Vanille, quelques Fougères, et une ou deux Gesneriacées. Ainsi qu'une île dans la mer, cette touffe de frondes de Palmier se trouvait bien loin du terrain sec, et avait fini par constituer à elle seule un petit monde, comprenant des animaux carnivores et herbivores et des plantes, tous ces êtres subsistant, luttant et se dévorant entre eux, mais continuant à vivre côte-à-côte. Quoique l'on parle à chaque instant de « la lutte pour la vie » et de la « survivance de l'être le mieux approprié au milieu, » il semble que peu de personnes soient à même de se rendre compte de ce que signifient ces formules; mais elles représentent une foule d'idées pour le naturaliste qui vit dans la forêt. S'il était possible de réahser la paix absolue dans un monde où il n'y aurait effort, ni maladie, ni mort, le résultat inévitable serait une monotonie lugubre dont il est difficile de se faire une idée quelconque. Depuis la plante la plus simple jusqu'à l'animal le plus haut placé dans l'échelle des êtres, tous doivent lutter péniblement, et se procurer les éléments nécessaires pour édifier et entretenir ces superbes structures que nous admirons tant. A part un très petit nombre, tous vivent en détruisant autrui, et doivent se préoccuper constamment de s'emparer de leurs voisins pour échapper à l'extermination. La preuve que tous sont exactement doués des facultés qui leur sont nécessaires pour lutter contre les circonstances adverses, c'est qu'il y en a tant qui restent vivants; et quoique des quantités énormes d'êtres aient dû évidemment être détruites au cours des siècles qui se sont écoulés depuis la première apparition de la vie sur la terre, ce nombre doit forcément avoir été toujours insignifiant en comparaison de celui des survivants. De cette vérité, nous voyons mille exemples éclatants. Ici même, dans la forêt, nous avons sous les yeux la preuve que la vie animale ou végétale 78 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES a pris dans le passé d'énormes développements, et, ce qui est d'une importance beaucoup plus grande, qu'elle progresse toujours actuellement. Certains adversaires de la théorie de l'évolution sont allés jusqu'à prétendre que la variation observée dans la nature est due principalement à l'intervention de l'homme; mais si l'on considère que la culture intervient pour perpétuer certains caractères, et les développer aux dépens de certains autres, on voit immédiatement que cet argument ne peut pas être fondé. Même les variations originelles que l'homme utilise ont pris naissance absolument en dehors de son influence; il peut sans doute essayer de produire certaines modifications, mais il ne peut jamais y réussir si la nature n'en a déjà pris l'initiative. Les exemples que nous venons de donner montrent le côté le plus actif de cette grande lutte de la vie, mais on pourrait en citer des milliers d'autres dans lesquels les plantes, à première vue, semblent presque passives, et où cependant l'on voit un grand œuvre toujours en progrès, et toujours plus ou moins relié à la dépendance d'un être à l'autre. Sans l'arbre, l'épiphyte ou le parasite ne pourrait pas exister comme tel; sans la fleur l'abeille mourrait de faim, et sans les nombreux agents de fécondation la plupart des plantes ne pourraient pas donner des graines. (Sera continué.) »i* LES ORCHIDEES A KEW Le genre qui cause peut-être le plus d'ennuis entre tous est le genre Anoec- tochilus, dont les espèces, placées dans des conditions qui paraissent toujours les mêmes, fleurissent quelquefois facilement, et d'autres fois refusent absolu- ment de pousser, sans qu'on puisse en trouver la raison. En 1845, la serre à deux versants qui forme actuellement l'angle Est de la serre des Fougères tropicales fut construite sur l'emplacement d'une vieille serre chaude. Sir William Hooker la décrit (en 1846) comme « occupée par une superbe et inestimable collection d'Orchidées (dont la plus grande partie proviennent d'un cadeau fait par Sa Gracieuse Majesté). » Ce don était men- tionné par lui en 1844 comme étant « toute la précieuse collection d'Orchidées formée à Woburn Abbey, offert à Sa Majesté par le Duc de Bedford, et que la Reine voulut bien accepter et envoyer aux Jardins Royaux de Kew. » i6 MAI 1896 79 Sir William Hooker continue dans ces termes : <• Le centre de la serre est occupé par un beau gradin à tablettes, assez large pour laisser au sommet central un passage, d'où le visiteur peut regarder les deux côtés de la serre, tandis qu'au-dessus de sa tête et après la charpente des deux côtés, sont suspendus des paniers, remplis de superbes Orchidées tropicales — « Comme la serre en question ouvre sur une autre serre plus fraîche, nous avons la facilité de pouvoir transporter les splendides épiphytes, quand elles sont en fleur, dans une atmosphère moins chauffée, ce qui permet de les conserver beaucoup plus longtemps dans toute leur beauté. La serre à Orchidées est assurément l'une des nouveautés les plus intéressantes de l'établissement. » En 1847, Sir William Hooker écrivait encore : « La serre à Orchidées a donné des résultats admirables au point de vue de sa construction, du mode de chauffage et des dispositions générales; le nombre des plantes a augmenté grâce au legs généreux du Rév. J. Clowes, de Broughton Hall près Man- chester, qui a fait don de sa splendide collection d'Orchidées au Jardin Bota- nique Royal. » Il est assez remarquable que ce legs soit le seul qu'ait jamais reçu la collection d'Orchidées de Kew. Beaucoup d'Orchidées, toutefois, ne réussissaient pas dans la serre qui leur était attribuée, et qui fut reconnue trop grande pour les petites espèces. Celles-ci durent donc être transportées dans les petites serres actuelles vers 1851. A partir de 1855 ou 1862 environ, une partie de la collection resta dans de vieilles serres à arbres fruitiers, là où se trouvent actuellement les pelouses, serres qui avaient été remises à neuf et chauffées à l'eau chaude. En 1863, toutes les Orchidées furent installées dans ces serres, et elles y restèrent jusqu'en 1869, époque où furent construites celles dans lesquelles le public peut voir les Orchidées actuellement. Les anciennes serres furent démolies. Les petites serres à Orchidées sont au nombre des constructions les plus anciennes de l'établissement. Ces serres furent chauffées par un thermosiphon en 1842, et reconstruites sur un plan plus moderne en 18S4. La petite serre aux MasdevaUia située au nord fut reconstruite en 1893. D'après John Smith {Records, p. 235), le nombre des espèces cultivées à Kew était en 1848 de 755, et en 1850 de 830. Le même auteur dit qu'il y en avait 638 en 1864. En 1868, d'après le Botanical Magazine, Kew ne possédait que 400 Orchidées épiphytes environ. Il y a là probablement une erreur, car en 1872 le nombre des espèces et variétés cultivées était de 851, appartenant à 138 genres. Depuis lors, la collection s'est beaucoup augmentée. 8o LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Le Kew Bulletin de 1891 contient une liste des Orchidées ayant fleuri en i8go ; il y en a 766. Une preuve frappante de l'habileté à laquelle est parvenue l'horticulture dans cette branche difficile, c'est le succès avec lequel on est arrivé à produire et à élever des hybrides. Étant donné le grand nombre d'espèces dont on dispose à Kew, il est tentant de faire des essais dans cette voie; dans le genre Disa on a produit des semis qui sont de culture facile et qui deviendront probablement populaires comme plantes ornementales. {Hand-list of Orchids cultivated at Kew.) LES COELOGYNE {Suite, voir p. 6i) Nous passons à la seconde subdivision de notre deuxième section : IL Fleurs de grandeur moyenne b) Pétales notablement plus étroits que les sépales Cette subdivision est la plus importante, ou du moins celle qui comprend le plus grand nombre d'espèces. Nous y rangerons les C. barbata, corymbosa, Cumingi, elata, flaccida, fuliginosa, fnscescens, graininifolia, lentiginosa, ochracea, Schilleriana, tomentosa. C. barbata. Espèce remarquable par la forme et le coloris de son labelle; les lobes latéraux blancs extérieurement, brun pâle à l'intérieur, sont finement frangés sur les bords; le lobe antérieur oblong obtus, légèrement réfléchi, brun foncé, est bordé d'une longue frange de la même couleur et porte au milieu trois côtes longitudinales bordées de cils noirâtres. Les sépales et les pétales sont blanc pur, les premiers largement ovales-oblongs, les seconds linéaires étroits. Les fleurs, au nombre de six à huit, sont portées sur un pédoncule dressé ; au-dessous du racème terminal se trouvent plusieurs bractées écailleuses imbriquées, dont la présence a servi à Lindley à constituer une section botanique distincte. Le C. barbata fleurit aux mois de septembre et octobre. C. corymbosa. Sépales et pétales blanc crème, les premiers lancéolés-ligules. l6 MAI 1896 81 Lobes latéraux du labelle dentés à la pointe, blancs, rayés et tachetés de brun rougeâtre, avec une macule jaune bordée d'orangé sur le bord antérieur; lobe antérieur ovale-lancéolé aigu, blanc, barré de jaune près de la base. Le C. corymbosa fleurit, comme le C. asperata, au cœur de la jeune pousse avant que les feuilles soient entièrement ouvertes. Il est très voisin duC. ocellata, mais il a les fleurs un peu plus grandes et moins nombreuses, le labelle plus allongé et plus aigu, et les pseudo-bulbes plus ovoïdes, formant un pli trans- versal vers le milieu. Ses fleurs, très gracieuses, produites au nombre de trois à cinq, sont agréablement parfumées. C. Cumingi. Sépales et pétales blancs, les premiers lancéolés acuminés, les seconds linéaires lancéolés. Labelle blanc, à lobes latéraux arrondis recourbés vers la colonne, à lobe antérieur réfléchi, ovale-oblong avec les bords finement denticulés, blanc, taché de jaune citron sur le disque, qui porte trois lamelles onduleuses à la base, et deux autres plus courtes sur les côtés, toutes se réunissant en avant pour former une dent orangée. Cette espèce fleurit au mois d'août. C. data. Espèce à rhizome traçant, revêtu d'écaillés jaune brunâtre, et por- tant des pseudobulbes ovoïdes comprimés, espacés de 5 centimètres entre eux. Les fleurs sont groupées en racèmes de sept à neuf au sommet d'une tige dressée ; les sépales et pétales sont blanc crème, les premiers largement lancéolés, les seconds linéaires oblongs; le labelle ovale, obscurément trilobé, porte deux crêtes sinueuses pointillées de rouge, et une macule orangée près de la base; le reste de cet organe est blanc. La floraison se produit au commencement du printemps. C. flaccida. Cette espèce, dont l'introduction remonte à plus de soixante ans, est très répandue dans les cultures. Elle produit ses fleurs en racème pendant, grêle, d'un brun rosé; les sépales et les pétales sont blanc crème, les premiers oblongs aigus; le labelle largement ovale, trilobé, a les lobes latéraux blancs striés intérieurement de brun clair, et le lobe antérieur réfléchi, aigu, blanc, avec une macule jaune vif sur le disque et trois petites lamelles flexueuses. Floraison vers les mois d'avril-mai. C. fidiginosa. Pseudobulbes un peu espacés sur un rhizome revêtu d'écaillés brunes. Fleurs au nombre de deux ou trois sur un court racème; sépales et pé- tales d'un rose brunâtre clair, les premiers ovales-oblongs, les seconds linéaires réfléchis. Labelle trilobé, avec les lobes latéraux dressés, de la même couleur que les sépales, et le lobe antérieur orbiculaire-oblong, brun rougeâtre, légère- 82 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES ment frangé sur les bords, portant trois lamelles crispées brun foncé, celle du milieu moins saillante que les deux autres. Cette espèce rare fleurit au milieu de l'été. Elle est assez variable au point de vue du coloris. C. fuscescens. Autre espèce rare, qui serait plus appréciée sans doute si ses fleurs ne restaient pas à demi fermées. Elles mesurent de 5 à 6 centimètres de diamètre, et sont groupées au nombre de cinq à sept sur chaque racème. Les segments sont de mince substance, presque transparents, d'un coloris orangé brunâtre pâle, le sépale dorsal oblong aigu, recourbé au-dessus de la colonne, les latéraux lancéolés aigus, les pétales linéaires; le labelle oblong a les bords latéraux incurvés et bordés de rouge, le sommet réfléchi, et porte trois lamelles rouges qui se réunissent vers le sommet. Il existe une variété dénommée brunnea, qui a le labelle taché de marron, avec les lamelles rouge orangé foncé. C. graminifolia. Pédicelles orangés. Fleurs au nombre de deux ou trois sur une grappe revêtue à la base de bractées écailleuses. Sépales et pétales blancs, les premiers oblongs lancéolés, les seconds linéaires lancéolés. Labelle tri- lobé, plus court que les sépales; lobes latéraux arrondis, dressés, blancs striés de brun intérieurement; lobe antérieur réfléchi, jaune vif bordé de blanc vers le sommet, et portant trois lamelles réunies en avant en une ligne brun noirâtre. C. lentiginosa. Belle espèce, dont les fleurs ne s'ouvrent malheureusement pas complètement. Il en existe deux formes de couleurs différentes, l'une vert d'eau, l'autre jaune paille légèrement brunâtre. Les fleurs sont de substance à peu près transparente; les sépales sont elliptiques-oblongs, les pétales linéaires; le labelle a les lobes latéraux arrondis, blancs tachetés et bordés de brun clair intérieurement, et le lobe médian large- ment oblong, réfléchi, brun orangé bordé de blanc, avec trois côtes crénelées, celle du milieu un peu plus courte. Les pseudobulbes sont espacés sur un rhizome écailleux ; les pédoncules dressés sont revêtus de larges écailles vertes. La floraison se produit pendant l'été. C. ochracea. Curieuse espèce rare, assez voisine du C. ocellata. Ses pseudo- bulbes sont petits, enveloppés à la base de grandes écailles membraneuses. Ses fleurs, agréablement parfumées, sont groupées au nombre de six à huit sur un court racème revêtu à la base d'écaillés imbriquées. Elles sont d'un blanc de lait, avec deux taches jaune d'ocre en forme de fer à cheval et quelques stries l6 MAI 1896 83 rouges sur le labelle. Cet organe a les lobes latéraux dressés, arrondis, un peu denticulés sur le bord, et le lobe antérieur ovale réfléchi, portant deux lamelles dentées. Les sépales sont elliptiques-oblongs, les pétales linéaires lancéolés. C. Schilleriana. Espèce rare, facile à reconnaître à ses petits pseudobulbes en forme de bouteilles. Fleur solitaire, à sépales et pétales jaune verdâtre, les premiers lancéolés aigus, les seconds linéaires; labelle trilobé à lobes latéraux dressés, blanc crème, striés de rouge brunâtre près du bord, lobe antérieur étalé denté sur les bords, jaune clair tacheté de rouge pourpré avec trois petites lamelles partant de la base. Cette espèce était rangée par Reichenbach dans la section Pleione, dont elle ne possède pas tous les caractères. C. tomentosa. Espèce présentant quelque analogie avec le C. Massangeana; toutefois elle s'en distingue facilement par son sépale dorsal dressé, et non incurvé, ses sépales plus étroits obliquant vers le haut, et non horizontaux, et par l'aspect tomenteux du racème et des pédicelles, caractère que rappelle le nom spécifique. Le racème est pendant et porte de quinze à vingt-neuf fleurs; les pétales et les sépales sont d'un rouge orangé pâle; le labelle trilobé a les lobes latéraux dressés, oblongs arrondis, blancs, striés obliquement de rouge à l'intérieur, le lobe antérieur à peu près carré, apiculé, avec trois côtes dentées partant de la base et ramifiées à la partie antérieure. (Sera continué.) PETITES NOUVELLES PETITE CORRESPONDANCE NECROLOGIE. — La mort de M. Léon Say, survenue inopinément au milieu d'avril, constitue une grande perte pour l'horticulture et tout par- ticulièrement pour la Société Nationale d'Horti- culture de France, à laquelle il apportait l'appui et l'éclat de sa haute influence. M. Léon Say, ancien ministre , ancien ambassadeur , ancien président du Sénat, membre de l'Institut et de l'Académie française, et depuis quelques années membre de la Chambre des Députés, où il jouis- sait d'une grande autorité en matière économique et financière, était doué d'une activité intellec- tuelle infatigable; il ne dédaignait pas, quoique absorbé par des travaux multiples et de la plus grave importance, de consacrer une part de son temps à la Société Nationale d'Hort. culture de France, et celle-ci est parvenue sous sa direction à une prospérité remarquable. Amateur passionné de belles plantes, il est venu à diverses reprises visiter les serres de L'Hokticultuke Interna- tionale. Il nous consultait encore récemment au sujet des mérites d'une Orchidée nouvelle ; et nous avons eu l'honneur et la joie de lui dédier, dans le dixième volume de la Lindeuia , un 84 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Laelio-Cattlcya qui avait fleuri pour la première fois dans les serres de L'Horticulture Inter- nationale. « * ORCHIDÉES BLEUES. — Il nous semble que cette rareté, comparable presque à un merle blanc, une Orchidée bleue, commence à perdre de son mystère. Déjà, l'année dernière, L'HoR- ticulture Internationale a introduit un nouveau Sobralia, le S. Liudcni, qui est nuancé de bleu sur le labelle (voir la description du Gardener^ s Clironicle, que nous avons reproduite); plus récemment étaient exposés à Londres et à Paris deux Cattleya du groupe Trianae ayant le labelle couleur lavande; enfin nous lisons dans le compte rendu du meeting du 7 avril de la Royal Horticultural Society que le groupe exposé par M. le baron Sir H. Schkôder renfermait, entre autres Orchidées, « le bleu Cattleya Law- renceana Vinckei. » C'est surtout dans le genre Cattleya que cette nuance rare faisait totalement défaut jusqu'ici. Il faut donc espérer que grâce aux introductions et aux semis, cette lacune pourra être prochainement comblée, et l'on pourra enfin admirer des Cattleya dignes de rivaliser avec le Vaudn coerulea !!! * * . LE JARDIN, publié avec une si grande compétence par M. H. Martinet, l'architecte- paysagiste bien connu, à Paris, est le premier journal du monde qui ait reproduit photographi- quement en couleurs des plantes sans le moindre concours d'un dessinateur. La planche du C. cal- losnm, due à ce procédé et publiée dans le numéro du 5 de ce mois de son journal, n'est certaine- ment pas la perfection, mais c'est un premier essai extrêmement intéressant , permettant de juger ce qu'il deviendra dans la suite et les ser- vices immenses que la photographie en couleurs est appelée à rendre aux horticulteurs. Je suis très heureux de pouvoir féliciter mon excellent confrère de son intelligente initiative et d'avoir été le premier dans la marche vers le nouveau. LE CATTLEYA TRIANAE VAR. IMPE- RATOR, ime forme nouvelle d'une splendeur inconnue, est en fleurs depuis quelques jours, dans les serres de Moortebeke. C'est le nec plus ultra des C. Trianae. La fleur est ample, bien formée, pétales et sépales larges, arrondis, rose foncé; le labelle est très grand et entièrement teinté, jusque dans le fond de la gorge, d'un pourpre d'une intensité incomparable. C'est, de loin, la plus belle variété qu'il nous ait été donné de voir jusqu'ici. Exposé au meeting de L'Orchidéenne, du 10 mai, il a fait sensation et obtenu un diplôme d'honneur de ire classe à l'unanimité et par acclamations. EXPLORATION A BORNÉO. — Des explo- rations botaniques ont eu lieu dans ces derniers temps à Bornéo, par ordre du Gouvernement hollandais, sous la direction du D'" Treub, de JJuitenzorg. Les recherches ont porté principale- ment sur la région centrale de l'île, qui est encore presque inconnue. D'après la Naturu'issenschaft- liche Wochenschrift, l'expédition a fait notam- ment l'ascension du mont K'nepai, dont l'altitude est de II 25 mètres, et dont la flore est surtout riche, paraît-il, en Orchidées et Nepenthes. La récolte se compose d'environ 3000 plantes séchées distinctes et de beaucoup d'échantillons conser- vés dans l'alcool, qui vont être examinés et déter- minés à l'établissement de Buitenzorg. CATASETUM,MORMODESetCYCNOCHES. — Ces trois genres ont beaucoup gagné en po- pularité depuis une dizaine d'années. Il est intéres- sant de remarquer que le même mouvement s'est opéré en Angleterre; voici en effet ce qu'écrit dans le Gardeners' Ckronicle M. W. H. White, chef des cultures d'Orchidées chez Sir TreV'OR Lawrence : '< Pour des raisons difficiles à déterminer, ces genres ont été grandement négligés pendant longtemps, mais maintenant ils progressent en faveur auprès des spécialistes et amateurs. Il y avait certaines espèces qui étaient plus négligées que d'autres parce qu'elles étaient notées comme de pures curiosités botaniques, et comme n'étant pas utilisables par conséquent pour la fleur cou- pée; mais le Catasitum tahulare, le C. Buuge- rothi et ses nombreuses formes superbement distinctes, les Cycnoclies cnlorociiilon, C. penla- dactylon, Mormodes Hookerae, M. Rulfcannm, M. pardinuiii, M. luxatuni, M. l. ebunwttm et sesvaiiétés tachetées, qui ont une valeur décora- tive et dont quelques-uns donnent des fleurs très parfumées, sont beaucoup cultivés. » ON LIT dans l'Indépendance belge : « M. S..., deSaint-Albans, a exposé, à Dresde, « entr'autres, un nouveau (?) Palmier qui mérite « une mention spéciale. Nous l'avons vu à l'Expo- « sition internationale de Ledeberg-Gand, que le « prince Albert de Belgique devait honorer « de sa visite, sous le nom de Calamus Alberti. « A Vienne, ce nom a fait place à celui de Ca- '< lamus Franz Jozef ; ici, c'est devenu le Calamus '< Carola, en hommage à la très gracieuse reine « de Saxe, Carola ! Ce qui rappelle la fantaisie '< de certain musicien allemand qui a fait successi- « vement d'une mêine marche, sous dix-sept noms '< différents, l'hymne patriotique de dix-sept pays 'K européens. » On se souvient des Odonloglossuni crispum Félix Faure, de l'année dernière, à Paris. Sous combien de noms différents les a-t-on vus ailleurs? L. L. L'HORTICULTURE INTERNATIONALE (SOCIÉTÉ ANONYME) PARC LÉOPOLD. — BR1TXEJL.LES. PLANTES NOUVELLES 23TNTIIODUCTION DIRECTE MISES AU COMMERCE, POUR LA PREMIÈRE FOIS, A PARTIR DU 1 ' JUIN 1896 ^^^ Le catalogue descriptif des plantes nouvelles paraîtra très prochainement Adiantum Claesianum Adiantum lineatum Authurium Scherzerianum -< Géant sanglant » Bégonia Faureana Bégonia Faureana var. argentea Bégonia Faureana var. metallica Bertonerila M'"® Gahuzac Bertonerila M"^'' de Brezetz Bertonerila M'"'' du Toict Bertonerila M"^^ Treyeran Bertonerila M"^ Lucienne Linden Caladium adamantinum Caladium lilliputiense ChamCEdorea gratissima Cyrtosperma ferox Dichorisandra angustifolia Dielfenbachia meleagris Geonoma Siesmayeriana Hoemanthus Lindeni Heliconia spectabilis Labisia smaragdina Miconia vesicaria Philodendron Devansayeanum Philodendron robustum Pleetocoma crinita Sonerila M'"*' de Lansberge Tradescantia dilecta Tradescantia superba Zamia Noefilana SC5^ La plupart de ces plantes ont fait partie du Grand Lot de plantes nouvelles vainqueur à l'Exposition Interna- tionale d'Horticulture de Paris en 1895. 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Truffant, D. Treyeran, F. Kegeljan, H. Correvon, D"" Max Reichenheim, A. Dallière, O. Ballif, G. Miteau, A. de la Devansaye, R. Johnson, Ch. de Bosschere, Ch. Vasseur, A. Hubert, de Meulenaere, F. délia Porta, A. van den Heede, A. Wincqz, D. Massange de Louvrex, D'" Muller, D'' Van Cauwelaert, J. Nôtzli, E. Bartel, les Chefs de Culture de « L'Horticulture Internationale, » de MM. Dallemagne et C'« et de MM. Lucien Linden et C^^. Secrétaire de la rédaction : Q-. TOURRET-GRIQ-NAN Prix de rAbonnement : 10 francs par an POUR TOUTE L'UNION POSTALE Parait le 1" et le lO de chaque mois AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES Dépositaires ponr la France : JVIM!. DALLEMiA^G-NE et C'«, à Kainbouillet (Seiiae et Oise). Gand, impr. Eug. Vandor Haeglion. 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D ALLEMAGNE et C'« à Rambouillet. ^^^^^ SOMMAIRE DU 150"' NUMERO : Petites notes sur les Orchidées d'amateur ... 85 Travaux do saison 89 Le colleclage des Orchidées 91 Gypripedium et Selenipedium 94 Études de botanique élémentaire sur les Orchidées 96 Les Orchidées à l'Exposition de Paris en 189G . . 97 Petites nouvelles et petite correspondance ... 99 161 Prix d'honneur et Médailles PERE^ & FILS 16, Rue d'Algérie, 16 fô j» X- 'ïT o i«r - ta) Le CATAioGrE Général des GRAINES et AVïKES articles, 120 pages, sous ridio couver- tiue, illustra de 2(K) gravures, contient 1» La liste (les I\'oHVcaul('S int<;reseantes. 2» La liste (les tJiaiiiis de Léyuinvs. S» Lu liste des Graines (le /leurs. 4" La liste des Graiiirs pour pruiricx cl pcloimcs. 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Le L. fiirfnracca est originaire du Mexique, d'où il fut introduit en 1S38. Son nom spécifique signifie analogîw à du son; il fait allusion à la présence, de petites glandes farineuses sur l'ovaire. La culture de cette espèce est la même que celle du L. autumnalis, du L. anceps et des autres Orchidées dites mexicaines. C'est celle de la serre tempérée-froide. * * BIFRENARIA HARRISONIAE. — Jusqu'à la découverte récente du B. Dallemagnei, cette Orchidée était la seule espèce de son genre qui fût répandue dans les cultures. Elle y a été connue longtemps sous le nom de Maxillaria Harrisoniae, et ce n'est pas le seul synonyme qu'elle puisse reven- diquer, puisqu'elle a été également rangée tour à tour dans les Lycaste et les Colax, et même dans les Dendrobium ! C'est une espèce très décorative, à fleurs un peu massives peut-être, mais de forme harmonieuse, bien présentées au milieu du feuillage, et d'un beau coloris, les segments d'un jaune d'ivoire, le labelle rouge cramoisi strié de pourpre brunâtre et velouté. La culture du B. Harrisoniae est sensiblement la même que celle des 86 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Maxilaria. La floraison se produit aux mois d'avril et mai. Aussitôt après, la nouvelle pousse se développe, et le repos s'établit après l'achèvement du pseudobulbe. Les fleurs ont un parfum très variable, mais généralement comparable à celui d'un fruit mûr. * * * DIACRIUM BICORNUTUM, — Cette Orchidée est peut-être plus connue sous le nom d'Epidendrum, qui lui avait été assigné par Lindlev; elle est cependant bien distincte des Epidendrum par la forme du labelle bicornu, qui n'est pas soudé à la colonne ni même parallèle avec elle. Ses fleurs mesurent de 5 à 6 centimètres de diamètre et ont un cachet très élégant; les segments ovales aigus, légèrement concaves, sont d'un blanc de lait; le labelle trilobé, à lobes latéraux obliques, à lobe antérieur lancéolé aigu, est blanc pointillé de rose pourpré. Le D. bicornutum passe pour être diflicile; je l'ai vu cependant prospérer d'une façon superbe à L'Horticulture Internationale, où il était cultivé dans la serre des Cattleya, avec un peu d'ombre et peu d'air. Les amateurs se rappellent notamment un superbe spécimen de cette espèce, placé au bout d'une serre, qui mesurait bien un mètre de circonférence, et était chargé de tiges florales au mois d'avril de chaque année. HOULLETIA ODORATISSIMA. — Peu de noms sont aussi justifiés que celui donné à cette espèce. Le parfum qu'elle répand actuellement dans les serres est un des plus agréables qui existent dans toute la famille. Le H. odoratissima est originaire de la Nouvelle-Grenade, d'où il fut introduit par M. J. LiNDEN en 184g; il fleurit pour la première fois chez M. Pescatore en 1852. Il a été depuis lors importé également du Pérou oriental par L'Hor- ticulture Internationale, de Bruxelles. Il existe deux variétés remarquables de cette espèce. La variété xanthina, qui fleurit pour la première fois en 1884, chez M. le baron Hruby, a les fleurs d'un jaune orangé, et est par conséquent extrêmement distincte;' la variété antioquensis, introduite vers 1868 par M. Linden, a les fleurs plus grandes que le type et d'un coloris plus sombre, brun acajou. Cette charmante Orchidée réussit bien dans la partie la plus aérée de la serre tempérée-froide; on la cultive généralement en panier. Elle peut séjourner avec les Odontoglossum de la Nouvelle-Grenade pendant l'été, mais l'hiver, l" JUIN 1896 87 elle réclame un peu plus de chaleur et surtout moins d'humidité, son repos étant plus prononcé. CYPRIPEDIUM PARISHI. — Cette charmante espèce a un cachet tout particulier qui attire immédiatement l'attention; ses fleurs sont disposées au nombre de quatre à sept en grappe horizontale. Leur forme est très élégante; les pétales allongés, horizontaux, sont enroulés en spirale; leur coloris est un vert clair, maculé de pourpre foncé vers la pointe; les bords sont ornés près de la base de verrues noires ciliées. Le pavillon, de dimension moyenne, est ovale lancéolé, d'un vert jaunâtre clair; le sabot est vert lavé de pourpre. Cette espèce est dédiée au Rev. Parish, le fameux explorateur de la Birmanie et de l'Inde; elle se cultive en serre chaude humide, comme les C. callosmn, barbaium, etc. Elle rendrait des services appréciables pour la fleur coupée si elle était plus répandue, mais elle est malheureusement assez rare. Elle mérite de figurer dans toutes les grandes collections. * NANODES MEDUSAE. — Le genre Nanodes, fondé par Lindley en 1832, est considéré actuellement comme une simple section du genre Epidendrum; mais au point de vue horticole il mérite d'être conservé. Les plantes qui le composent sont curieuses par leur port singulier, leurs feuilles distiques coriaces, d'un vert pâle glauque, et leurs fleurs charnues presque sessiles. Le N. Mediisae est le représentant le plus connu de ce genre, et figure dans la plupart des collections ; cultivé en panier et suspendu près du vitrage, il offre un aspect extrêmement étrange. Ses fleurs mesurent plus de 6 centimètres de diamètre, et ont le labelle très large, cordé, très frangé sur les bords, rouge-marron pourpré, avec le disque vert vif. Le sépale dorsal dressé verticalement est d'un jaune verdâtre nuancé de pourpre; les autres segments se voient peu. Le N. Medusae se cultive dans la serre mexicaine, de la même façon que la plupart des Epidendrum. * * ACINETA HUMBOLDTI. — Quoique d'une consistance un peu massive et d'un coloris assez sombre, les fleurs de cette espèce attirent toujours l'attention par leur abondance, leur grandeur et leur curieuse disposition. Le racème, issu de la base des pseudobulbes, est dirigé verticalement de haut en bas; les 88 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES fleurs, à peu près globuleuses, sont d'un brun rougeâtre pointillé de brun pourpré foncé; elles ont le labelle divisé en deux parties, hypochile et épichile, de même que dans les Stanhopea; l'épichile est légèrement mobile. Il existe une variété nommée fnlva, qui a les fleurs d'un coloris plus clair, jaune brunâtre pointillé de brun foncé, et le labelle jaune vif pointillé de brun. Les Acineta se cultivent dans la serre des Cattleya, en paniers suspendus; la floraison produit un effet superbe au mois de mai, et a une longue durée. ANSELLIA CONGOENSIS. — L'une des rares Orchidées de l'Afrique continentale qui sont appréciées au point de vue horticole. Il fut introduit en 1885 par M, Auguste Lindrn, au cours de son exploration botanique du Congo, et décrit par M. N. E. Brown, de Kew. Les Ansellia sont voisins des Cymbidium, dont ils se distinguent par le gynostème muni d'un pied. En outre, le port des Ansellia est très différent et la floraison se produit en racème dressé, et non pendant. Les fleurs de VA. congoensis sont largement maculées de brun foncé sur fond jaune verdâtre; le labelle a les lobes latéraux blanchâtres, veinés de pourpre intérieurement, avec deux côtes courtes sur le disque, et le lobe antérieur jaune. Cette espèce se cultive en serre chaude, comme son compatriote le Lisso- chilus gigantens, et réclame un bon repos pendant l'hiver. * ONCIDIUM SARCODES. — Le nom un peu singulier de cette espèce est expliqué de deux façons ; tantôt on l'interprète comme signifiant '< couleur de chair, » et on l'applique aux macules rouge-brun des sépales et des pétales, auquel cas il faudrait plutôt dire « couleur de sang ; » tantôt on le traduit par « charnu, » et comme la fleur n'est pas charnue, on applique cette épithète aux ailes de la colonne. C'est un nouvel exemple de la bizarrerie qui préside souvent aux choix des noms des plantes; malheureusement Lindley n'a pas expliqué plus clairement sa pensée. L'O. sarcodes est originaire du Brésil, et réussit bien en serre tempérée ou tempérée-chaude. C'est une espèce populaire, et très appréciable pour la longueur de ses grappes et la grandeur de ses fleurs, qui mesurent de 4 à 5 centimètres de diamètre. Les segments sont ovales arrondis, légèrement concaves, les pétales ondulés sur les bords, d'un brun rougeâtre clair, bordé de jaune; le labelle jaune vif trilobé, portant un petit nombre de points bruns autour de la crête. Mas de Vallia. l" JUIN 1896 89 TRAVAUX DE SAISON La saison naturelle est celle de la plus grande activité dans les serres ; la croissance est dans toute sa force, le beau temps la favorise à merveille, et si le jardinier a beaucoup de besogne, du moins est-il amplement récompensé de ses peines par les magnifiques floraisons qui émerveillent les visiteurs toujours nombreux. Les travaux qui réclament surtout ses soins actuellement sont ceux qui consistent à renouveler l'air et à entretenir l'humidité des pots et de l'atmosphère. L'ombrage doit être mis en place dans la matinée dès que le soleil devient assez ardent; mais cet ombrage doit être composé de baguettes espacées qui laissent pénétrer suffisamment de clarté dans la serre. Les rayons lumineux passent par les intervalles, mais ils sont interrompus par des lignes d'ombre, qui se déplacent selon la marche du soleil, de sorte que les feuilles, alternati- vement placées dans l'ombre et en pleine lumière, n'ont pas le temps de brûler. Dans la serre froide et la serre tempérée, les abris doivent rester en place depuis 9 heures du matin jusqu'à 5 ou 6 heures du soir, à moins que le temps se couvre, auquel cas on peut les relever. Dans les serres chaudes, on peut laisser les Orchidées un peu plus exposées au soleil direct, à la condition de les surveiller constamment pour s'assurer que les feuilles ne s'échauffent pas trop. En même temps que l'on voile en partie les rayons trop brûlants du soleil, il faut arroser abondamment les plantes et les tablettes, pour combattre l'effet de la chaleur et du vent desséchant qui règne en cette saison. Toutes les Orchidées, actuellement en pleine croissance, réclament beaucoup d'humidité. On ne fera exception que pour celles qui sonf sur le point de fleurir ou qui viennent de fleurir; dans le premier cas, il faut faire durer la floraison le plus longtemps possible et empêcher les plantes de partir en végétation; dans le second cas, il faut leur donner un court repos avant le développement de la pousse. Ce qui précède ne s'applique pas, naturellement, aux espèces dont la go LE JOURNAL DES ORCHIDEES floraison et la pousse se développent en même temps, comme le Coelogyne asperata par exemple; pour celles-ci le repos après la floraison aurait un effet nuisible, car il interromprait la végétation. Beaucoup de Cattleya, C. Mossiac, C. Mendeli, C. Skinneri, C. Lawrenceana, les Laelia piirpurata, elegans, majalis, les Miltonia candida, cuneata, vexillaria, le Maxillaria venusta, le Cymbidinm Loiviannm, etc., viennent de fleurir et vont entrer bientôt en végétation; de même, dans la serre chaude, les Dendrobiuin thyrsifloriim, devonianuin, plusieurs Aerides et Angraecum. D'autre part, plusieurs Anguloa les plus populaires, les Cattleya Rex, les Dendrobiiiui Dalhousicanum, D. Maccarthiae, D. suavissiiiiuin, D. Farineyi, etc., vont fleurir à bref délai, et dès que leurs boutons seront formés ils devront recevoir moins d'eau. Les Orchidées de serre froide, Masdevallia et Odontoglossum, réclament toujours une humidité abondante, à moins que l'on ait poussé leur végétation activement pendant l'hiver pour établir leur repos à la saison qui vient. Mais dans tous les cas, ce qui leur est le plus indispensable, c'est une aération continuelle, qui leur fournisse un air pur et frais. Seulement lorsque le vent est trop vif et soulève beaucoup de poussière, il est plus prudent de tenir les ventilateurs clos, au moins du côté d'où vient le vent. L'air chaud et le soleil dessèchent beaucoup les Odontoglossum et Masde- vallia de serre froide, et leur font du tort. La serre réservée à ces Orchidées doit être exposée au nord de préférence. L'aération doit être abondante aussi dans la serre tempérée, mais pendant la journée seulement ; dans la serre chaude, on renouvelle l'air au milieu du jour, et toutes les fois que le thermomètre extérieur est assez haut pour que les plantes n'aient pas à souffrir de la fraîcheur. Parmi les Orchidées qui vont fleurir le mois prochain, il faut mentionner spécialement le superbe Disa grandiflora, qui est toujours très admiré pour la grandeur et l'éclatant coloris de ses fleurs. Une fois que la tige florale se dessine, on met la plante bien en vue sur une soucoupe à colonnette, dans la partie la plus fraîche de la serre froide, et on lui donne beaucoup d'humidité; il faut avoir soin, toutefois, de ne pas mouiller les fleurs, qui se faneraient prématurément. Le Sophronitis grandifiora réclame dans l'ensemble le même traitement que les Odontoglossum crispuin; mais après l'achèvement de la floraison, il devra recevoir un court repos. On le suspendra sur bloc très près du vitrage. I" JUIN i8g6 gi Les Cypripedium, Vanda, Saccolabium, Phalaenopsis, ont besoin de beaucoup d'eau à la saison actuelle. On peut rempoter après l'achèvement de la floraison quelques plantes qui n'ont pas reçu un compost frais à la fin de l'hiver, et qui paraissent en avoir besoin maintenant, les Milionia vexillaria, par exemple. Il faudra avoir soin de briser le moins possible les racines, et tenir les plantes pendant quelques jours un peu plus à l'ombre que d'habitude. Les M. vexillaria, d'ailleurs, craignent toujours un peu les rayons directs du soleil, qui font vite rougir leurs feuilles. Le charmant Laclia cinnabarina, cultivé dans la même serre, est aussi au nombre des Orchidées qui peuvent être rempotées actuellement si leur compost n'est plus assez frais. LE COLLECTAGE DES ORCHIDÉES {Suite, voir page 76) Dans les climats tempérés, les bois sont composés de deux ou trois espèces, quelquefois d'une seule. Ces arbres fleurissent presque en même temps, et leur pollen est emporté par le vent à de grandes distances. Sous les tropiques, les choses se passent autrement; le vent a peu de prise sur une telle masse de feuillage. Que l'on l'examine d'en haut ou d'en dessous, la toiture verdoyante semble être parfaitement imm.obile. Les branches sont rigides, les feuilles raides, et les fleurs mêmes sont de structure épaisse; il n'y a rien de comparable au bouleau, au hêtre, et moins encore au tremble frissonnant. On ne connaît pas ici les changements d'aspect produits par un brusque coup de vent agitant ces arbres, non plus que ces superbes effets de lumière et d'ombre, qui charment les sens du peintre et du poète. Il en résulte aussi que l'on ne voit jamais des nuages jaunes de pollen comme ceux qui planent autour des pins, car, autant qu'on peut le voir, il n'existe pas dans les forêts de la Guyane un seul arbre fécondé par le vent. Ne pouvant pas compter sur le vent, les fleurs doivent chercher autour d'elles de quoi le remplacer utilement ; ce service leur est rendu par les bandes d'insectes qui planent en nuées au-dessus de la forêt pendant la nuit, et bour- donnent tout autour en essaims pendant le jour. Certaines des plus grandes 92 LE JOURNAL DES ORCHIDEES fleurs utilisent même des oiseaux, qui amassent le pollen sur les fines plumes qui se trouvent à la naissance de leur bec. Sans l'aide de certains êtres vivants, beaucoup d'arbres s'éteindraient; aussi font-ils tout pour attirer les êtres ailés et les engager à accomplir cet office. Les principaux moyens employés dans ce but sont les coloris et les parfums, les premiers s'adressant aux insectes diurnes, les seconds aux nocturnes. Les couleurs brillantes suffisent à elles seules pour attirer les papillons et les abeilles; les nuances sombres ou ternes sont ordinairement accompagnées d'odeurs plus ou moins désagréables à nos sens, mais séduisantes pour les insectes ailés. On pourrait peut-être dire que dans le premier cas les fleurs sont éclatantes parce qu'elles s'épanouissent aux rayons ardents du soleil tropical, tandis que dans le second cas elles sont tristes, parce qu'elles s'ouvrent à l'ombre. Mais comme les plantes semblent pouvoir choisir entre les extrémités des branches, les aisselles des feuilles et le tronc, toutes en somme atteignent leur but, quelle que soit la place qu'elles ont choisie. Çà et là, dans la forêt, nous rencontrons un arbre dont les tiges florales prennent naissance au-dessous du dôme du feuillage, et cela paraît si singulier que nous nous demandons pourquoi il se produit de telles exceptions, et quel avantage particulier l'arbre retire de cette disposition. Peut-être les fleurs se trouvent-elles ainsi mieux sur le passage des insectes qui aiment l'ombre ; nous ne voyons pas d'autre raison, et il faut accepter celle-là provisoirement. Le Cacao en est un exemple intéressant, et l'on ne peut guère le considérer comme ayant dégénéré, mais plutôt comme admira- blement adapté aux conditions dans lesquelles il se trouve. Il n'est pas nécessaire de parler longuement des superbes fleurs qui recherchent le soleil, et empruntent à ces rayons leurs brillantes couleurs. Mais nous pouvons mentionner celles qui s'épanouissent aux premières heures du matin, et se ferment avant que la lumière devienne trop ardente pour leur délicatesse. Le type le plus connu de cette catégorie est peut-être le Volubilis ; mais il existe d'autres Convolvulacées, des Orchidées et des Bignonia qui sont aussi remarquables. Il y a aussi des espèces qui ne supportent pas la moindre humidité, et qui attendent pour s'épanouir que le soleil soit assez élevé au-dessus de l'horizon, puis se referment lorsque les ombres commencent à s'allonger, ou même plus tôt quand le temps est nuageux. D'autres s'ouvrent vers la tombée de la nuit, mais ceUes-ci se rapprochent de la très nombreuse catégorie de plantes qui ont une existence nocturne. Quelle glorieuse cohorte que celle des fleurs nocturnes ! La Victoria Rcgia, I" JUIN 1896 93 les Cereus et d'autres Cactées, les Datura et une foule d'autres fleurs blanches, s'ouvrent au coucher du soleil, distillent leur parfum, et le répandent au loin dans l'air humide. Puis viennent les autres fleurs blanches qui restent ouvertes pendant la journée, mais restent à peu près sans parfum jusqu'à ce que la nuit vienne réparer les effets du soleil brûlant. Dans les forêts, beaucoup d'arbres portent des fleurs blanc verdâtre d'aspect insignifiant, qui méritent à peine qu'on arrête sur elles les yeux. Mais promenez-vous la nuit près des bords du fleuve, et vous serez surpris de sentir les divers parfums qui s'exhalent de ces pauvres petites fleurs. Tantôt c'est une odeur analogue à celle du jasmin, et si forte qu'elle rend véritablement malade ; tantôt c'est une de ces odeurs semi-aromatiques qui rendent presque joyeux. D'où se dégagent-elles, de quel arbre viennent-elles, c'est ce qu'il est impossible de dire; peut-être sont-elles distillées par un arbre proche du bord, peut-être par un autre dont nous ne soupçonnons même pas l'existence, situé à quelque cinq cents mètres de là. La particularité la plus intéressante peut-être à signaler à propos de ces parfums, c'est qu'ils se dégagent à certains moments, et seulement pendant de courtes périodes. Quelquefois la fleur s'ouvre, accompht sa tâche pendant une heure ou deux, puis se referme, soit définitivement, soit, dans un petit nombre de cas, pour recommencer le lendemain à la même heure. Mais ces dernières sont des exceptions : en règle générale, les fleurs restent ouvertes, seulement dans un état de repos apparent, jusqu'à ce que revienne l'heure où elles agissent. Certaines Orchidées offrent des exemples charmants de ce fait, et causent parfois un grand désappointement à ceux qui les possèdent. Peut-être avez-vous parlé à un ami du délicieux parfum du Burlingtonia fragrans, en lui disant qu'il vous rappelait un sentier ravissant du pays natal, où vous aUiez, quand vous étiez enfant, respirer l'odeur des violettes, si bien cachées parmi les feuilles que l'odorat seul vous indiquait leur présence. « Venez sentir cela! » dites-vous, et vous le conduisez près de la fleur; « n'est-ce pas délicieux? Cela ne rappelle-t-il pas les vieux souvenirs? Quelle ressemblance parfaite! » Vous vous laissez aller à votre enthousiasme, et vous attendez une réponse empressée. Mais votre ami ne dit mot, et sa politesse seule l'empêche de vous contredire. La vérité est que la fleur a accompli sa tâche de la journée, et que ses pétales exquis ne laissent plus échapper la moindre trace de parfum. Et les faits de ce genre sont loin d'être rares; en fait, presque toutes les 94 LE JOURNAL DES ORCHIDEES fleurs blanches des tropiques exhalent des parfums intermittents. Même sous les climats tempérés, il existe une différence frappante entre les parfums dégagés à différents moments de la journée, mais il est rare que des fleurs ne dégagent aucune odeur à un moment ou l'autre. On pourrait croire au premier abord que ces variations sont capricieuses; mais en observant de près, on constate qu'elles sont presque toujours les mêmes à la même minute, et si l'on note l'heure avec soin, on remarquera presque à coup sûr qu'elles coïncident avec le moment où l'agent fécondateur vole dans les environs. Voici l'explication bien simple de ce fait : la fleur ne peut être fécondée que par une sorte particulière d'insecte, et elle déploie tous ses efforts quand il y a des chances pour que l'insecte erre dans les environs. Sans les fleurs, l'abeille ne pourrait pas exister, et sans l'abeille il ne se produirait pas de graine. On peut observer aisément dans les jardins de notre pays que cette dépendance mutuelle est complète, et c'est un fait patent pour quiconque a un jardin dans d'autres pays. Sans l'intervention d'un insecte donné, la plante fleurit et refleurit sans produire une seule graine parfaite, et comme cet agent n'existe pas en dehors de son pays d'origine, la plante demeure stérile. Un arrangement aussi bien combiné semble être dû à autre chose qu'une pure coïncidence, et révèle même un plan arrêté dans la plante plutôt que dans l'animal. Il est peut-être permis de dire que l'insecte fixe l'heure de son repas au moment où sa nourriture est disponible; mais dans le cas de beaucoup d'insectes parfaits, leur vie est si courte que la préparation devrait être faite pendant qu'ils seraient à l'état de larve. Il est donc plus vraisemblable de supposer que le premier choix a été fait par la plante. Néanmoins la dépendance mutuelle est tellement étroite qu'il est aussi difficile de se prononcer pour l'un que pour l'autre. [Sera continué.) -4^«-»*- CYPRIPEDIUM ET SELENIPEDIUM Un de nos confrères exprimait récemment l'avis qu'il ne faut attribuer que peu de valeur à la distinction générique établie entre les genres Selenipedium et Cypripedium, « distinction purement artificielle qui n'est échafaudée sur aucune base solide. » Nous ne partageons pas cet avis, et pour démontrer la valeur très réelle de i" JUIN i8g6 95 cette distinction, nous ne pouvons faire mieux que de citer le passage suivant de la description du Seknipediuui X grande, publiée dans la Lindenia, sous la la signature de M. Rolfe : « A notre avis, le genre Selenipedium est aussi distinct et aussi appréciable que beaucoup d'autres qui sont universellement reconnus dans la famille orchi- déenne. L'ovaire présente toujours trois cellules et une placentation axile, tandis que dans les Cypripedium l'ovaire n'a qu'une cellule, et la placentation est pariétale. Ces caractères ne sont nullement dépourvus d'importance. Il existe une petite tribu, la plus ancienne des Orchidées, celle des Apostasiées, dans laquelle l'ovaire présente exactement la même structure que dans les Selenipedium. Il est vrai que dans ces derniers, plusieurs autres organes floraux ressemblent à ceux des Cypripedium : mais le port, la forme du stami- node et d'autres détails encore, permettent en général de distinguer ces deux groupes l'un de l'autre à première vue. Il existe d'ailleurs d'autres genres tout aussi difficiles à distinguer d'une façon absolue : ainsi les Dendrobium ne se séparent des Eria, et les Pleurothallis (section des aggregaiae) des Octomeria, que par une seule différence dans la constitution du pollen. On les considère cependant comme formant des genres distincts et bien caractérisés. » Il y a peu de chose à ajouter à ces remarques. Au point de vue horticole, les Selenipedium se distinguent facilement par leur port, par la longueur et la forme de leurs feuilles, par leur patrie. L'usage a prévalu cependant d'employer couramment le nom de Cypripedium pour toutes les Orchidées à sabot ; mais les distinctions restent néanmoins fort nettes, et l'usage horticole ne saurait prévaloir ici contre d'excellentes raisons, pas plus que quand il prétend imposer à un hybride de deux Miltonia le nom de Miltoniopsis. L'hybridation fournit d'ailleurs un argument de plus en faveur du maintien de cette séparation; et il est d'autant plus singulier de voir que c'est à propos d'un hybride que l'on conteste sa valeur. En effet il n'a pas été possible jusqu'à présent d'obtenir la floraison d'un seul semis issu de croisement entre Seleni- pedium et Cypripedium. La fécondation croisée a donné des graines qui ont levé, mais les plantes obtenues n'ont jamais fleuri. C'est même un cas particuHèrement curieux ; et la différence de structure entre ces deux genres voisins est mise ainsi en relief, alors que les semeurs sont parvenus à faire fleurir des hybrides entre Cattleya et Laelia, entre Cattleya et Sophronitis, entre Zygopetalum et Colax, etc., tous genres que l'on continue néanmoins, avec raison, à considérer comme distincts. g6 LE JOURNAL DES ORCHIDEES ETUDES DE BOTANIQUE ELEMENTAIRE SUR LES ORCHIDÉES (Suite, voir p. 64) On connait actuellement environ quatre-vingt espèces de Coelog5^ne, qui croissent dans une aire géographique assez restreinte : environ les trois quarts d'entre elles habitent l'Inde anglaise; les autres se rencontrent dans les régions tropicales voisines et spécialement dans l'Archipel Malais ; une seule atteint la Chine méridionale. Elles abondent particulièrement sur les pentes méridionales de l'Himalaya, entre 1000 et 2000 mètres d'altitude. Quelques-unes s'élèvent davantage; ainsi le C. coryuibosa croît dans les monts Khasia entre 2000 et 3000 mètres et le C. Hookcriana a été observé dans le Sikkim jusqu'à 3100 mètres d'élévation. Ce grand genre sert de type et a donné son nom à la sous-tribu des Coelo- gynées, dont voici les principaux caractères : Tige parfois renflée en pseicdobulbe généralement surmonté de deux feuilles, parfois non bulbeuse et portant plusieurs feuilles. Fleurs en grappes ou parfois solitaires, naissant sur un pédoncule générale- ment terminal. Gynostème avec ou sans pied. Pollinies au, nombre de quatre ou de huit, fasciculées, souvent un peu comprimées, à sommet aigu, acuminé ou prolongé en caudicule. En comparant ces caractères avec ceux du groupe des Blétiées (voir 6""= année, p. 385), on peut remarquer que dans ce dernier, les inflorescences sont généralement latérales et les huit pollinies sont rangées en deux séries; tandis que les Coelogynées ont presque toujours les inflorescences terminales, et les pollinies, au nombre de quatre ou de huit, sont groupées en fascicules. IL Pholidota. — Ce genre est encore dû à Lindley, qui le décrivit dans le second volume de l'ouvrage Exotic Flora, de Hooker, publiée vers 1824 ou 1825. Son nom dérive des deux mots grecs pholis ou écaille et otos qui signifie épi, et fait allusion à ce que dans l'espèce primitive du genre, le P. imbricata, l'inflorescence est garnie de nombreuses bractées imbriquées en forme d'écaillés demi-circulaires, qui cachent complètement les fleurs avant leur épanouissement. On y rapporte, comme synonymes, le Ptilocnema de D. Don (1825), et les i" JUIN i8g6 97 Crinomia, Chelonanthera (section i) et Acanthoglossum de Blume (1825). Nous avons vu que Reichenbach l'avait réuni aux Phiiodota en 1861 ; mais ces vues sur ce point n'ont pas été admises. Le nombre d'espèces aujourd'hui décrites du genre Phiiodota s'élève à une vingtaine environ, et elles ont à peu près la même dispersion que celle qui a été indiquée plus haut pour le genre Coelogyne. Outre le P. imhricata, introduit depuis 1823, on cultive parfois le P. articu- lata, le P. carnea, le P. ruhra et quelques autres; mais aucune d'entre elles n'a une bien grande importance ornementale. Ce genre se distingue surtout des Coelogyne par ses fleurs beaucoup plus petites, par son labelle présentant à la base une cavité en forme de sac, et par son gynostème très court, au lieu d'être allongé. {A suivre.) A. COGNIAUX. «^•^> LES ORCHIDÉES A l'eXPOSITION DE PARIS EN l8g6 L'Exposition organisée aux Tuileries par la Société Nationale d'Horticulture de France a obtenu un succès plus grand encore que les précédentes. Le président de la République, accompagné de M""^ et de M"^ Faure, de M. Le Gall, directeur du cabinet, et du commandant Humbert, officier de sa maison militaire, est allé l'inaugurer le 20 mai, à deux heures et demie. Le président a été reçu par M. Méline, président du conseil et ministre de l'agriculture, et les membres du bureau de la Société. M. FÉLIX Faure a parcouru toutes les parties de l'Exposition, admirant les Orchidées, qui ont remporté leur succès habituel, et l'étonnante collection de rosiers en fleurs qui occupait à elle seule une des trois grandes tentes. Une cascade faite de blocs artificiels était ménagée sous la rampe qui mène à la galerie des roses; dans les anfractuosités des roches étaient groupés des Palmiers et des Orchidées. Le président de la République a complimenté vivement le dessinateur de ces rocailles, qui lui a été présenté. Les Orchidées exposées par MM. Dallemagne et C'% de Rambouillet, étaient également disposées en massif bordé par une rocaille d'un charmant effet. Ce groupe, le plus important assurément de l'exposition en fait d'Orchi- dées, comprenait de superbes Cattleya, Laelia purpurata, un Laelia tenebrosu de gS LE JOURNAL DES ORCHIDÉES premier ordre, des Odontoglossum superbes, Vanda, Cymbidium eburnetim, Dendrobium, Cj'pripedium, etc., toutes plantes remarquables parleur choix et leur magnifique culture. Le groupe de M. Robert Lebaudy, voisin du précédent, était très bien choisi et a beaucoup plu; il comprenait notamment de beaux Laelia purpitrata, Cattleya Mendeli et C. Mossiac, Cypripedium, entre autres le C. x Youngianum, Odon- toglossum, etc. L'espace nous manque pour entrer dans des détails plus complets, et nous nous bornerons à extraire du catalogue la liste des récompenses en ce qui concerne les Orchidées : Médaille d'honneur du maréchal Vaillant : Messieurs Dallemagne et D^, pour Orchidées. Premier Concours. — Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage, intro- duites le plus récemment en Europe : Médaille de vermeil, M. Piret, pour Cattleya; M. Régnier, remerciements pour Orchidées. 3^ Concours. — Lot de plantes hybrides dont les parents seront indiqués : M. Mantin, remerciements pour Cypripedium de semis. 4^ Concours. — Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage, ligneuses ou herbacées, obtenues de semis par l'exposant, et non encore dans le commerce : Médaille d'or, M. Mantin, pour Cattleya x Mantini; grande médaille, M. Bleu, pour Laelio-Cattleya purpurata x Roezli{?); médaille d'argent, M. Bleu, pour Laelio-Cattleya; médaille d'argent, M. Bleu, pour Cypripedium de semis. 6« Concours. — Quatre plantes fleuries ou à feuillage les plus remarquables par leur forme et leur développement : Médaille d'argent, M. Piret, pour Cattleya Mossiae var. 15e Concours. — La plus belle collection de cent Orchidées exotiques en fleurs: Médaille d'or, M. Bekt ; grande médaille de vermeil, Messieurs Dalle- magne et C^^ i6e Concours. — La plus belle collection de cinquante Orchidées exotiques en fleurs : Médaille d'or, Messieurs Dallemagne et C'^; médaille de vermeil, M. Dallé. 17e Concours. — La plus belle collection de vingt-cinq Orchidées exotiques en fleurs : Médaille d'or. Messieurs Dallemagne et C'^ ; médaille d'or, MM. Duval et fils; grande médaille de vermeil, M. Mantin; médaille de vermeil, M. Garden; l" JUIN 1896 99 médaille d'argent, M. Piret; médaille d'argent, M™^ veuve Antoine Chantin et ses enfants. 18^ Concours. — La plus belle collection de douze Orchidées exotiques en fleurs : Messieurs Dallemagne et C'% remerciements du Jury. 19e Concours. — Le plus beau lot d'Orchidées ne dépassant pas cinquante plantes : Médaille d'or, MM. Cappe et fils; médaille d'or, M. Garden; médaille d'or, M. Robert Lebaudy; médaille d'or, M. Régnier; grande médaille de vermeil, Messieurs Dallemagne et C'%- médaille d'argent, M. Nonin. 2oe Concours. — La plus belle collection de vingt-cinq Cypripedium en fleurs : M*"^ veuve Antoine Chantin et ses enfants, remerciements. La commission d'organisation de l'exposition avait eu une idée nouvelle, celle d'instituer un concours de bouquets. Elle avait répandu une circulaire parmi les professionnels et les gens du monde, les invitant à prendre part à ce concours. Les fleuristes en général ont hésité à affronter les chances d'un examen. Mais beaucoup de dames et de demoiselles du monde ont envoyé de belles gerbes de fleurs. Une médaille d'honneur a été décernée à M. Pache pour une superbe touffe de fleurs d'Orchidées. G. T. G. PETITES NOUVELLES PETITE CORRESPONDANCE « THE GRAND TEMPLE SHOW. » — Le record du inonde pour la plus grande somme d'ar- gent payée Jusqu'ici pour un Odontoglossum. — Les Orchidées étaient, comme toujours, brillam- ment représentées aux grandes floralies du « Temple Shoio » à Londres, ouvertes du 19 au 21 mai. Le nombre des visiteurs a été colossal. On ne peut se faire une idée de la foule élégante qui se pressait dans les vastes tentes dressées sur les immenses pelouses du« Temple Garden. » Il y avait là plusieurs milliers d'Orchidées, et parmi elles, quelques variétés absolument remar- quables. Voici celles qui ont été primées et étaient certainement les plus saillantes : Certificats de if^ classe : Odontoglossum crispum augustum (le clou, le champion de l'Exposition, comme disaient les anglais) ; Cattleya Mossiae Arnoldiana Loic's var., une variété superbe ; Laelia purpurata Lewisi, la variété la plus vraiment blanche que j'ai vue jusqu'ici ; Cattlevn specinsissinia Eruesti, variété hors ligne. Certificats de mérite : Odontoglossum crispum LE JOURNAL DES ORCHIDEES Lowii; Odontoglossnm expansum; Miltonia vex'tl- laria Coeiuaiia (ces deux dern:ers exposés par M. Jules Hve, de Gand); Catilcya Mossiae Béatrice; Laelia pitrpiirata Artliiir Wlgan ; Oncidium varicosum gignnteum; Cypripcdluni X Cowleyannm var. Anna Louise ; Cypripediinnyf Corndcaiii ; Odontoglossnm crispimi guttatuni Miss Victoria Ellis et Cattleya Mossiae Charles Ingram. Certificats botaniques : Epidendrum hasta- iiiin et Miiracvlliun gemma. Certificats de culture : au Duke of Suther- LAND, pour son Odontoglossnm crispnm portant six grappes. Le grand succès du « Sliow » allait à VOdon- toglossum augiistnm Linden, exposé par nous et qui venait de fleurir pour la première fois chez MM. Dallemagne et Qie à Rambouillet, d'une de nos importations d'il y a deux ans. C'est certainement la merveille des merveilles parmi les Odontoglossum. Il n'y avait qu'une voix pour le proclamer s.\i^éT\eMV kV Odontoglossum apiatum du baron Schrôdek, qui détenait la palme jusqu'ici. On ne peut se faire une idée de l'enthou- siasme qu'il a provoqué. A peine déballé et mis en place, les offres d'achat abondaient : on m'oiïrait de suite 200 Guinées; puis une douzaine d'amateurs allaient à 250 Guinées et quatre (dont un horticulteur, M. Backhouse de York) poussaient jusqu'à 300 Guinées (7875 francs). J'avais promis à M. Jules Hve, de Gand, qui m'avait fait la première offre, de lui laisser la préférence au plus haut prix offert : c'est donc notre grand amateur belge qui en est devenu l'heureux acquéreur. Je dois ajouter qu"a\'ant la fin de cette mémorable journée, on me faisait offrir à M. Jules Hve 50 Guinées de bénéfice s'il voulait recéder la plante, offre qu'il n'a pas hésité à décliner. Ce prix de 7875 francs est la somme d'argent la plus élevée qui ait été payée jusqu'ici pour un Odontoglossum. C'est à peu près le double du prix de vente de V Odontoglossum apiatum. U Odontoglossum augustum a eu à Londres tous les honneurs : à peine arrivées à la « Temple Show, » LL. AA. RR. le Prince et la Princesse de Galles, accompagnées de LL. AA. RR. les Princesses Victoria et Maud, Leurs Filles, et de S. A. R. le Prince Charles de Danemnrck, se sont fait conduire immédiatement desant notre groupe, ont vivement admiré notre « champion >- et nous ont chaudement félicité d'avoir apporté à Londres une « pareille merveille, » Nous pouvons, à trois, nous féliciter cordiale- ment : MM. Dallemagne et C'e, pour l'avoir cultivé et avoir eu l'honneur de le faire fleurir pour la première fois en Europe; L'Hokticul- ture Internationale, pf)ur l'avoir introduit avec les grandes variétés qui ont fleuri dernière- ment et dont nous avons parlé dans un de nos numéros précédents, ainsi que pour l'avoir exposé et vendu; enfin, M. Jules Hve, pour avoir pu ajouter le plus brillant des joyaux à son incom- parable collection d'Odontoglossum. Nous donnerons dans notre prochain numéro la description et une figure de VOdontoglossum augustum, devenu une des Orchidées les plus célèbres. En publiant dans le numéro du ler mai dernier, page 59, l'article intitulé « Une vouvelle série d'Odontoglossum, ■» nous faisions prévoir la flo- raison de variétés de plus en plus belles et qui devaient laisser loin derrière elles toutes celles qui avaient paru jusqu'ici en Europe. Nos der- nières importations donneront encore bien des surprises. Nous avons fait explorer des localités nouvelles et nous espérons retrouver quelques variétés aussi belles que le meleagris et Vau- gustum. — Quien sabe ? MONSTRUOSITÉ. — Un Coelogyne flaccida a produit récemment en Angleterre deux fleurs malformées sur une même grappe. L'une des fleurs avait deux sépales, deux pétales, et deux labelles placés côte-à-côte; la colonne était normale. L'autre fleur avait trois sépales, trois pétales de la même forme et de la même gran- deur, et trois labelles, dont deux de la forme ordinaire et un petit adhérent à la colonne. CATASETUM RANDI. - Cette espèce a été récemment décrite et figurée dans le Botanical Magazine. Ses deux formes sexuelles sont connues ; les fleurs mâles ont les segments verts, tachetés de rouge, avec le labelle trilobé, très frangé ; les fleurs femelles sont, comme à l'ordi- naire, très différentes et à peu prè.s globuleuses, avec le labelle en forme de sac ; les pétales et sépales sont linéaires. SELENIPEDIUM X VERDIERL— A propos de cet hybride, récemment primé par la Société Nationale d'Horticulture de France, un corres- pondant nous fait remarquer que son origine est identique à celle du .S. ^ grande. Il y a cependant une différence, c'est que le S. eaudatum est rem- placé dans le croisement par sa variété Wallisi. En outre, les fleurs des deux hybrides sont très distinctes; non seulement celles du iS. y^ Vcr- dieri sont beaucoup plus pâles que celles du S. y' grande, ce qm s'explique aisément, puisque le &'. eaudatum ]\'allisi se distingue par un coloris pâle, mais encore elles sont plus grandes, ont les pétales plus longs, et en somme se rapprochent beaucoup du S. eaudatum M'atlisi. * ¥ I.E CATALOGUE ILLUSTRÉ DES ORCHI- DÉES, et autres plantes nouvelles, de L'Horti- culture Internationale, pour 1896, paraîtra le 5 juin prochain. L. L. L'HORTICULTURE INTERNATIONALE (SOCIÉTÉ ANONYME) PARC LÉOPOLD. — BRUXELLES. PLANTES NOUVELLES D'INTRODUCTION DII^EOTE MISES AU COMMERCE, POUR LA PREMIÈRE FOIS, A PARTIR DU 15 JUIN 1896 Le catalogue descriptif des plantes nouvelles paraîtra le 5 juin prochain Adiantum Claesianum Adiantum lineatum Anthurium Scherzerianum « Géant sanglaut » Bégonia Faureana Bégonia Faureana var. argentea Bégonia Faureana var. metallica Bertonerila M"^*" Cahuzac Bertonerila M'"*^ de Brezetz Bertonerila M'"^ du Toict Bertonerila M""® Treyeran Bertonerila M"^ Lucienne Linden Bertonerila M™'' de Lansberge Caladium adamantinum Caladium lilliputiense Chamœdorea gratissima Cyrtosperma ferox Dichorisandra angustifolia Dieffenbachia meleagris Geonoma Siesmayeriana Hoemanthus Lindeni Heliconia spectabilis Labisia smaragdina Miconia vesicaria Philodendron Devansayeanum / Philodendron robustum Plectocoma crinita Tradescantia dilecta Tradescantia superba Zamia Noeffiana La plupart de ces plantes ont fait partie du Grand Lot de plantes nouvelles vainqueur à l'Exposition Interna- tionale d'Horticulture de Paris en 1895. 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D ALLEMAGNE et C'^ j à Rambouillet. «=5ru SOMMAIRE DU 151"^ NUMERO Causerie sur les Orchidées 101 Revue des Orchidées nouvelles on peu connues . 105 Le vitrage des serres IH Le collectage des Orchidées 112 Petites nouvelles et petite correspondance. . . 114 PÊRE^ & FILS 16, Rue d'Algérie, 16 [^ j - K^ 'v o XV r g 161 Prix d'honneur et Médailles Le Catalogue Général des GRAINES et AUTRES ARTICLES, 120 pagog, Poiis liclip couver- ture, illuslré de 2UU gravures, contient lo La liste des I\'uuvvautvs intéressantes. 2" La liste fies Graines de Leyumes. 3» La liste des Graines de peurs, i" La liste des Graines pour prairies el pelouses Ces listes sont accompagnées de TOUTES les explications UTILES. 5" La liste des Oignons à fleurs. 60 La liste des Plantes de (olleetions. 7o La liste des Outils et instruments horticoles, etc., etc. C'çst eertainemmt la plus intéressante des publications de ee genre. 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Ces deux genres splendides ont joué dans l'horticulture, dès leur fondation, un rôle considérable ; la plupart des espèces qu'ils ren- ferment peuvent être rangées, pour la beauté de leurs fleurs, en toute première ligne, et pas une d'entre elles, chose rare, n'a jamais été reléguée dans la caté- gorie discréditée des « Orchidées botaniques. » Quoique la distinction établie par Ltndley entre les deux genres soit admise universellement par les cultivateurs et par les botanistes, d'étroites analogies de forme, d'origine et de culture les rapprochent de telle façon dans l'esprit des orchidophiles, qu'il est difficile de parler de l'un sans parler de l'autre ; et il n'est pas téméraire de supposer que les progrès de l'hybridation feront bientôt tomber la barrière qui les sépare. On sait, en effet, que le seul caractère botanique qui permet de distinguer les Cattleya des Laelia est le nombre des masses polliniques : les Cattleya en ayant quatre, et les Laelia huit disposées sur deux rangs. Pour tout le reste, la même diagnose peut s'appliquer aux deux genres, et se formuler comme suit : Sépales membraneux ou charnus, étalés, égaux : pétales presque toujours plus larges ; labelle articulé à la base du gynostème, généralement trilobé et enveloppant le gynostème; colonne charnue, allongée, sensiblement demi- cylindrique, non ailée ; anthère terminale, convexe, charnue, à bords membra- neux; pollinies cireuses en forme de disques comprimés, disposées parallèle- ment ; caudicules au nombre de quatre. Herbes épiphytes américaines, à pseudobulbes peu espacés sur le rhizome ; feuilles charnues ou coriaces, solitaires ou géminées; scapes presque toujours terminal, pauciflore, issu ordinairement d'une spathe de grande dimension. Fleurs grandes et belles, très fréquemment odorantes. LE JOURNAL DES ORCHIDEES Les genres Cattleya et Laelia rentrent dans la tribu des Épidendrées dans les classifications de Lindley, de Bentham et de Pfitzer. Historique 1° CATTLEYA. — Le genre Cattleya n'est pas un des plus anciens de la famille des Orchidées, car ce n'est qu'en 1821 ou 1822 qu'il fut fondé par Lindley dans ses CoUectanea botanica. Un petit nombre d'espèces, toutefois, avaient été recueillies par des explorateurs avant cette époque : tels sont le C. maxiina, découvert par Ruiz et Pavon vers 1777, mais qui ne fut décrit qu'en 1831 ; le C. Loddigesi, dédié aux fameux introducteurs qui le répandirent, d'abord sous le nom û.' Epidendrum violaceum ; le C. sitperba, signalé par Humboldt et Martius longtemps avant son introduction par Schomburgk; enfin le fameux Cattleya lahiata, récolté par Swainson en 18 18. Des découvertes successives, dues principalement aux recherches des collec- teurs de la Société royale d'Horticulture de Londres, de Hartweg, Gardner, Schomburgk, J. Linden, Loddiges, Ure-Skinner, Low, Schiller et des maisons Linden, Backhouse, Veitch, etc., enrichirent le genre, qui se com- pose aujourd'hui de trente-sept espèces environ. Parmi les faits les plus saillants de cette histoire, il faut citer l'introduction du Cattleya Mossiae (iH^6), du C. Dowiana et du C. aurea (vers 1865-1S67), du ('. Eldorado (i865), du C. Trianae {1860), du C. Mendeli (1870), du C. ainethystoglossa, du C. Rex (i8go), et la fameuse réintroduction par MM. Linden du Cattleya lahiata, l'un des plus beaux et les plus précieux du genre, vainement recherché pendant soixante ans et rendu enfin à l'horticulture en 1890. Il peut être utile de mentionner dans cet abrégé historique que Reichenbach {Walpers' Annales, 1861) prétendit supprimer le genre Cattleya, qu'il fondit dans le genre Epidendrum, en même temps qu'il rattachait aux Bletia toutes les espèces connues de Laelia. Cette nouvelle classification ne fut admise par aucun autre auteur, et Reichenbach lui-même ne tarda pas, d'ailleurs, à l'abandonner. 2° LAELIA. — Le genre Laelia fut fondé en 1831, également par Lindley, dans son ouvrage Gênera and species of Orchidaceons Plants. Deux espèces seule- ment étaient connues avant cette époque ; d'abord le Laelia inajalis, signalé dès 1615 par le jésuite Hernandez, puis par Humboldt, et décrit par Kunth en 1815 sous le nom de Bletia spcciosa; en second lieu le L. crispa, introduit i6 JUIN 1896 103 en 1826, et que Lindley lui-même avait d'abord décrit {Bot. Reg., t. 1172) sous le nom de CaUleya crispa. Depuis cette époque, le genre s'enrichit successivement de nouvelles décou- vertes jusqu'en 1882, année qui clôt la série. Les noms les plus saillants dans cette histoire sont ceux des L. anceps (1835), L. antHuinalis (1836), L. pu- mila (1837), L. purpiirata et L. elegans (1847), L. grandis (1849), et les princi- paux explorateurs qui contribuèrent à les faire connaître étaient les J. Linden, LoDDiGEs, Hartweg, Tayleur, Verschaffelt et Devos, Pinel, Libon, Bkys, les collecteurs de la Société royale de Londres, etc. Le genre Laelia comprend actuellement vingt-quatre espèces, en y rattachant les deux plantes autrefois décrites par Lindley sous les noms de Brassavola Digbyana et B. glauca, mais que Bentham, et après lui la plupart des auteurs, ont considérées comme de véritables Laelia. Variétés et hybrides On ne donnerait qu'une idée inexacte de la richesse et de la vaste compré- hension des deux genres dont nous nous occupons si l'on négligeait de men- tionner, d'une part, les innombrables variétés qui se rattachent à diverses espèces, et d'autre part, les hybrides artificiels dont s'est enrichie l'horticulture depuis quelques années. Le genre Cattleya renferme plusieurs espèces qui sont particulièrement variables. Au premier rang de ces espèces il faut citer le C. lahiata. Il est généralement admis que les plantes désignées dans l'horticulture sous les noms de C. Mendeli, C. Mossiae, C. Trianae, C. gigas, C. anrea, C. Eldorado, etc., sont de simples variétés ou formes géographiques du C. labiata; en outre, chacune de ces variétés présente elle-même des variations infinies de forme et de coloris, et l'on pourrait dire à propos de presque toutes ce qu'écrivait en 1870 le rédacteur de U Illustration Horticole : « J'ai pu constater tout récemment, à propos de la remarquable floraison du Cattleya Eldorado dans les serres de M. Linden, à Bruxelles, que sur 700 fleurs environ épanouies à la fois, il eût été impossible d'en trouver deux semblables. » En dehors même du C. labiata, beaucoup de Cattleya et de Laelia, tels que les magnifiques L. anceps, L. elegans et L. purpurata, présentent de grandes variations de colons. Quant aux hybrides, leur nombre sans cesse croissant et leur variabilité promettent de transformer totalement, d'ici à un nombre d'années assez court, I04 LE JOURNAL DES ORCHIDEES la physionomie des deux genres dont nous traitons, de même que celle de beaucoup d'autres genres. Les premiers hybrides de Cattleya firent leur apparition en 1859, époque a laquelle MM. Veitch en exposèrent, d'abord cinq dont l'origine n'était pas connue, et dont l'histoire n'a pas gardé trace, puis un sixième, le C. X Domi- nyana, issu du C. maxima fécondé par le C. intermedia. Puis parurent le C. X Aclandiae-Loddigesi ou C. X Brabantiae, le Laelia X exoniensis, le Laeliocattleya x devoniensis, le L. x Pilcheri, le Cattleya X qtiinquecolor , le C. X Manglesi, tous dûs à M. Dominy, l'habile semeur de l'établissement Veitch. D.ès lors, presque chaque année vit se succéder les hybrides artificiels nouveaux, de plus en plus nombreux, et l'on peut en compter environ 180 actuellement, issus de Cattleya, de Laelia, ou de représentants de ces deux genres combinés. Les Cattleya et les Laelia, en effet, se croisent très facilement entre eux, et c'est même l'un des arguments qui faisaient hésiter Bentham à conserver une distinction entre les deux genres. On donne aux produits de ces croisements bi-génériques le nom de Laeliocattleya, proposé par M. Rolfe, et celui de Cattlaelia; tous deux prétendent rappeler l'origine des semis, mais leur utilité paraît être assez passagère, étant donné que l'on a déjà produit des hybrides entre Laeliocattleya et Cattleya ou Laelia. Le genre Cattleya, d'ailleurs, a servi également à des croisements artificiels avec les genres Sophronitis et Epidendrum, ce qui a donné des Sophrocattleya et des Epicattleya. N'essayons pas de prévoir le nom qui devra servir à désigner un hybride de Laeliocattleya et de Sophrocattleya ou d'Epicattleya ! Parmi les plus remarquables des hybrides artificiels obtenus dans ce groupe de genres jusqu'à l'heure actuelle, je citerai : les Laelia x caloglossa, L. x flanimea, L. x Oweniae, Laeliocattleya x Clonia, L. x epicasta, L. x Sayana, L. X amplissima, L. x Lindeni, L. x Cassiope, L. x Ridolfiana, L. x Hyeana, Cattleya x Chloris, C. x Wendlandiana, C. X Mantini, C. x caluminata, produit par M. Alfred Bleu dès 18S1, C. X Harold, Laeliocattleya x Par- thenia, riche en variétés distinctes et, chose remarquable, fleurissant à des époques différentes, L. x iriophthalnia, L. x eximia, etc. Les genres Cattleya et Laelia ont aussi produit à l'état naturel des croise- ments dont quelques-uns ont une haute réputation. Il est assez difficile, en général, d'affirmer qu'une plante est un hybride naturel; les hybrides naturels entre Cattleya et Laelia portent en eux-mêmes l6 JUIN 1896 105 une preuve curieuse de cette origine : ils ont quatre pollinies normalement développées et quatre beaucoup plus petites, parfois presque rudimentaires. Il y a là manifestement une structure intermédiaire entre celle des Cattleya et celle des Laelia, et qui a été observée également dans des Laeliocattleya produits artificiellement dans les cultures; on peut donc dire avec certitude que ces plantes proviennent du croisement d'un Laelia et d'un Cattleya. La plus connue de toutes est le L. X elegans, fréquemment désigné encore sous le nom de Laelia elegans. Cette belle Orchidée brésilienne provient visi- blement du croisement du L. piirpurata et du C. intermedia, et cette origine explique suffisamment sa grande variabilité. Une autre plante voisine, connue longtemps sous le nom de L. elegans var. Schilleriana, est plutôt considérée aujourd'hui comme dérivée d'un croisement différent, dans lequel le Cattleya guttata aurait pris la place du C. intermedia. On lui donne le nom de Laelio- cattleya X Schilleriana. Un autre hybride naturel très célèbre est le Cattleya X Hardyana. C'est un vrai Cattleya; mais son coloris l'a fait considérer dès son apparition comme un produit du croisement du C. gigas avec le C. aurea, espèces avec lesquelles il a été plusieurs fois importé de la région de Frontino. C'est une plante d'une très grande beauté; elle a produit un certain nombre de variétés dans lesquelles dominent les caractères de l'un ou de l'autre des parents, et parmi lesquelles il faut citer tout spécialement la variété Leopoldi, la variété Statteriana, la variété laversinensis , la variété Lindeni, qui ont été figurées dans la Lindenia. (Sera continué.) REVUE DES ORCHIDEES NOUVELLES OU PEU CONNUES MILTONIA VEXILLARIA VAR. COENEANA. — Cette variété, exposée par M. Jules Hye à la Temple Show de Londres, a obtenu un Certificat de mérite; ses fleurs sont grandes et belles, d'un rose vif, avec la base du labelle blanche rayée de cramoisi. * * * ODONTOGLOSSUM x EXPANSUM. — Hybride naturel exposé par M. Jules Hye à la Temple Show, et qui a obtenu un Certificat de mérite. io6 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Ses fleurs, dit le Gardeners' Chronicle, « ont quelque affinité avec VO. X Wtlckca- nnm albens, mais avec l'aspect harmonieux et la moucheture régulière de VO. Htinnewellianwn, qui peut avoir été l'un de ses parents. » * ODONTOGLOSSUM CRISPUM VAR. AUGUSTUM. — Nous avons le plaisir d'offrir aujourd'hui à nos lecteurs, grâce à l'obligeance de notre excellent confrère le Gardener' Chronicle qui a bien voulu nous prêter le cliché publié dans son numéro du 23 mai, le portrait de cette Orchidée désormais célèbre. Nos abonnés ont lu dans les Petites nouvelles de notre dernier numéro l'his- ç^^ ^' V Fig. 102. — Odontoglossuiii crispinn var. augustniii. toire de cette variété nouvelle, d'une beauté incomparable, qui a formé la principale attraction de la section des Orchidées au « Temple Show » du mois dernier et qui a fleuri pour la première fois chez MM. Dallemagne et C'S à Rambouillet ; la gravure ci-dessus leur permettra de se faire une idée de ses mérites. Les fleurs, de grande dimension et de bonne forme, sont presque i6 JUIN 1896 107 entièrement recouvertes par de larges macules rouge cramoisi pourpré; le bord des segments est blanc pur, ainsi que la base. La description que publiait le Gardeners' Chronicle de cette variété commen- çait dans ces termes : « MM. Linden, de L'Horticulture Internationale, ont brillamment soutenu l'honneur de leur établissement en exposant le plus bel Odontoglossum maculé de riche pourpre cramoisi que l'on ait encore vu... » Nous croyons inutile d'ajouter un commentaire quelconque à cette appré- ciation. * * CATTLEYA SPECIOSISSIMA VAR. ERNSTI. — Très belle variété exposée par M. H. S. Léon à la Temple Show, et récompensée d'un Certificat de i""^ classe. Ses fleurs, d'un rose ardent rappelant les beaux types de C. labiata Warneri, ont la forme caractéristique du C. speciosissiina. * * * LAELIA PURPURATA VAR. LEWISI. — Nouvelle variété remarquable par le coloris presque blanc de ses fleurs; le labelle seul porte une très légère teinte rose et un réseau de lignes roses très pâles, presque invisibles notamment sur le lobe intérieur. Cette variété, exposée à la Temple Show par Messrs. Lewis et C'^, de Southgate, a reçu un Certificat de i''^ classe. * * * CATTLEYA MOSSIAE VAR. ARNOLDIANA, SUBVAR. LOWI. — Variété presque blanche, panachée sur les pétales de stries roses en forme de plumes. Elle a obtenu un Certificat de i""^ classe à la Temple Show, où elle était exposée par MM. Hugh Low et C'^ * '* CATTLEYA MOSSIAE VAR. BEATRICE. — Belle variété exposée par Sir Frederick Wigan à la Temple Show, et qui a reçu un Certificat de mérite ; ses fleurs sont très grandes et ont un coloris très brillant. * LAELIA PURPURATA VAR. ARTHUR WIGAN. — Grande et belle variété colorée uniformément de rose vif, avec le labelle veiné de rouge plus sombre. Cette variété a été exposée par Sir Frederick Wigan à la Temple Show, et a reçu un Certificat de mérite. Io8 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES CATTLEYA MOSSIAE VAR. CHARLES INGRAM. _ Variété remar- quable par la grandeur de ses fleurs rose clair et l'ampleur massive du labelle, très frisé sur les bords. Elle a reçu un Certificat de mérite à la Temple Show, où elle était exposée par M. C. S. N. Ingram. * * * EPIDENDRUM HASTATUM. — Curieuse espèce qui a reçu un Certificat botanique à la Temple Show, où elle était présentée par Sir Frederick Wigan. Ses fleurs d'une bonne grandeur, ont les sépales et les pétales vert pâle, avec des lignes serrées de couleur chocolat; le labelle, de grande taille, est blanc pur. * * * CYPRIPEDIUM X COWLEYANUM VAR. ANNA LOUISE. — Belle variété nouvelle exposée à la Temple Show par M. G. W. Law-Schofield, et récompensée d'un Certificat de mérite. On sait que l'hybride typique est issu du croisement Curtisi X nivenni. Dans la présente variété, les fleurs sont grandes, d'un coloris blanc lavé de rose, et relevé de quelques taches pourpres. ODONTOGLOSSUM CRISPUM VAR. MISS VICTORIA ELLIS. — Belle variété à fleurs blanches maculées de marron clair, qui a obtenu un Certificat de mérite à la Temple Show, où elle était exposée par M. Welbore S. Ellis, de Dorking. LAELIA ELEGANS VAR. KATHLEEN. — Variété appartenant à la collection de M. A. Warburton, de Haslingden. La plante est de port assez petit, mais très robuste, et rappelle surtout la variété Stelzneriana. Les pétales et les sépales sont remarquablement larges, et d'un rose jaunâtre très doux (couleur pêche). Les lobes latéraux du labelle sont blancs, légèrement lavés de rose très pâle, avec les pointes largement bordées de pourpre. Le tube est blanc, rayé de trois lignes pourpres; le lobe antérieur est à peu près circulaire, et d'un beau coloris améthyste pourpré. * CHYSIS X LANGLEYENSIS. — Hybride issu du C. X Chekoni fécondé par le C. braclcsccna, et exposé par ABL Veitch au Meeting de Londres i6 JUIN i8g6 log du 5 mai, où il a reçu un Certificat de mérite. Ses fieurs, d'une consistance cireuse, sont blanches avec les pointes maculées de rose. * * * VANDA TERES VAR. GIGANTEA. — Très belle variété exposée par Sir Henri Schroder au Meeting de Londres du 5 mai. Elle est remarquable par sa vigueur et le développement des inflorescences et des fleurs prises isolément, et son coloris est égal à celui des meilleurs formes du type. Cette variété a reçu un Certificat de i''^ classe. * CATASETUM STUPENDUM. — Cette espèce, introduite en 1895 par L'Horticulture Internationale, décrite dans notre précédent volume (p. 13) et figurée dans la Lindenia, pi. 487 (11^ vol., p. 17), a été exposée à Londres le 5 mai par Sir Weetman Pearson, de Crewley. Elle a reçu un Certificat botanique. * * ODONTOGLOSSUM HALLI GRANDIFLORUM. — Très belle forme à labelle jaune, exposée par M. C. J. Lucas au Meeting de Londres du 5 mai. Elle a reçu un Certificat de mérite. * * MILTONIA ROEZLI VAR. COBBIANA. — Variété à fleurs blanches, maculées seulement de jaune de chrome à la base du labelle. Elle a été exposée à Londres le 5 mai par M. Walter Cobb, de Tunbridge Wells, et a reçu un Certificat de mérite. BULBOPHYLLUM TREMULUM. — Nouvelle espèce curieuse et rappelant quelque peu le B. barbigeriun par les appendices légers dont est muni le labelle. Elle a recçu un Certificat botanique au Meeting de Londres du 5 mai, où elle était exposée par M. C. J. Lucas. LAELIOCATTLEYA x EUDORA. — Hybride issu du L. purpurata et du Catlleya Mendeli. Ses fleurs rappellent à peu près celles du L. X exiuiia, avec la gorge teintée de jaune. Il a été exposé à Londres le 5 mai par M. Ingram, et reçu un Certificat de mérite. M. Ingram exposait également les deux hybrides suivants : Cattleya x preciosa (speciosissima X Lawrenccana). Cattleya X Sedcni {Laivrenceana X Percivaliana). * * * IIO LE JOURNAL DES ORCHIDEES ODONTOGLOSSUM CRISPUM VAR. PRINCESS. — Belle variété, de forme irréprochable, portant une grande macule pourpre sur chaque sépale, et au dos de chaque pétale d'autres macules pourpres visibles par transparence. Cette variété a reçu un Certificat de mérite au Meeting de Londres du 5 mai, où elle était exposée par M. W. Vanner, de Chislehurst. * LAELIA PURPURATA VAR. GRIMSTONENSIS. — Belle variété à labelle marron pourpré sombre, qui a été exposée à Londres le 5 mai par M. T. Fielden, de Grimston Park, Tadcaster, et a reçu un Certificat de mérite. * * * EXPOSITION DE PARIS. — A signaler parmi les nouveaux hybrides et les Orchidées récentes ou peu connues : Laeliocattleya x pnrpuraia-Roezli, de M. Bleu (grande médaille d'argent). Laeliocattleya x piirpurata-Mossiae, de M. Bleu (médaille d'argent). Cypripedium x Laivrencco-Curtisi, de M. Bleu. Miltonia x Bleuana var. nohilior, de M. Bleu. Variété remarquable, dépourvue de rouge et portant à la base des segments une macule jaune bronzé sombre. Cattleya X Mantini, de M. Georges Mantin, qui a été figuré dans la Lindenia. Caitleya x Parthenia, de M. Bleu, hybride remarquable par ce fait qu'il possède des variétés fleurissant tour à tour à toutes les saisons. Cypripedium X Youngianum, de M. Robert Lebaudy. Hybride encore très peu connu sur le continent, presque aussi beau comme forme que le C. X Morganiae, mais malheureusement d'un coloris pâle. Bifr maria Dallemagnei. MM. Dallemagne et C'^ en exposaient dans leur magnifique groupe une belle variété remarquable par le coloris pourpre violacé sombre qui recouvrait toute la fleur. Cypripedium bellatnltt,m, de MM. Dallemagne et C'^ Variété présentant des analogies avec le C. Qodcfroyae dans le colons de ses fleurs et la forme de pétales. Je ne serais pas surpris que ce fût un hybride naturel. Cypripedium X Olivetense, de M. Georges Mantin {barbatum X Swanianum). Pavillon très allongé, fleur curieuse et distincte. Cypripedium X Harrisianum var. bellaereme, de M. Georges Mantin. l6 JUIN 1896 III Epidendrum atropurpiireum var. album, de M. Bert. Remarquable variété à labelle blanc, et à segments très foncés. Cattleya Schilleriana, de M. Régnier. Très bonne forme. Vanda lamellata, de M. Régnier. Espèce qu'on ne rencontre pas assez souvent, et dont la floraison abondante faisait un charmant effet. Laelia piirpnrata var. fastuosa. Cette merveilleuse variété, qui a été figuré dans la Lindenia, faisait partie du groupe de MM. D Allemagne et C'^ Max Garnier. LE VITRAGE DES SERRES Le vitrage doit toujours être maintenu bien propre, pour laisser passer la clarté, qui est si nécessaire à la végétation et surtout à celle des Orchidées. Il est donc important de le nettoyer de temps en temps pendant l'été, où la poussière s'accumule dans les rainures et se colle à toutes les parties mouillées. Ce nettoyage est facile lorsque les serres sont munies au sommet d'une petite plateforme étroite, comme c'est généralement le cas. Un jardinier monte sur cette plateforme à l'aide d'une échelle, et lave les vitres à grande eau au moyen d'un tuyau de caoutchouc relié à une bouche d'arrosage ou à une pompe à main qu'il manœuvre en même temps. Après avoir lavé le vitrage, on l'essuie avec un linge quelconque pour mieux enlever toute la saleté et pour empêcher la poussière d'adhérer de nouveau. On peut profiter de chacun de ces nettoyages pour passer en revue l'état des vitres, et remplacer celles qui sont fendues. Quant à celles qui sont brisées, on doit toujours les remplacer immédiatement, car les plantes qui se trouve- raient près du trou seraient exposées constamment à une sorte de douche d'air froid. La façon même de mettre les vitres en place a une assez grande importance. La plupart des constructeurs se contentent de superposer les vitres à leur extrémité sans les mastiquer; de cette façon l'on intercepte le jour le moins possible; mais il faut que les plaques de verre soient posées selon des plans bien parallèles et qu'il ne reste pas d'interstice entre elles ; autrement la poussière s'amasserait aux joints, et serait plus nuisible que le mastic. Il est utile que les jardiniers sachent au besoin placer eux-mêmes les vitres LE JOURNAL DES ORCHIDEES sur leurs serres. Ils pourront exécuter facilement ce travail s'ils savent préparer le mastic dont ils ont besoin. Les vitriers fabriquent ordinairement leur mastic avec de l'huile de lin et de la céruse, ou plus économiquement avec de l'huile et de la craie. Voici, d'autre part un mélange qui donne un mastic plus résistant et plus adhérent pour les vitrages des serres, qui sont plus exposés aux intempéries que les mastics des fenêtres ordinaires d'appartement. On fait bouillir de l'huile de lin dans une marmite de fer, et l'on y ajoute petit à petit une quantité égale de litharge pulvérisée et dix fois autant de sable fin tamisé. Au bout de quelques minutes d'ébullition, on retire le réci- pient du feu, et l'on broie le mélange en y ajoutant peu à peu autant de blanc d'Espagne que l'on avait mis de litharge. Ce mastic est très solide; en outre on peut le faire fondre avec une tige de fer rougie au feu, ce qui permet de décoller facilement les vitres brisées pour les remplacer. LE COLLECTAGE DES ORCHIDEES (Suite et fin, voir p. gij Les formes des fleurs, de même que leurs parfums et leurs coloris, fournissent aussi des exemples merveilleux de ressources d'adaptation à un but donné. Les grandes fleurs tubuleuses sont juste assez profondes pour que la longue trompe de l'abeille ou du papillon puisse explorer leurs profondeurs. Ici encore se pose la même question : est-ce la fleur ou l'insecte qui a le premier adopté cette conformation? Nous pouvons concevoir qu'à une époque ancienne ce cornet profond ait été à peine creusé; probablement formé par de fins pétales distincts et détachés, et ouvert aussi large que dans le Bouton d'or. Les abeilles, en cherchant à recueillir le nectar, ont produit une continuelle irritation de ces organes, et forcé le stigmate délicat à reculer, en quelque sorte, et à resserrer ses pétales plus près les uns des autres. Il n'y a plus eu alors que les insectes doués des trompes les plus longues qui ont pu atteindre le réservoir, mais ceux qui pré- sentaient cette conformation étaient encore assez nombreux pour que l'irritation des organes continuât. De génération en génération, le tube a continué à se l6 JUIN 1896 I 13 creuser et les organes à s'allonger, jusqu'à ce qu'enfin nous sommes arrivés à avoir des fleurs munies de tubes de 15 centimètres et plus de profondeur, et des bourdons pourvus de trompes capables d'aller sucer le nectar dans les plus profondes, en accomplissant en même temps la fécondation qui ne saurait s'effectuer sans eux. On pourrait pousser beaucoup plus loin ces remarques au sujet des fleurs, mais nous ne pouvons traiter que de quelques-unes de leurs particularités de conformation, et nous passerons maintenant au fruit. Là encore nous trouvons de beaux exemples de la dépendance mutuelle des plantes et des animaux; mais au lieu d'insectes, nous avons à nous occuper d'oiseaux, de chauves- souris, de rongeurs, de singes et même de poissons. Les fruits des tropiques ont réussi à se protéger contre les insectes, et ne sont jamais exposés aux attaques des guêpes comme leurs cousins des climats plus tempérés. Il est vrai que les scarabées font parmi eux de rudes ravages, mais à part ces insectes, il faut des oiseaux ou des chauves-souris pour arriver à pénétrer l'écorce épaisse de ces fruits. La famille des Oranges semble avoir pris plus de précautions encore, et est arrivée à éloigner tous les gourmands au moyen de sécrétions amères et d'huiles essentielles à odeur fortes. D'autres fruits ne sont pas aussi bien protégés, mais beaucoup d'entre eux s'efforcent de parvenir, avec leur écorce épaisse imprégnée de tannin, et parfois leur jus laiteux vénéneux, à préserver leurs semences comestibles de la destruction; mais il y en a peu qui y réussissent, car les animaux ont appris à peler les fruits et à en prendre ce qui leur convient. Un grand nombre de fruits, au contraire, sont visiblement faits pour attirer. Ce n'est pas un avantage, pour un arbre, que ses fruits restent à terre autour de lui et soient perdus dans la lutte pour l'existence. Aussi est-il arrivé que certains arbres ont manifesté une tendance à fournir aux animaux une substance nutri- tive, tout en protégeant le germe de vie contre la destruction. Ce résultat est souvent obtenu de la façon suivante : la graine est recouverte d'une coquille dure, autour de laquelle vient s'appliquer extérieurement la pulpe succulente qui sert à attirer les animaux. Les oiseaux emportent quelquefois leur nourriture à de grandes distances, pour manger à loisir ou pour nourrir leurs petits; les graines sont ainsi dis- persées dans toutes les directions. Parfois elles sont avalées, et rejetées sans être endommagées; elles y trouvent plutôt avantage, autant qu'on peut en juger; la plupart des figuiers sont dans ce cas. Dans les localités où il y a des 114 LE JOURNAL DES ORCHIDEES chauves-souris, leurs cachettes sont souvent parsemées de fruits, plus ou moins déformés extérieurement, mais dont le pouvoir germinatif n'est, en somme, jamais endommagé. Ces petits animaux se suspendent en grand nombre aux festons des plantes grimpantes qui bordent les baies, ou se logent dans le creux des arbres, et contribuent beaucoup à disperser les graines en les apportant au voisinage de l'eau. Comme presque toutes surnagent, le courant les emporte au loin et les disperse dans des milliers d'endroits où elles ne seraient jamais parvenues autrement; elles sont même entraînées jusqu'aux rivages de l'Afrique, du Portugal et de l'Angleterre. Sans les fleurs et les fruits, la vie animale disparaîtrait complètement des forêts, et sans les millions d'insectes il ne se formerait pas une seule graine. La dépendance mutuelle est si étroite, qu'il semble que tous rivalisent entre eux à qui prendra le dessus. Les arbres sécrètent des sucs vénéneux pour éloigner les larves, mais les chenilles ne s'en inquiètent pas. Elles se contentent de développer une faculté plus grande de digestion et d'assimilation, pour pouvoir éliminer le poison. Si dures et âpres, si épaisses ou coriaces, si velues, écailleuses ou hérissées que soient les feuilles, il se trouve un insecte capable de les dévorer impunément. Une plante ne pourrait jamais rester absolument exposée sans défense à leurs attaques, car alors sa destruction serait certaine; elle fait donc tous ses efforts pour se protéger. Celles qui ne revêtent pas une armure se défendent généralement au mo3'en de sécrétions acres, amères et vénéneuses. Il est hors de doute qu'elles réussissent dans une certaine mesure, mais il y a toujours quelqu'un de leurs ennemis qui parvient à surmonter les obstacles qu'elles opposent. J. RODWAV. PETITES NOUVELLES PETITE CORRESPONDANCE LA LINDENLV. — J'ai déjà annoncé que la double livraison de mai-juin de notre Iconogra- phie des Orchidées, qui paraîtra à la fin de ce mois, sera un numéro à grand effet. Il reproduira var. Cahs ; O. X Wilckeamim var. rufum ; O. crispum var. tneleagris ; O. crispnm var. citra- tum ; O. crispum var. Asim'orti; O. X spectabile ; O. crispum var. augustum. les portraits des huit fameux Odontoglossum sui- Huit Orchidées qui représentent ensemble une vants : valeur de vingt-cinq mille francs. Ses peintres et Odontoglossum X rubiginosnm ; O. crispum \ ses chromolithographes, MM. DiiPANMiMALKEK, l6 JUIN 1896 115 GoossENs, GoFFART et Jean De Bosschere ont tenu à se surpasser et à reproduire avec toute l'exactitude possible ces huit variétés di primo cartcUo. Je crois que c'est la première fois qu'une publication périodique horticole a pu reproduire, sous la même couverture, huit plantes d'aussi grande valeur. Plusieurs de mes lecteurs m'ont demandé un tirage à part de ce numéro. C'est malheureusement impossible. Des planches sont déjà exécutées depuis quelque temps, les pierres sont effacées et cela reviendrait trop cher d'en refaire de nouvelles. Je ne puis qu'engager mes lecteurs, qui ne seraient pas encore abonnés à la Lindeiiia, à profiter de la nouvelle série dont le volume en cours est le premier et à s'inscrire comme abonnés. « La Lindenia reproduit les plus belles variétés « et les types ordinaires aussi bien qu'il est possible < de mettre de la couleur sur du papier blanc pour « les imiter dans leur plus scrupuleuse exactitude. « C'est un ouvrage très utile â consulter et qui ne « devrait manquer dans aucune bibliothèque d'or- « chidophile, » a dit un de ses grands confrères étrangers. J'ajoute que La Lindenia coûte très cher à publier ; je l'édite, dans le but de rendre service aux orchidophiles. Je peux donc en parler bien à mon aise et je prie mes lecteurs de ne voir aucune réclame, chaque fois que je la cite, ou que le Journal des Orchidées mentionne ses efforts. Aujourd'hui que la Reichenbachia disparaît et que VOrchid album ne parait plus qu'à de longs intervalles, j'avoue que je suis heureux de consta- ter que la Lindenia va b.entôt entrer dans sa dou- zième année d'existence et que ce journal, publié dans un petit pays, voit son succès s'accroître chaque année. Elle doit ce succès à la légion de ses fidèles abonnés, à sa rédaction, à ses peintres et chromolithographes, à son imprimeur et je suis très content de saisir cette occasion pour féliciter cordialement ces fidèles collaborateurs et leur exprimer ici toute ma reconnaissance pour leur précieux concours. Ce concours me permet de continuer un ouvrage aussi utile, alors que d'au- tres publications similaires disparaissent dans de grands pays ayant des ressources morales et financières autrement considérables que dans notre petite Belgique, oCi, serrés les uns contre les autres, on ne peut guère compter — c'est toujours triste à constater — sur l'appui de ses compatriotes. LA SUIE COMME ENGRAIS. — Nous avons déjà signalé la valeur de la suie en tant qu'engrais léger; le docteur H. Fresenuus, de Wiesbaden, signale une différence qu'il est bon de noter entre la suie de bois et la suie de houille. Voici selon lui la composition de ces deux suies : suie de bois Azote 1.3 °/o Acide phosphorique 0,4 » Potasse . . . . 2,4 » suie de houille 2,4 0/0 0,4 » 0,1 » La suie de charbon serait la meilleure, d'après cette anahse, en rai.son de sa teneur plus élevée en azote. COCHLIODA NOTZLIANA. — Cette ravis- sante Orchidée de .serre froide, dont on se rappelle l'introduction par L'Houticulïure Interna- tionale il y a quelques années, a bien conquis sa place dans toutes les collections, et est devenue éminemment populaire. Elle vient d'être figurée dans le Botanical Magazine. TRICHOPILIA SUAVIS. — Un abonné du Gardeners' Chronicle, M. le Dr Billinghurst, a adressé à ce journal une photographie d'une plante de Trichopilia suavis, qui permet de juger de la splendeur de cette espèce. La plante en question portait six grappes de fleurs, et il y avait dix-huit Heurs en tout, chacune de 7 12 centi- mètres de longueur. LES SIX BERTONERILLES NOUVELLES (genre nouveau obtenu par l'hybridation de Sone- rila avec des Bertolonia), mises au commerce, cette année, par L'Horticulture Interna- tionale, conviennent admirablement pour être cultivées dans les serres chaudes à Orchidées. Plantées dans le sphagnum des Vandées elles y réussissent merveilleusement et donnent un cachet charmant à ces aériennes. Elles sont très pré- cieuses pour orner l'entrée des serres entremê- lées avec les nouveaux Adiantuni Claesianum et lincatum, panachés d'argent sur vert clair ; elles y font un effet des plus gracieux et sont émi- nemment ornementales. « UNE FRAUDE DANS LE COMMERCE DES ORCHIDcES. s> — Sous ce titre suggestif, le Gardeners' Chronicle, publie dans son numéro du 30 mai dernier, page 674, une '< correspon- dance de Bogota » qui ne fait que confirmer les renseignements que nous donnent nos collecteurs actuellement dans la Nouvelle Grenade. On sait que VOdontoglossum crispuni dit de Paclio, c'est-à-dire à fleurs rondes, bien rem- plies, devient extrêmement rare dans les localités d'origine. A Pacho même, les plus petites plantes ont quintuplé de valeur et nos collecteurs préten- dent que, d'ici à une couple d'années, il n'y aura même plus moyen de s'en procurer. Mais, lais- sons la parole à notre grand confrère le Gar- deners' Chronicle : « Chaque année, plusieurs milliers rf'Odonto- « glossum crispum sont importés de Colombie pour « le marché anglais. Ce li" est pas un secret que le € plus fameux type est celui de Pacho, et que « celui-ci devient de plus en plus rare et, par ii6 LE JOURNAL DES ORCHIDEES « conséquent, plus coûteux à collecter dans son « habitat naturel. Quand on mentionne que le « type de « Pacho » est le plus précieux, il doit « être entendu que les types inférieurs peuvent être « obtenus en grande abondance dans une autre « région que celle de Pacho, et que ces types infé- « rieurs abondent à une distance de deux ou trois « jours de Pacho. « En Angleterre, il y a quelques cultivateurs « experts d'Odontoglossuin qui savent distinguer « les types de Pacho, des formes injérieures ; mais « il est quelquefois difficile aux experts de distinguer « les formes authentiques de « Pacho » quand elles « sont exposées en vente comme importation, les « plantes avec des bulbes sans feuilles. « Là, où les experts se trompent quelque/ois, « l'acheteur ordinaire des salles de vente est natu- « rellenient dupé facilement. Les formes où les « types de cette plante sont achetés fréquemment « alors qu'ils ne valent pas la peine d'être cultivés. « Non seulement, les formes inférieures sont « achetées de cette manière, mais des milliers de « plantes arrivent en Angleterre sous le pseudo- « nyme ^fOdontoglossum crispum et qui, après « avoir été cultivées pendant longtemps avec des « dépenses de cultitre très élevées, ne sont pas « seulement des formes inférieures d'O. crispum, '< w/n/srf'Odontoglossum hinâleyanum, etc., plan- « tes qui doivent être plus tard jetées au panier « à salade. « Cette année, une nouvelle manière a été inau- « gnrée dans le commerce des Odontoglossum. Des « quantités de mille plantes ont été exportées de la « Colombie. La grande majorité de ces plantes « proviennent de localités où croissent les plies « mauvais types d'O. crispum et parmi eux un « grand mélange d'O. Lindle3'anum, etc. Mais « ceci n'est pas tout. Ces méprisables types d'Od. « crispum etc. sont acheminés pendant plusieurs « journées de marche, à dos de mule, vers Pacho, «. de façon à pouvoir y être emballés, et étiquetés « avec le nom de « Pacho » / Après ce cri d'alarme du Gardeners' Chronicle, nous ajouterons qu'un de nos collecteurs, un anglais bien connu, nous prévenait, il y a déjà quelques semaines, de la quantité énorme de ces types inférieurs à' Odontoglossum crispum qui étaient envoyés comme de vrais Pacho, sur le marché anglais, et dans une lettre plus ré- cente, datée du 8 avril, reçue ces jours-ci, il nous disait qu'il avait vu partir encore 40,000 de ces mêmes drogues pour la mcme destination. j'ai dit plus haut que le vrai type de Pacho est devenu extrêmement rare et cher aujourd'hui dans le pays d'origine ; il y a des marchands anglais cependant qui lesolïrent à meilleur marché qu'on ne peut les obtenir à Pacho même. Qu'en conclure? Il en est des Odontoglossum crispum, véri- tables de Pacho, ce qui en est aujourd'hui de presque toutes les marchandises : le bon marché est souvent très cher. Aucun importatetir ne peut mettre en vente, actuellement, à bas prix des vrais Odontoglossum crispum de Pacho et ceux qui se laissent tenter par des offres séduisantes ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes des décep- tions qu'ils se prépapent. J'ai cru de mon devoir de prévenir mes amis et lecteurs. A eux d'en tirer profit. Mais cela n'empêchera pas qu'il y aura toujours de plus malins que d'autres, qui « savent acheter à bon marché » et ceux là ont généralement le talent de cacher leurs déceptions à ceux qu'ils ont épatés. Il n'est pas étonnant, après ce qui précède, que les belles variétés d' Odontoglossum crispum vail- lent aujourd'hui leur pesant d'or et que des variétés hors ligne comme \'0. augustum trouvent des enchérisseurs au prix de 7875 francs ! COLLECTIONS D'AMATEURS BRUXEL- LOIS. — J'ai eu le plaisir de visiter, ces jours- ci, deux collections d'amateurs, une urbaine et une suburbaine. L'urbaine, celle de M. le D'Capart, est dans un état de culture de plus en plus beau ; il faut voir ce que les Orchidées intelligemment cultivées, en serre, dans la cour ombragée d'un hôtel bruxellois peuvent devenir ; il y avait beau- coup de très belles variétés épanouies, spéciale- ment en Odontoglossum et en Cattleya, et une grande préparation de fleurs pour l'avenir. La collection suburbaine est également très belle, dans ce merveilleux cadre de verdure et de couleur vive qu'est, en ce moment, le parc de M. Van Wambekl. Je connais très peu de cam- pagnes aussi bien tenues et aussi bien plantées que celle-ci et chaque fois que je vais visiter nos serres de Moortebeek, j'ai un grand plaisir à aller jeter un coup d'ceil en face, chez M. Van Wam- BEKE, pour admirer ses gazons si superbement venus, ses parterres et ses beaux spécimens d'arbres. J'éprouve là, en entrant, une sorte de fascination que les admirateurs du beau com- prendront. Ses serres sont très fleuries actuellement. Il y a une grande quantité d'Odontoglossum et de Cattleya dans toute leur beauté et un Masdcvallia Harryana, portant une cinquantaine de grandes fleurs, qui est tout un poème. Quel merveilleux genre que ces Masdevallia et combien je com- prends peu l'espèce d'ostracisme dans lequel les laissent tant d'orchidophiles. Déjà à Londres, le mois dernier, nous consta- tions, plusieurs amateurs et moi, l'effet que pro- duisaient les Masdevallia dans le grand lot de Sir Tkevor Lawkence, à la Temple Show, et combien ils manquaient dans d'autres. Comme plantes d'Exposition et comme plantes de collec- tions aussi, les Masdevallia occupent un des pre- miers rangs parmi les plus belles Orchidées. Un amateur, qui visitait dernièrement les serres de L'HoRTicuLïuiîE Internationale, trouvait qu'il fallait avoir le « goiit atrophié >■■ pour admirer un Masdevallia Veitch il.' L. L. L'HORTICULTURE INTERNATIONALE (SOCIÉTÉ ANONYME) PARC LÉOPOLD. — BRUXELLES. NOTRE SPLENDIDE SÉRIE NOUVELLE D'ODONTOKLOSSUM CRISPUM I Nous appelons l'attention, tant des âiiiîiteiii*i^ C|ue des ciiltîvîiteiii's en $çï*os, sur nos récentes impor- tations d'OdontOglOSSUm Crispum. C'est parmi nos inipoi*- leilions qu'ont été trouvées les plus fameuses variétés qui ont fleuri dans ces derniers temps : les 0. calOS, spectabile, Odontoglossum augustum d'après le « Gardeners' Chronicle, » de Londres rhodon, meleagris, rubiginosum, Varjenevskyanum, citrinum, la grande série des Wilckeanum, les o. splendidum, procerum, etc., et le célèbre Odonto- glossum augustum qui vient de faire sensation à Londres, où nous l'avions exposé (19 mai 1896) et qui détient le record du plus haut prix de vente atteint jusqu'ici : "^^T^ fi*. ! PLANTES IMPORTÉES ET DEMI-ÉTABLIES ODI N'ONT PAS ENCORE PLEIIRI PRIX PAR CORRESPONDANCE. USINE A VAPEUR SPÉCIALEMENT MONTÉE POUR LES CONSTRUCTIONS HORTICOLES Fondée en 1876. J.-B. 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Desbois, E. Bergman, E. S. Rand, Comte du Buysson,Ch. VanWambeke, A. Bleu, Comte de Bousies, A. Varjenewsky, Cahuzac, D'' Capart, James O'Brien, J. du Trieude Terdonck, O. de Kirchsberg, Vicomte de Novion, G-. Truffant, D. Treyeran, F. Kegeljan.H. Correvon, D''Max Reiclienheim, A. Dallière, O. Ballif, G. Miteau, A. de la Devansaye, R. Johnson, Ch. de Bosschere. Ch. Vasseur, A. Hubert, de Meulenaere, F. délia Porta, A. van den Heede, A. Wincqz, D. Massange de Louvrex, D'' Muller, D'' Van Cauwelaert, J. Nôtzli, E. Bartel, les Chefs de Culture de « L'Horticulture Internationale, » de MM. Dallemagne et C'« et de MM. Lucien Linden et CJ«. Secrétaire de la rédaction : O-. TOURRET-aRiaNAN Prix de rAbonnement : 10 francs par an POUR TOUTE LUNION POSTALE Parait le 1" et le lO de chaque moiN AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES Dépositaires poiar la France : IMM. DALLEISl^&lSrE et C'^, à. Ramlooiaillet (Seine et Oise). Gaïul, inipr. Eug. Vamlrr Iliicf^lieii. 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S" La liste des Oriihic.f (Ir pnir.s. 4" La liste des Graines pour prairirs cl JirlDHSlX (.'ES LISTES SONT ACCOMI'AliNÉES DE TOUTES LES EXPLICATIONS UTILES. 50 La liste des Oignons à pairs. Oo La liste des Pluults de collections. 7» La liste, des Outils et instruments horticoles, etc., etc. C'est verlainemenl In plus inléres.santv des publications de ee (jcnre. Tl est envoyé contre fr. 0,30 en timbres (Prix de l'aft'randiissenient) IL. -sr o r*j 6 CATALOGUES PAR AN L'HORTICULTURE INTERNATIONALE (SOCIÉTÉ ANONYME) PARC LÉOPOLD. - BRUXELLES LE CATALOGUE ILLUSTRÉ DES PLANTES NOUVELLES D'IINTRODUCTIOIN DIRECTE MISES AU COMMERCE LE 15 JUIN 1896 VIENT DE PARAITRE 11 est envoyé aux clients habituels et à toutes les personnes qui en feront la demande. l" JUILLET 1896 117 PETITES NOTES SUR LES ORCHIDÉES D'AMATEUR BRASSIA CAUDATA. — Cette espèce est l'une des plus répandues du genre curieux et charmant auquel elle appartient; c'est aussi l'une des plus anciennes Orchidées connues, car elle fut décrite pour la première fois par Linné, sous le nom à'Epidendrujii caudatum. Elle est originaire de la Jamaïque, et réclame la culture de la serre tem- pérée-froide, comme la plupart des Orchidées de l'Amérique centrale et des Antilles. Les pseudobulbes allongés et minces, comme ceux de la plupart de ses congénères, mesurent près de 10 centimètres sur 2 '/^ de largeur. La tige florale, longue de 20 centimètres environ, porte 8 à 10 fleurs. Les sépales et les pétales sont d'un jaune verdâtre clair, chargés de grosses macules brun noirâtre sur la moitié à partir de la base. Les sépales latéraux ont 15 centi- mètres de longueur, le sépale dorsal environ la moitié; les pétales sont beau- coup plus courts. Le labelle oblong, acuminé, a le même coloris que les autres segments et porte une crête blanche tachetée d'orangé. Plusieurs Brassia se ressemblent beaucoup entre eux, ont à peu près le même coloris et le même faciès, avec les pétales et sépales linéaires étroits, aigus, souvent prolongés en queues plus ou moins grandes. Ce dernier carac- tère est particulièrement prononcé dans le B. caudata, et son nom spécifique reste ainsi justifié, quoique beaucoup d'autres espèces aient été introduites depuis l'époque où celle-ci fut nommée. * BULBOPHYLLUM LEMNISCATOIDES. — Parmi les espèces bizarres dont se compose le genre Bulbophyllum, celle-ci est une de celles qui attirent le plus l'attention par la conformation étrange de ses fleurs. Chaque sépale est muni d'un long appendice dorsal, partant de la partie supérieure, et pendant en dessous de la fleur; ces appendices sont cjlindriques et papilleux. LE JOURNAL DES ORCHIDEES Le B. lemniscatoides, dont le nom rappelle une certaine analogie de forme avec le B. lemniscatum, fut introduit en i8go par M. de Lansberge, l'éminent amateur hollandais. Il est originaire de Java. * * * ORNITHOCEPHALUS GRANDIFLORUS. — Le genre est peu connu, mais cette espèce au moins mérite de l'être et de figurer dans toutes les collections un peu complètes. Elle produit un gracieux racème recourbé por- tant quinze à vingt fleurs d'une forme curieuse que rappelle le nom générique {tète d'oiseau). Chacune de ces fleurs mesure à peu près 2 centimètres de dia- mètre, les pétales sont à peu près arrondis et concaves, de sorte que la fleur reste incomplètement ouverte; ils ont un coloris blanc, avec une macule verte à la base. Les sépales sont plus petits, également concaves, légèrement réflé- chis, et de la même couleur. Le labelle trilobé a les lobes latéraux légèrement défléchis, et le lobe antérieur étalé en éventail. La colonne, fortement recour- bée, est remarquable par la forme allongée et grêle du rostellum, qui se recourbe sur le lobe antérieur du labelle, puis se redresse et se termine par une petite glande jaune, L'O. grandijïorus fut introduit de la Montagne des Orgues (Brésil) en 1837, et décrit par Lindley en 1840, mais ce n'est qu'en 1882 qu'il fut importé à l'état vivant, par M. Luddemann. Il fleurit au mois de juin. * * * DENDROBIUM x VENUS. — Cet hybride, dont la première apparition remonte à six ans environ, est devenu rapidement populaire et peut être consi- déré comme un des gains les plus remarquables du genre. Il est d'ailleurs sorti de la collection de M. Norman C, Cookson, qui a déjà produit tant de semis de premier ordre. Ses parents sont le D. Falconeri et le D. nobile; c'est jusqu'à présent, si je ne me trompe, le seul hybride issu du D. Falconeri. Il est sensiblement inter- médiaire au point de vue du port; quant aux fleurs, elles rappellent surtout le D. Falconeri, dont elles ne se distinguent guère que par l'absence des macules orangées sur les côtés du labelle. * * * ONCIDIUM CHRYSOPYRAMIS. — « Pyramide d'or, » tel est le nom mérité par cette gentille petite espèce, dont la floribondité et le brillant colons l" JUILLET 1896 lig constituent des qualités, assez fréquentes sans doute dans le genre Oncidium, mais qui n'en sont pas moins appréciables. Les fleurs mesurent environ 2 centimètres de diamètre et sont produites en grand nombre sur des racèmes ramifiés semi-dressés; leur coloris est un jaune vif uniforme. Les sépales et les pétales sont oblongs onguiculés, légèrement concaves, apiculés au sommet; le labelle panduriforme a la crête formée de cinq ou six dents disposées autour d'un mamelon papilleux. La colonne a les ailes bilobées et denticulées. Cette charmante espèce fut découverte par Warscewicz vers 1852 sur les Andes de l'Equateur. Elle fleurit en été, et produit un effet charmant par son abondante floraison, dont la légèreté convient admirablement pour orner les bouquets et les surtouts de table. * * * MASDEV ALLIA MACRURA. — Quoique le coloris de ce Masdevallia ne puisse pas être comparé pour l'éclat à celui des M. Harryana, M. Lindeni, M. Veitchiana, etc., l'espèce est cependant une des plus belles du genre. Son feuillage est remarquablement grand et bien tenu, d'un vert tendre très agréable; les fleurs sont de très grande taille, et ont une noblesse d'allure, une sobriété de couleurs, un cachet en un mot, à peu près unique. Les sépales sont très allongés (inacrura signifie : longues queues), rigides, verticaux, le dorsal de bas en haut, les deux autres de haut en bas, se touchant presque ; ces trois organes sont d'un jaune mat très légèrement nuancé de brunâtre, et sont abondamment pointillés, sur toute la partie large, de taches brun pourpré disposées en lignes longitudinales. L'intérieur du tube est blanc grisâtre; les pétales et le labelle sont jaunes, pointillés de pourpre. Le M. inacrura fut introduit par J. Linden en 1S76, des Andes de la Nouvelle-Grenade. Il a été figuré dans le volume III de la Lindenia. * AERIDES HOULLETIANUM. — Cette belle espèce fut dédiée par Reichen- BACH à M. HouLLET, ancien chef des cultures au Jardin des Plantes de Paris. Elle est aussi désignée dans l'horticulture sous le nomd'/l. Mendelietd'A. Ellisi. Ses fleurs, d'assez grande taille, sont groupées en grand nombre sur un racème légèrement retombant; elles ont les sépales d'un jaune d'ocre, légèrement nuancés de rose à la pointe, les pétales de la même couleur, le labelle blanc lavé de rose vif au sommet et traversé au centre de stries rose vif; l'ovaire est I20 LE JOURNAL DES ORCHIDEES blanc lavé de rose; l'éperon est jaune brunâtre maculé de rose pourpré. Le port de la plante est identique à celui de VA. virens. h' A. Houlletianum est originaire de la Cochinchine. Il a été décrit pour la première fois en 1872; son portrait a été publié dans la Lindenia en 1887. Ses fleurs sont très agréablement parfumées, comme celles de beaucoup de ses congénères. Mas de Vallia. LES NOMS DE PLANTES Un amateur anglais, d'une haute autorité à divers égards, M. J. Cham- berlain, formulait récemment dans VOrchid Revieiv une critique très justifiée de l'état d'anarchie où se trouve la nomenclature des Orchidées. Il nous paraît intéressant de citer ici le résumé de ses observations d'après le Gardeners' Chronicle et les commentaires dont ce journal les accompagne. « Les botanistes, dit le Gardeners' Chronicle, ne sont pas d'accord sur tous les points en matière de nomenclature des Orchidées horticoles, mais du moins ils se basent sur un principe défini, et l'on peut facilement consulter leurs travaux et se mettre au courant de la méthode de chacun. Lorsque le Comité de nomen- clature a publié son code, on espérait que les horticulteurs eux aussi adopte- raient ces règles, et qu'il n'y aurait plus guère lieu de formuler des protestations comme celle que fait aujourd'hui entendre M. Chamberlain. xMalheureusement les choses continuent à aller comme précédemment, sinon pis. On rejette la faute de cet état de choses sur le Comité des Orchidées, et sans doute il en est responsable dans une certaine mesure ; toutefois il faut bien se pénétrer de ce fait, que ce n'est pas aux séances ordinaires du Comité que l'on peut discuter convenablement les points embrouillés de l'affinité botanique ou de la nomenclature, pas plus qu'il ne conviendrait de disserter à la Chambre des Communes sur les différences de race entre Boers et Cafres, Teutons et Bretons, ou sur les limitations géographiques et autres entre le N'enezuela, la Guyane et le Brésil. Un moyen de trancher la difficulté est de désigner un comité composé de personnes compétentes, et chargé de déterminer l'ensemble des points à régler et de formuler, soit arbitrairement, soit de toute autre manière, une solution des questions de détail qui peuvent se présenter. Ainsi qu'on l'a fait remarquer, I^'' JUILLET 1896 cela a déjà été fait, pour ce qui concerne les généralités; mais qui tient compte du règlement adopté? Qui est chargé de le faire observer? Les règles de nomen- clature sont très bonnes telles qu'elles sont formulées, sauf exception pour un ou deux points, où l'on a laissé les tendances commerciales prendre le pas sur les intérêts scientifiques, et si le public voulait seulement les observer, il n'y aurait pas beaucoup de plaintes. Le point spécial soulevé par M. Chamberlain est la nomenclature des hybrides et des croisements inverses. Il existe, par exemple, un hybride entre Masâevallia Shnttleworthi et M. Har- ryana, comme sous le nom de M. X ShiUtryana. M. Chamberlain, a3^ant exposé un hybride issu des mêmes parents, mais du croisement inverse, c'est- à-dire M. Harryana X M. Shnttleworthi, proposa de le nommer Chamberlainiana . Le Comité des Orchidées se refusa, paraît-il, à adopter ce nom, et appela l'hybride M. X Shuttryana, Chamberlain s var. Naturellement, M. Chamber- lain se demande s'il doit employer un nom aussi long, et qui met à l'épreuve la patience de ceux qui le prononcent. Parla même occasion, M. Chamberlain accuse le Comité de diverses incohérenses et anomalies, et nous ne doutons pas que l'accusateur n'ait raison dans l'ensemble. Ces difficultés sont une preuve d'une vérité qu'il est bien difficile de faire entrer dans l'esprit des membres de jurys, et spécialement des amateurs, c'est qu'il n'est pas désirable, en général, de donner à une plante un nom qui décrive ses particularités ou qui rappelle son histoire. On ne se rend pas compte qu'un nom doit être un nom, et pas autre chose; il ne doit pas être une description, encore moins un fragment d'histoire. En voulant mélanger à la nomenclature la description, et surtout l'histoire des plantes, on ne peut produire que la confusion. C'est une vérité qu'il est difficile de saisir au pre- mier abord, mais les personnes qui, par suite de leur profession, ont l'habitude d'étudier les monographies et les descriptions se rendent compte rapidement des inconvénients qu'il y a à employer pour un autre usage un instrument qui est créé pour une seule destination. Dans le cas des hybrides jardiniques, obverses ou inverses, nous sommes résolument d'avis qu'il ne faut pas suivre le système latin de nomenclature adopté par les botanistes, mais bien imiter la pratique des fleuristes. Quand une plante, hybride ou inverse d'hybride, est assez distincte, au point de vue horticole, pour recevoir un nom, que l'on lui donne un nom, sans se préoccuper de l'histoire de la plante. Que ce nom soit choisi de façon à ne pas pouvoir être 122 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES confondu avec les noms spécifiques latins ou latinisés dont se servent les botanistes. Lorsqu'un nom latin est employé par un botaniste, il est, ou l'on peut supposer qu'il est, appliqué secundum artem; c'est-à-dire que l'on a au moins une certaine garantie que la plante a été étudiée et décrite avec soin, et comparée aux plantes voisines. Quand une plante est présentée devant le Comité des Orchidées ou de floriculture, il ne s'agit pas de faire connaître son histoire botanique, mais de constater si, d'après ce comité, elle mérite ou ne mérite pas d'être recommandée pour la culture ou l'ornement. Si elle ne le mérite pas, elle peut encore obtenir un « Certificat Botanique! » distinction que le Comité, en tant que Comité, n'est pas qualifié pour décerner, car la plupart de ses membres ne sont pas à même de la justifier. Un Certificat botanique devrait être plus estimé que tous les autres, mais dans la pratique c'est celui dont on fait le moins de cas. En supposant qu'il faille donner un nom à une plante, qui est-ce qui doit donner ce nom ? Pour ce qui concerne les caractères botaniques, la question est facile à résoudre ; mais quand il s'agit d'une plante d'origine culturale, présentant un intérêt purement commercial ou décoratif, on peut poser cette question : qui est-ce qui devra donner le nom ? Le propriétaire, l'obtenteur, l'importateur, l'exposant, ou le Comité ? M. Chamberlain, comme on l'a vu, avait nommé sa plante, et nous ne voyons pas qui pourrait lui contester ce droit s'il lui plaît d'en user, mais per- sonne, d'autre part, n'est obligé de l'accepter. Seulement, il importerait peu que le nom fût donné par telle ou telle personne, si le Comité faisait ce qu'il doit faire. La fonction essentielle du Comité est de faire un choix de ce qui est le plus beau à son point de vue, et de consacrer le nom donné, peu importe par qui, pourvu qu'il ne soit pas déjà donné ni incorrect, et qu'il n'y ait pas d'autres objections à son adoption. Vouloir ériger le Comité des Orchidées ou de floriculture en comités de nomenclature, c'est vouloir tenter l'impossible. Quant à savoir si l'on pourrait créer un sous-comité spécial pour examiner les points douteux chaque fois qu'il s'en présente et donner son avis, c'est une autre affaire, et nous verrions avec plaisir que l'on prît cette mesure. M. Chamberlain propose encore que la Société Royale d'Horticulture marque d'une pancarte spéciale les Orchidées exposées devant elle et qui seraient jugées dignes de cette distinction. Il nous semble que c'est assez bien l" JUILLET 1896 123 ce que la Société fait déjà. Une plante à laquelle est décerné un Certificat de i""^ classe reçoit une étiquette, comme le propose M. Chamberlain, et cela lui confère une valeur marchande plus grande que celle des plantes qui n'ont pas reçu cette distinction. » LES COELOGYNE (Suite, voir p. 80) Passons à la troisième des sections que nous avons déterminées en com- mençant cette étude. III. Fleurs en grappe dressée ou semi-dressée. La plus connue des espèces qui rentrent dans cette section est le C. ocellata, qui figure dans la plupart des collections importantes. Ses fleurs sont au nombre des plus gracieuses du genre, et attirent l'attention par un charmant contraste de nuances. Les grappes sont bien fournies, et portent cinq ou six fleurs mesu- rant chacune 5 centimètres de diamètre, et munies de bractées engainantes d'un brun rougeâtre. Les pétales et sépales sont d'un blanc laiteux, les seconds notablement plus étroits que les premiers et presque linéaires. Le labelle nettement trilobé a les lobes latéraux dressés, arrondis en avant, et le lobe antérieur à peu près cordiforme. Son coloris est blanc, avec une tache jaune bordée de rouge en avant de chacun des lobes latéraux et deux taches semblables placées côte à côte à la base du lobe antérieur; le disque porte quatre ou cinq lamelles sinueuses, et la gorge est légèrement striée de rouge orangé. Cette belle espèce, originaire du Sylhet, fut introduite en 1838. Elle a été figurée dans le 6^ volume de la Lindenia, où M. Rolfe lui rattachait comme synonyme le C. ochracea. Ainsi qu'on l'a vu, nous ne partageons pas cette opinion. Dans la même section que le C. ocellata rentrent plusieurs espèces moins connues, telles que le C. Sanderae, le C. borneensis, introduit il y a quatre ans environ à Bruxelles, et quelques autres à petites fleurs. Nous n'insisterons pas sur la description de ces plantes plutôt « botaniques, » et nous passerons à la section suivante. 124 LE JOURNAL DES ORCHIDEES IV. Fleurs de petite taille. Quoique cet entête comporte a priori une certaine défaveur, plusieurs des espèces de cette catégorie méritent l'attention des amateurs et sont assez fréquemment cultivées. Ce sont notamment les C. fimbriata, C. odoratissiina, C. sparsa, C. iestacea, C. Gardncriana. C. fimbriata. Pseudobulbes de très petite taille, espacés sur le rhizome écail- leux. Tige florale très courte, portant une seule fleur qui mesure environ 2 Va centimètres de diamètre. Sépales et pétales d'un jaune paille grisâtre, les derniers linéaires, réfléchis; labelle trilobé à lobes latéraux dressés, arron- dis, striés de brun antérieurement; lobe antérieur étalé, brun, avec les bords fimbriés, d'un coloris pâle. Le disque porte deux lamelles frangées brun foncé. Cette espèce est probablement celle dont l'introduction est la plus ancienne, car elle date de 1824. Elle est originaire de l'Inde tropicale. Elle fleurit au commencement de l'hiver, et l'abondance de ses fleurs compense leur petitesse. C. Gardneriana. Pseudobulbes volumineux, très longs, un peu anguleux. Tige florale courte, mais portant de nombreuses fleurs serrées. Les fleurs sont blanches avec une macule jaune citron sur le labelle; elles ne s'ouvrent pas complètement, et ont les pétales à peu près linéaires; les sépales forment un creux profond à leur base. Cette espèce, dont l'introduction remonte à 1S37, provient de la même région que les précédentes. Elle n'est pas commune, et mériterait d'être importée en grandes quantités, car ses fleurs, qui apparaissent en plein hiver, offrent un aspect très gracieux, tant par leur disposition en grappes tombantes que par leur gai coloris. Elle paraît réclamer une atmosphère très humide. C. odoraiissima. Gentille petite espèce à pseudobulbes rapprochés en touffe; les fleurs, au nombre de trois ordinairement par grappe, mesurent à peu près 2 Y2 centimètres de diamètre; elles sont d'un blanc de lait avec une macule jaune citron sur le labelle, et exhalent un parfum agréable. Les pétales sont beaucoup plus étroits que les sépales, et presque linéaires. Cette espèce, décrite par Lindley en 1832, paraît n'avoir pas été introduite en Europe avant 1863. Elle est encore assez rare. C. sparsa. Autre plante naine formant des touffes compactes. Elle produit des grappes dressées, grêles, portant de trois â cinq fleurs. Ces fleurs ont les pétales linéaires, et, comme beaucoup de celles qui présentent ce caractère, elles ne l" JUILLET i8g6 125 s'ouvrent pas complètement. Elles sont blanches, avec le labelle maculé d'orangé sur le lobe antérieur, et tacheté de brun sur les lobes latéraux. Cette espèce est originaire des îles Philippines. C. testacea. Cette espèce est très peu connue actuellement, et semble n'avoir pas été réintroduite depuis une quarantaine d'années. Elle produit ses iieurs en grappes tombantes, au nombre de huit à dix par grappe ; chaque fleur, munie d'une grande bractée brune, mesure un peu plus de 3 centimètres de diamètre. Les sépales et les pétales sont à peu près égaux, oblongs-lancéolés, blancs; le labelle oblong, récurvé, a les lobes latéraux arrondis, le lobe antérieur arrondi également, traversé par quatre lamelles frangées, tacheté de brun sur fond blanc. Le C. testacea est originaire de la région de Singapour. V. Section Pleione. Cette section se distingue par les feuilles solitaires et caduques; les pseudo- bulbes sont petits, souvent pointillés de noir, et ne durent guère qu'un an ; les tiges florales courtes, issues de la base des pseudobulbes, portent une ou parfois deux fleurs; les fleurs ont en général des couleurs plus brillantes que celles des autres sections du genre. Les espèces cultivées sont les C. Hookeriana, C. Jmuiilis, C. lagenaria, C. maculata et C. praecox. C. Hookeriana. Sépales et pétales sensiblement égaux, oblongs-lancéolés, aigus, rose pourpré vif. Labelle en forme de tube, puis épanoui en un lobe largement arrondi, très lacinié sur les bords, bifide au sommet. Le labelle est rose pourpré, sauf l'intérieur du tube qui est blanc rosé; le lobe antérieur porte plusieurs macules brun pourpré, et cinq ou six lamelles frangées jaunes. Le C. Hookeriana fut découvert en 184g ou 1850 par Sir Joseph Hooker dans l'Himalaya, à une altitude de 2300 à 3300 mètres. Il est assez variable, et Reichenbach en a décrit une variété (brachyglossa) qui a le labelle plus court et plus ouvert à la base. Il fleurit à l'automne et offre alors un aspect des plus attrayants. C. humilis. Pétales et sépales linéaires-lancéolés, blancs lavés de rose lilacé pâle, les premiers légèrement défléchis. Labelle ovale-oblong, bordé de longues franges blanches, et tigré latéralement de nombreuses macules rouge pourpré sur fond blanc; la base forme un tube très court; le disque porte six ou sept lamelles ciliées bordées de pourpre violacé. 126 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Cette charmante espèce est originaire du Népaul et des montagnes du Sikkim, Elle fleurit en plein hiver. C. lagenaria. Fleurs de la même grandeur à peu près que celles des espèces précédentes, mais d'une forme assez distincte. Les sépales et les pétales sont lancéolés, assez étroits, surtout les seconds, et d'un rose lilacé. Le labelle, d'abord enroulé autour de la colonne, s'élargit antérieurement en un lobe oblong, denticulé et ondulé sur les bords, rose pourpré strié et tacheté de rose clair, et bordé de blanc. Le disque porte cinq lamelles denticulées tachetées de jaune sur fond rouge. Le tube est rose clair maculé extérieurement de rouge pourpré. Cette espèce provient des hauts plateaux du Khasia, d'où elle fut introduite en 1849. Elle fleurit à la fin de l'automne. [Sera continué.) ■» • ^ CYPRIPEDIUM ET SELENIPEDIUM Dans un article publié sous ce titre dans notre avant-dernier numéro, nous rappelions les difficultés curieuses que présente l'hybridation entre ces deux genres, et ce fait que des plantes obtenues de croisements analogues ont pu être élevées, mais se sont jusqu'ici refusées à fleurir. Par une coïncidence curieuse, une Orchidée a été présentée tout récemment en fleur à une exposition de Londres comme hybride entre un Cypripedium et un Selenipedium, et un correspondant nous signale ce fait en opposition à ce que nous avions écrit. Pour répondre à cette objection, nous passerons la parole à notre éminent confrère de Londres, le Gardeners' Chronick, qui exprime l'appréciation suivante au sujet de l'hybride dont il s'agit : « Plante considérée comme un hybride entre Selenipedium x Sedeni et CypripediiLui Lawrenceanum, origine à laquelle personne ne croit, car la plante tient beaucoup du Cypripedium Lawrenceanum, et n'a rien du S. Sedeni. En fait, elle est identique à une forme de Cypripediwn X gigas qui figure dans la collection de M. Ingram, et qui provient du C. Lawrenceanum et du C. X Harrisianum. » La question nous paraît tranchée par la haute autorité de notre confrère, et nous ne pouvons que nous féliciter d'avoir ici son jugement. Il est hors I" JUILLET i8g6 127 de doute que les parents présumés ne sont pas toujours les véritables, que l'hybridation des Orchidées donne encore lieu à beaucoup de confusions et d'erreurs, et qu'il serait prématuré de tirer des conclusions absolues de tel ou tel cas isolé, parce que les croisements ne sont pas toujours bien inscrits, que les graines s'envolent parfois sur un pot voisin quand on les sème, que les apprentis jardiniers déplacent maladroitement des étiquettes, et qu'en un mot il peut se passer entre le moment de la fécondation et la floraison des semis bien des choses dont il n'est pas tenu compte. — î— ETUDES DE BOTANIQUE ÉLÉMENTAIRE SUR LES ORCHIDÉES (Suite, voir p. 96) Parmi les Pholidota qui sont parfois cultivés, le Ph. iuibvicata, mentionné plus haut, se reconnait à ses fleurs d'un blanc verdâtre nuancées de pourpre pâle, rassemblées en épis compacts, et accompagnées de larges bractées brunes qui se recouvrent d'abord à la manière de tuiles et les cachent entière- ment; le Ph. rubra, à ses fleurs en grappes lâches, d'un rouge brique, sauf le labelle qui est jaune; le Ph. articulata, à sa tige allongée, rameuse, articulée, avec les entre-nœuds renflés en pseudobulbes, III. Calanthe. — Ce genre, l'un des plus importants de la famille, fut établi au mois d'octobre 1821, sous la planche 573 du Botanical Register, qui représente le Lissochilus speciosus, par l'illustre botaniste anglais Robert Brown, le précurseur de Lindley dans l'étude des Orchidées; toutefois il ne fut décrit qu'en 1823, lorsque parut dans le même recueil la planche 720, qui représente le Calanthe veratrifolia. Son nom est tiré des deux mots grecs kalos, qui signifie beau, et anthos, fleur. Si l'on adopte les vues de Bentham, on doit lui donner pour synonymes : Centrosis, établi par Du Petit-Thouars en 1825, pour une espèce originaire des îles Mascareignes; Amblyglottis, créé par Blume en 1825, pour six espèces qui croissent dans l'île de Java; 128 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Styloglossum, fondé par Breda en 1827, pour une espèce également origi- naire de Java; Ghiesbreghiia, décrit en 1845 par Achille Richard, d'après une espèce mexicaine; Preptanthe, établi pour l'ancien Calanthe vestita et décrit en 1853 par Reichenbach. Bentham y ajoute encore les Limatodes rosea et L. gracilis de Lindley, les autres espèces de ce genre de Blume devant être réunies aux Phajus, comme nous l'avons vu en étudiant ce dernier genre (voir 6"^^ année, p. 384). M. Pfitzer (1888) est loin d'être d'accord avec Bentham au sujet de ce genre, car non-seulement il maintient comme distincts les Preptanthe et Limatodes, mais encore il met à part le Limatodes (ou Calanthe) labrosa RcHB. p., espèce originaire du Moulmein, et il en forme le genre nouveau Calanthidiiim. Enfin M. Otto Kuntze (1891) admet bien pour les limites du genre la manière de voir de Bentham; mais il rejette le nom de Calanthe et le remplace par Alismorchis de D\] Petit-Thouars (1822), modification de Alismorkis du même (1809), ce qui le conduit à créer de nouveaux noms pour toutes les espèces. Pour reconnaître les caractères génériques des Calanthe, les matériaux d'étude ne seront pas difficiles à trouver, car on aura le choix parmi d'assez nombreuses espèces cultivées. Citons seulement : le C. veratrifolia, l'espèce type du genre, plante très robuste, à grappe pyramidale de fleurs d'un blanc pur, sauf le labelle qui est ponctué de jaune; le C. Masuca, plus petit, à sépales et pétales d'un violet foncé et à labelle pourpre; le C. vestita ou Preptanthe vestita, à feuilles caduques, à grappes très velues, à grandes fleurs blanches, avec le labelle portant habituellement une macule rouge; le C. rosea ou Lima- todes rosea, à fleurs d'abord d'un rose pâle, devenant ensuite d'un rose foncé ; le C. Veitchii, provenant du croisement des deux précédents, plus robuste et plus beau que ses parents, à fleurs nombreuses, d'un beau rose vif. Voici les principaux caractères du genre : « Sépales à peu près égaux entre eux, libres, plus ou moins étalés. Pétales « semblables aux sépales ou parfois beaucoup plus étroits. Labelle presque « toujours prolongé en éperon à la base, à onglet soudé par les bords avec le « gynostème pour former un tube cylindrique ou conique, à limbe étalé, « trilobé, à lobe médian à son tour souvent bilobé, à disque portant des tuber- l" JUILLET 1896 129 « cules OU des lamelles. Gynostème court, dressé, non prolongé en pied, sou- « vent ailé à clinandre membraneux. Anthère presque terminale, en forme « d'opercule, biloculaire, inclinée en avant; huit pollinies, quatre dans chaque « loge, cireuses, oblongues, ou les inférieures plus courtes, plus ou moins « comprimées, aiguës ou acuminées. Capsule oblongue, souvent penchée. — « Herbes terrestres ou parfois épiphytes, à tige feuillée courte, à la fin renflée « en pseudobulbe. Feuilles peu nombreuses, souvent géminées, amples, « plissées-veinées, membraneuses, rétrécies en pétiole. Hampe naissant du « rhizome, dressée, souvent élevée et privée de feuilles au moment de la « floraison. Fleurs assez grandes, disposées en grappes simples. Bractées « petites ou assez grandes, ovales ou lancéolées. » Ce genre se distingue immédiatement des deux précédents par ses pollinies au nombre de huit et non de quatre, ainsi que par le labelle qui, au lieu d'être entièrement libre, est soudé en tube avec le gynostème. On connaît environ cinquante espèces de Calanthe. La plupart habitent l'Asie tropicale et l'yXrchipel malais ; l'Inde anglaise seule en a trente-six espèces; quelques-unes sont disséminées dans les îles du Pacifique, en Australie et jusqu'au Japon; l'Afrique tropicale et australe avec les îles Mascareignes en ont trois espèces; une ou deux autres croissent au Mexique, dans l'Amérique centrale et quelques îles des Antilles. IV. Arundina. — On cultive parfois VA. bainbnsifolia, dont la tige, qui atteint une hauteur de 1^50 à 2 mètres et môme plus, porte de nombreuses feuilles distiques. Ces feuilles, longues et étroites, ressemblent assez à celles de certaines graminées et ont valu au genre son nom, lequel dérive de Ariuido, nom botanique du Roseau. Ce feuillage particulier, ainsi que les grandes fleurs d'un rose pâle et à labelle de teinte plus vive de cette espèce, font aussi penser à un Sobralia. Le genre Arundina, créé par Blume en 1S25, comprend huit ou neuf espèces, dont la plupart- croissent dans les Indes orientales; quelques-unes atteignent la Chine méridionale et l'Archipel Malais. Il se rapproche des Calanthe par ses pollinies, également au nombre de huit; mais il s'en distingue surtout par ses tiges non renflées en pseudobulbes ; par ses feuilles plus nom- breuses et sessiles; par son labelle entourant le gynostème, mais non soudé avec lui et jamais prolongé en éperon. V. Trichosma. — Une seule espèce, le T. snavk, originaire des montagnes de Khasia et de Sikkim, constitue ce genre, qui fut établi par Lindlev en 1042. 130 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Son nom dérive des deux mots grecs treis ou trois, et chosma, qui signifie divi- sions, et rappelle le caractère du labelle, qui est trilobé. Ce genre a des anthères munies de huit pollinies, comme les Calanthe et Arundina, mais il diffère surtout de ces derniers en ce que les sépales latéraux, au lieu d'être libres, sont soudés avec le pied du gynostème pour former un menton bien distinct. VI. Cryptochilus. — On ne connaît que deux espèces de ce genre ; elles croissent dans les montagnes de l'Himalaya et sont parfois cultivées, spéciale- ment le C. sanguinea, qui est remarquable par ses fleurs d'un rouge très vif. Le genre Cryptochilus fut décrit en 1824 par Wallich, à cette époque direc- teur du jardin botanique de Calcutta. Son nom est formé des deux mots grecs cryptos, qui veut dire caché, et cheilos, qui signifie Uvre ou labelle ; il fait allusion au labelle, qui est petit et caché dans le tube du calice. Les Cryptochilus se rapprochent du Trichosma par leurs huit pollinies et leurs sépales non entièrement libres; mais ils s'en distinguent en ce qu'ils ont des pseudobulbes, leurs fleurs sont disposées en épis, les sépales sont longue- ment soudés en tube, le labelle est petit et entier, et le clinandre est peu dilaté; tandis que le Trichosma n'a pas de pseudobulbes, ses fleurs sont en grappes, les sépales sont étalés et le dorsal entièrement libre; le labelle est trilobé, et les bords du clinandre sont fort relevés. Le petit tableau suivant résume les caractères distinctifs des six genres du groupe des Coelogynées que nous avons étudiés : I. Quatre pollinies. A. Fleurs assez grandes ou très grandes; labelle seulement un peu concave à la base; gynostème allongé I. Coelogyne. B. Fleurs petites; labelle présentant à la base une cavité en forme de sac; gynostème très court II. Pholidota. II. Huit pollinies. A. Sépales entièrement libres. 1. Tiges renflées en pseudobulbes; feuilles peu nombreuses et pétiolées; labelle à onglet soudé par les bords avec le gynostème pour former un tube, presque toujours prolongé en éperon à la base III. Calanthe. 2. Tiges non renflées en pseudobulbes; feuilles nombreuses et sessiles; labelle non soudé avec le gynostème, toujours dépourvu d'éperon IV. Arundina. B. Sépales latéraux plus ou moins soudés entre eux ou avec le pied du gynostème. i" JUILLET i8g6 131 1. Pseudobulbes nuls; fleurs en grappes; sépales étalés, le dorsal entièrement libre; labelle trilobé; bords du clinandre fort relevés V. Trichosma. 2. Des pseudobulbes; fleurs en épis; sépales longuement soudés en tube; labelle petit et entier; clinandre peu dilaté . . . , VI. Cryptochilus. {Sera continué.) A. COGNIAUX. PETITES NOUVELLES PETITE CORRESPONDANCE T. V. — UEpidendruni Brienianuni est un hybride de VE. erectuin et de YE. rndicaus. Ces deux espèces appartiennent à la section Euepiden- drum, dans laquelle par conséquent on peut aussi classer l'hybride. Ces plantes ont toutes de longues tiges minces, garnies de feuilles courtes distiques, le labelle soudé à la colonne sur toute sa longueur et le lobe antérieur trilobé à lobes laciniés et frangés. LE CRI D'ALARME du Gardeners' Chronicle au sujet de \z. fraude dans le commerce des Odonto- glosstim crispum a eu un retentissement considé- rable. De tous côtés, on m'écrit pour avoir des renseignements complémentaires ou on m'envoie des plantes importées à l'examen. Je ne veux pas m'instituer expert et il ne peut me convenir d'accepter l'arbitrage entre des orchidophiles et leurs fournisseurs de plantes. C'est une question extrêmement délicate. Un de nos collecteurs, rentré ces jours-ci de la région de Pacho, à qui je faisais lire l'article du Gardeners' Chronicle en question, l'approuvait en tous points et le disait absolument exact. Il avait vu, lui aussi, partir pour l'Angleterre des quan- tités énormes de mauvais Odontoglossum dont les caisses n'avaient fait que passer par Pacho pour y être estampillées. Il ajoutait que la fameuse région montagneuse des environs de Pacho était défrichée avec une rapidité extra- ordinaire pour faire place à des cultures de café et de tabac. Il parait que le tabac y est de qualité tout à fait remarquable et que les cigares enfon- ceront complètement les meilleurs de La Havane. Il y a des localités qui ont la spécialité de la supériorité! Autrefois, c'étaient les Odontoglossum qui faisaient la réputation de la région ; ils disparaissent et passent en fumée, c'est le cas de le dire : ils sont remplacés par les cigares de Pacho. Pauvres Odontoglossum ! Un des grands étonnements de mon père, qui découvrit VOdontoglo%snm crispum comme on sait, c'est le nombre considérable de ces plantes qui ont pu être importées. « Je n'aurais jamais « cru, me dit-il souvent, qu'il y en avait tant là « bas. » Tout a une fin. Je croîs qu'il y a aujour- d'hui plus d'Odontoglossum crispum, du beau type s'entend, en Europe qu'en Amérique. J'engage ceux qui en possèdent à les soigner précieuse- ment. Je crains que d'ici à une couple d'années, il n'y aura plus moyen d'en importer. Une autre Orchidée qui devient extrêmement rare, c'est le vrai Cattleya aurea de -la région d'Antioquia, qu'il ne faut pas confondre avec le Cattleya Do7ciana de Costa-Rica. Les plantes se ressemblent énormément, mais tand.s que le vrai Cattleya aurea s'établit lentement, il peut vivre longtemps. J'en connais qui datent de notre pre- mière importation, en 1873. Le Cattleya Dowiana, lui, s'établit facilement, mais s'épuise de ses pre- mières pousses, s'anémie et n'a généralement en Europe qu'une existence éphémère de deux à trois ans. Il est très intéressant de constater combien les Orchidées de certaines régions s'acclimatent diffi- cilement en Europe. Presque toutes celles de Costa-Rica et des pays voisins, du Mexique spécia- lement, sont dans ce cas. Il ne faut faire d'excep- tion que pour certaines d'entre elles telles que les Lycaste Skinneri, Laelia anceps et sitperbiens. Il doit y avoir une raison. Je crois l'avoir trouvée. Nous en causerons une autre fois. LE LAELIO-CATTLEYA >< WARGNYANA qui a obtenu au dernier Meeting de L'Orchi- UÉENNE un Certificat de première classe à l'una- 132 LE JOURNAL DES ORCHIDEES nimité est un superbe hybride naturel. Il sera figuré dans un des prochains numéros de la Limlciiia. F. H. G., Vienne. — Les Orchidées croissent à l'état naturel sur beaucoup d"arbres, et il serait difficile de vous indiquer tous ceux qui peuvent convenir pour cette culture. Voici cependant quelques renseignements sommaires au hasard de la mémoire : D'abord, l'un des arbres que les Orchidées paraissent le plus affectionner est l'arbre-cale- basse ou Cresccntia citjcte. Vous vous rappelez sans doute ce que M. Bungeroth écrivait à ce sujet dans le volume 2 du Joiiinial des Orchidées. Il signalait notamment l'existence au Jardin bota- nique de Demerara d'une grande collection d'Orchidées, cultivées sur des arbres de cette espèce. Le Crescentia ciijcte est de taille modeste, et ne dépasse pas sept mètres ; il pourrait donc parfai- tement prendre place dans un jardin d'hiver d'amateur. Dans le Voyage an Brésil de SPIX et Maktius, édité à Munich en 1823, on lit que beaucoup d'Orchidées diverses se rencontrent sur une espèce d'aibre désignée en allemand sous le nom de Fernkraiit, et qui est, croyons-nous, le Cnrctilio imperiaVts. Vous savez que beaucoup de Zygopetalum croissent sur le tronc de diverses Fougères, et y enlacent leur rhizome traçant. Le Z . Gaiilieri, le Z. rustratnm, notamment, sont souvent importés avec le fragment de tronc qui les porte. Ils prospèrent bien ainsi et ne tiennent pas beaucoup de place dans la serre ; il est probable qu'on n'obtiendrait pas d'aussi bons résultats en les mettant sur bloc ; en les cultivant en panier ou en pot, on .serait obligé de les rempoter assez souvent, à cause de l'espacement de leurs pseu- dobulbes. Divers Oncidium et autres Orchidées poussent aussi à l'état naturel sur des troncs de Fougères. Le Qiiercus liitmboldti offre un asile à quelques Ma.sdevallia. Les Aganisia poussent sur de petits palmiers, parmi lesquels Bungeroth citait le Lcopoldina pulchra : on les rencontre aussi sur des Fougères. Les Galeandra recherchent également les Palmiers à tige mince. M. Kand a cité VEiigeiiia ptaiiga comme l'un des arbres que paraissent le plus affectionner divers petits Oncidium; l'O. iridifolinm se ren- contre en abondance sur de grands buissons de b'ranciscea. Enfin, M. le colonel Berkeley a écrit, dans un récit de ses voyages asiatiques, que certains Coelogyne poussaient sur le Rhododendron arbvreniH. UN BULBOPHYLLUM très remarquable, paraît-il, vient de fleurir en Angleterre, dans la collection de l'honorable Walter Rothschild, à Tring Park. Il n'est pas encore décrit, mais le Gardeners' Chronicle dit que ses fleurs mesurent environ 7 ^|2 centimètres de diamètre et sont les plus brillantes et les plus belles de tout le genre. Elles sont jaunes, délicatement nuancées de pourpre. Parlant de la même collection, notre confrère mentionne que le Cltondror/iyneha Chestertoni y est en fleurs presque toute l'année. LES CATTLEYA MOSSIAE, provenant d'une nouvelle région, en fleurs actuellement dans les serres de MM. Lucien Linden et Ci^, à Moorte- beek, sont éblouissants. II y a là toute une série de variétés nouvelles qui sont de très grande beauté. Il y a des formes d'une intensité de coloris incom- parable ; deux ou trois ont le fond de la gorge blanc verdâtre, tandis que tout le reste du labelle est du pourpre le plus foncé. L'opposition de ces couleurs produit le plus grand effet; je ne connais rien d'aussi saillant chez aucun autre Cattleya. Beaucoup de blancs aussi et des coloris tendres charmants. Nous savions que ces plantes, d'un aspect très distinct, devaient être superbes, mais nous ne nous attendions pas à une richesse et à une diversité semblable. Que seront ces Cattleya, quand ils seront com- plètement établis, l'année prochaine ? LONGEVITE DES CATASETUM. — D'au- cuns prétendent que les Catasetum ne s'accli- matent pas en Europe. C'est une profonde erreur. En leur donnant, après la floraison, im long repos — tout l'hiver — on les cultive très facile- ment et ils fleurissent chaque année avec profu- sion. Nons avons actuellement en fleurs des C. Bnngerothi qui datent de la première intro- duction, il y a quatorze ans. HOMALOPETALUM. — C'est le nom d'un nouveau genre d'Orchidées, décrit dans la publica- tion Icônes plantarum, dirigée par M. Thiselton DvER, de Kew. La plante figurée a les fleurs presque régulières; les deux étamines latéraux sont représentées par des saillies sur les côtés de la colonne. Cette plante est originaire de la Jamaïque. L. L. L'HORTICULTURE INTERNATIONALE (SOCIÉTÉ ANONYME) PARC LÉOPOLE). — BRUXELLES. AUX ORCHIDOPHILES Nos collections niarchandos d'ORCHIDÉES RARES ont une réputation universelle — nos stocks d'ORCHIDÉES POPULAIRES sont les plus importants du commerce européen. 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